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Pourquoi faut-il qu’à un âge si avancé, je découvre un document aussi clairvoyant ?

La nouvelle provient de New York.

D’après le bulletin que vient de publier le bureau de recensement, 158 villes des États-Unis possèdent une population de plus de 30 mille âmes.

Le bulletin fait remarquer que dans toutes ces villes le coût du gouvernement municipal augmente plus rapidement que la population. Cela indique une tendance qui existe dans les gouvernements d’États et nationaux, et en Europe aussi bien qu’aux États-Unis.

Si nous étudions la liste de toutes les villes du pays, nous découvrons qu’elles augmentent beaucoup plus rapidement que les régions rurales. En 1790, quand fut pris le premier recensement, il n’y avait que six villes de 8,000 habitants ou davantage et il n’y en avait que 141 en 1860, mais on en trouvait 545 en 1900, et il y en aura probablement plus de 650 en 1910, lors du prochain recensement. Ces villes ne formaient que 3,3 pour cent de la population totale du pays en 1790, 16,4 pour cent en 1860 et 33,3 pour cent en 1900. Elles en formeront plus de 36 pour cent en 1910.

La plus forte augmentation dans le nombre des villes s’est produite dans la vallée du Mississippi. Dans l’Est comme dans l’Ouest, les villes ont été prospères durant les dix dernières années, excepté en ce que le crise commerciale actuelle les a affectées temporairement.

Pour ceux qui ont acquis une fortune, aussi bien que ceux qui travaillent à en acquérir une, les villes ont de nombreuses attractions. C’est pourquoi les philosophes sociaux ont craint que la croissance des villes, avec l’augmentation qui en est la conséquence, des tentations de dissipation qu’elles offrent, n’eût un mauvais effet sur le pays.

Mais cette tendance à la concentration sera probablement retardée éventuellement. Le téléphone à longue distance, la route de poste rurale, le tramway électrique et les lignes d’automobiles qui parcourent les régions rurales et le système d’achat des marchandises de toutes sortes au moyen de commandes par la poste, fournissent aux habitants des districts agricoles et des villages des facilités qui, jusqu’à tout récemment, étaient inconnues en dehors des grandes villes.

Ces changements sont sans aucun doute destinés à avoir un grand effet sur la distribution de la population à l’avenir. Ils feront éventuellement disparaître la congestion des quartiers encombrés de nos grandes villes, placeront l’humble citoyen dans un meilleur milieu sanitaire et augmenteront la santé publique, la moralité et le confort de la masse du peuple.

 

La Patrie (Montréal), 20 février 1909.

Je dépouille la presse québécoise de 1880 à 1910 depuis maintenant 14 ans. Je découvre, quasi quotidiennement, un milieu fort riche. Comment se fait-il que jamais, au cours classique comme à l’université, on ne nous a ouverts à ce monde ? Pourquoi faut-il, par exemple, qu’à un âge si avancé, je découvre un document aussi clairvoyant ? Quel prof donnera à nos enfants ce texte pour analyse, histoire de l’obliger à définir tout ce qui se cache sous cet écrit ? L’histoire sert à montrer d’où nous venons pour savoir qui nous sommes.

Un commentaire Publier un commentaire
  1. Jean Provencher #

    À la lecture de ce texte, mon fils m’écrit :

    Très intéressant ! J’ai lu des articles récemment qui disaient à peu près la même chose, notamment ce paragraphe ” Mais cette tendance à la concentration sera probablement retardée éventuellement. Le téléphone à longue distance, la route de poste rurale, le tramway électrique et les lignes d’automobiles qui parcourent les régions rurales et le système d’achat des marchandises de toutes sortes au moyen de commandes par la poste, fournissent aux habitants des districts agricoles et des villages des facilités qui, jusqu’à tout récemment, étaient inconnues en dehors des grandes villes. ”

    Remplace téléphone par Internet, achats de marchandises par commerce électronique. Par contre, 100 ans plus tard, les villes demeurent encore et toujours l’endroit de prédilection où s’établir. Ce qu’on voit par contre aux USA, ce sont des villes de taille moyenne gagner en puissance parce que les plus grandes villes sont trop chères désormais. Mais la campagne est déserte et semble vouloir le rester.

    17 février 2018

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