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Un presbytère bien mystérieux dans la région de Charlevoix

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La nouvelle provient de Saint-Placide, au nord-ouest de Baie-Saint-Paul.

Nos villageois s’entretiennent de plus en plus des bruits mystérieux qui sont entendus tous les jours au presbytère de cette paroisse. Ce n’est du reste pas d’hier que des plaintes et des gémissements lamentables sont perçus par notre digne curé. Les êtres mystérieux qui hantent le presbytère se sont mis à l’œuvre depuis bientôt trois ans ! C’est incroyable, mais c’est vrai.

Des centaines de témoins corroborent le témoignage du curé. Les sceptiques et les esprits forts du village ne peuvent se défendre d’une certaine terreur superstitieuse et les bonnes vieilles, le soir, craignent de stationner devant la maison curiale. Mais laissons parler le curé lui-même, tel que le rapporte l’«Écho de Charlevoix».

«Il y a trois ans, dit-il, je pris possession de la cure de St-Placide. Quelques jours après, je commençai à entendre des plaintes dans mon bureau; ces plaintes n’étaient pas très fortes et ressemblaient au roucoulement de mes pigeons. Sans avoir peur, j’avoue que je n’aimais pas cette singulière visite.

«Tous les jours depuis cette époque, presqu’à chaque minute, j’entends cette lamentation qui est plus ou moins forte. Quelquefois, les plaintes sont si fréquentes et assourdissantes que je suis forcé de sortir de mon bureau, surtout lorsque j’ai à faire un travail, qui demande de l’attention.

«Un jour, c’était au commencement de la première année que je suis arrivé à St-Placide, je m’amusais à faire de la musique. J’étais donc assis à l’harmonium. J’étais seul dans mon presbytère avec ma ménagère qui était à la cuisine, la pièce voisine.

«Tout à coup, j’entendis trois cris successifs, mais trois cris épouvantables qui me glacèrent le sang dans mes veines.

«Je me précipitai à la cuisine, croyant à un accident ou à une maladie subite de ma ménagère. Il n’en était rien cependant; celle-ci n’avait même pas entendu. Je ne pouvais pas me faire à l’idée que de semblables cris n’aient pas été entendus. Depuis lors, mon mystérieux compagnon n’a jamais fait de manifestations aussi bruyantes. Il se contente d’une plainte continuelle.

«Depuis que je suis curé à St-Placide, je cherche une cause naturelle à cette lamentation; mais ce fut toujours en vain. J’ai fait à maintes reprises l’inspection des fenêtres et boiseries, depuis le sous-sol jusqu’au grenier, espérant trouver une ouverture quelconque où le vent aurait pu siffler. Rien.

«Je pensai ensuite que ce pouvait être mes pigeons. Je les fis tuer du premier jusqu’au dernier sans plus de résultat.

«J’en suis venu à la conclusion qu’il y a du surnaturel dans cette démonstration.»

Voilà en substance le récit que nous fit M. le curé de St-Placide. Des centaines de personnes ont été témoins de ces étranges manifestations.

Que doit-on conclure de tout cela ? Est-ce une chose naturelle ou surnaturelle ? Est-ce une diablerie, une âme en peine ou un simple bruit causé par une fuite d’air ? Autant de questions qui sont encore demeurées sans réponse jusqu’à présent.

 

La Patrie (Montréal), 6 août 1898.

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