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Dans la série «Poèmes des temps d’hier»

etablissement dans la plaine

Je vous ai dit à quelques reprises mon plaisir de découvrir dans la presse québécoise de 1880 à 1910, quotidienne et hebdomadaire, des poèmes. Échappés. D’inconnus ou de personnes passées à l’histoire. Une fleur au coin de la rue.

Je ne connais pas l’auteur de celui-ci. Son nom m’apparaît être basque. Mais quelle beauté !

 

RÊVE D’OR

Il est des jours… non, pas des jours,

Il est des heures… non, pas même,

Mais des instants bien courts, très courts…

Où l’on touche au bonheur suprême.

 

On ne sait comment, ni pourquoi,

Ni si l’on vit; ni si l’on rêve,

Mais, tout d’un coup, l’on sent en soi

Comme une aurore qui se lève.

 

Tout se transforme autour de nous,

Les hommes, les choses, la vie;

Tout devient beau, tout devient doux,

Le cœur est plein, l’âme ravie.

 

Tous les amours nous sont aisés :

Plus de haine, plus de frontière;

On a sourires et baisers

Pour la nature toute entière.

 

Et comme un enfant qui s’endort

Sous la maternelle caresse,

Immobile, faisant le mort,

On se blottit dans cette ivresse.

 

On se tait, on n’ose bouger,

Tremblant, on retient son haleine,

Car cet instant est passager,

Comme la brise dans la plaine.

 

Et l’on a peur qu’un geste, un mot,

Ramenant aux choses réelles,

Rompe le charme, et qu’aussitôt

Le rêve d’or ferme ses ailes.

 

Vicomte d’Ibarrat d’Eschegoyen.

 

La Patrie (Montréal), 18 février 1905.

6 commentaires Publier un commentaire
  1. Claude Fortin #

    Quel beau poème !
    Un mélange subtil de rêve et de réalité …

    Merci et bonne journée

    21 février 2016
  2. Jean Provencher #

    C’est bien vrai, Monsieur Fortin. Une perle.
    Merci de votre mot.
    Bien beau dimanche à Vous.

    21 février 2016
  3. Silvana #

    Vraiment très beau. Merci.

    Dites moi Jean, je n’arrive pas à trouver la catégorie «Poèmes des temps d’hier» dans la fenêtre de recherche; ni dans la liste des catégories.

    Comment dois-je procéder en fait?

    22 février 2016
  4. Jean Provencher #

    Tout ce qui a trait à la poésie, chère Silvana, est classé dans la catégorie «Littérature».

    À la vérité, cette appellation — Poèmes des temps d’hier — me vient d’un fichier Word que j’ai créé dans mon ordi, qui porte ce nom et où je dépose tous ces poèmes anciens, intéressants, que je trouve dans la presse d’époque. En vue de proposer un petit ouvrage à une maison d’édition, petit ouvrage qui porterait ce titre.

    Mais ça me prendrait 12 vies, ma foi.

    22 février 2016
  5. Silvana #

    Alors il vous faut absolument les vivre ces 12 vies. Votre apport est inestimable ma foi.

    Je parie que cela ferait un ouvrage que plusieurs auraient sur leur table de chevet. Peut être à coté du portable…

    22 février 2016
  6. Jean Provencher #

    Merci, chère Silvana. Mais le travail fait, il faudrait que j’arrive à convaincre un éditeur sérieux, ce qui n’est vraiment pas simple en ce moment, à l’heure où les mots ne sont plus tant portés par le papier… et où des éditeurs ne sont pas sérieux.

    22 février 2016

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