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De l’écrivain français Charles Juliet

Mon village est sous la neige, et depuis quelques jours, la température oscille entre moins quinze et moins vingt. Je suis seul.

J’apprécie ces journées d’hiver où le dehors me repousse. Où rien ne vient s’opposer à ce que je me love en ma pénombre. À ce que j’aille à la rencontre de ces instants où la vie a chance d’affluer, de s’offrir avec les mots qui auront à la recueillir.

Par la baie, je ne vois qu’une surface d’un blanc qui m’éblouit. Tout à l’heure, sur la branche rigide d’un jeune frêne, deux geais se sont posés, et, en ce moment, une mésange picore les morceaux de pain et de lard que j’ai placés ce matin au creux d’une tuile.

Ce pré entouré de hauts murs est un havre de calme, de silence, et les arbres qui s’y trouvent hébergent en toute saison de nombreux oiseaux. Hier, j’avais oublié de garnir la tuile, et de quelques vigoureux coups de bec contre la vitre, un rouge-gorge est venu me rappeler à l’ordre.

 

Charles Juliet, Dans la lumière des saisons, Paris, P.O.L., 1991.

Un commentaire Publier un commentaire
  1. Ode #

    Magnifique !
    Tant de douceur !
    Une luminothérapie tout en mots !

    18 février 2017

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