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Allez, un peu d’exigence

En 1975, après avoir lu La Pesanteur et la Grâce, une collection d’extraits des Cahiers de Simone Weil par Gustave Thibon, je voulais les Cahiers eux-mêmes. Par bonheur, j’achetais les Cahiers le 27 décembre 1975. 

L’écrivain et critique littéraire français André Rousseaux a dit : Ses Cahiers, avec leur contenu foisonnant, nous fournissent un apport sans prix. Ils nous livrent, sous la forme d’une méditation continue, sa pensée en travail et en marche… Tout est source, ici. Tout est jaillissement de ce qui demeure sagesse et poésie à jamais pour un esprit assoiffé de vérité éternelle.

Cette immense personne, si exigeante pour elle-même, n’a vécu que 34 ans (1909-1943). Retour dans ces Cahiers. Quelques mots d’une cheminante.

Si on descend en soi-même, on trouve qu’on possède exactement ce qu’on désire.

Le monde est un texte à plusieurs significations, et l’on passe d’une signification à une autre par un travail. Un travail où le corps a toujours part, comme lorsqu’on apprend l’alphabet d’une langue étrangère, cet alphabet doit rentrer dans la main à force de tracer les lettres.

Sentir que sa durée propre est aussi le temps du monde.

Illusion. La portion de lune qui semble plus grande à l’horizon qu’au zénith ; en un sens tout l’univers existe seulement ainsi.

Puisse l’univers tout entier, d’un caillou à mes pieds jusqu’aux lointaines étoiles, avec tout ce qui se trouve entre, exister pour moi à tous moments…

Le devenir des êtres est une offrande.

 

Simone Weil, Cahiers I, nouvelle édition revue et augmentée, Paris Plon, 1970.

Le texte d’André Rousseaux apparaît sur le verso de la jaquette du livre.

2 commentaires Publier un commentaire
  1. Hélène Gonthier #

    “Le devenir des êtres est une offrande”
    Cela me porte en réflexion…
    Qu’a t’elle voulu exprimer?
    Elle n’a pas dit: “….est un mystère”
    Elle a écrit “est une offrande”.
    Cela me semble contenir tellement plus!

    “Si l’on descend en soi-même, on trouve qu’on possède exactement ce qu’on désire”.
    Peut-être suffit-il de descendre … explorer comme un enfant curieux,
    empruntant l’étroite porte de l’instant ?…

    26 juin 2017
  2. Jean Provencher #

    Absolument. C’est joli comme tout une offrande ; on pourrait y accoler tellement de mots pour qualifier cette offrande et c’est selon la personne. Simone nous laisse à nous-même.

    Pour la descente, l’enfant n’est pas peureux. Mais tant d’adulte s’y refuse, de crainte.

    26 juin 2017

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