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Une grande réalisation sur le lac Saint-Pierre

lac saintpierre a sa naissanceIl a trouvé place sur le «Majestueux», qui coule entre les Grands Lacs et l’Atlantique. D’ailleurs, il a mis à genoux ce bien beau fleuve, l’obligeant à lui donner naissance en se perdant d’abord dans de multiples chenaux.

Regardez-le lorsqu’en amont il s’annonce.

Il tient d’une «mer» intérieure. Longue de trente-huit kilomètres et large de dix. On lui connaît toutes les humeurs. Un chapelet de communautés occupent ses rives et chacune d’entre elles a développé une relation souvent originale avec lui.

Immense vivier très peu profond, il peut prétendre au titre de lieu au plus grand nombre d’espèces de vie au Québec. Il ne finit plus d’héberger la vie. Aussi commande-t-il le respect.

Il nous faudrait à son sujet un regroupement, une sorte de boîte postale numérique, ouvrage collectif. Aujourd’hui, avec internet, voilà que cela est enfin possible. Je me prends à rêver d’un site qui, lentement, au fil des mois, au fil des ans, amasserait la plus grande variété possible de faits — petite pierre par petite pierre, sans se presser — portant sur la vie de relations des personnes vivant ou ayant vécu avec le lac Saint-Pierre au fil des siècles. N’écartons aucun témoignage. Nous avons des histoires qui dorment liées à notre vie autour de ce lac.

Pourquoi une des municipalités riveraines ne se rendrait pas responsable de ce projet ? Au nom de toutes les autres. Pointe-du-Lac, Yamachiche, Louiseville, Maskinongé, Berthier, les îles du lac Saint-Pierre, Sorel, Saint-François-du-Lac, Pierreville, Odanak, Baie-du-Febvre et Nicolet. Cela ne nécessiterait pas le travail d’un webmestre à plein temps. Une boîte postale numérique.

Voici ici une idée de ce que pourrait être ce grand site sur le lac Saint-Pierre sous l’angle des communautés.

* * *

CE LAC

Pointe-du-Lac

« Depuis les dernières pluies, [à Pointe-du-Lac], la circulation des voitures sur le pont de glace est devenue tout à fait impossible. Un printemps trop hâtif empêche déjà toutes communications entre les deux rives. » Le Soleil, 6 mars 1902.

« Le fleuve est à peu près libre de glace et l’on s’attend que demain ou après demain, on verra circuler des vaisseaux, chose remarquable au commencement d’avril. » Le Soleil, 3 avril 1902.

«La nuit de dimanche dernier [le 11 novembre] a été remarquable par les sinistres causés par un vent violent qui n’a cessé un instant durant trente longue heures. Le lac St-Pierre était gros de menaces et la nuit fut triste pour les malheureux navigateurs exposés au danger sans espoir de secours. Un bateau qui se trouvait au fort de la tempête en face de la lumière de la Rivière du Loup a perdu son mat, lequel dans sa chute fit ouvrir le bâtiment qui sombra en quelques instants. Le propriétaire du bateau eut juste le temps d’éveiller une de ses filles âgée de 14 ans, et un jeune homme employé à bord, leur enjoignant de sauter dans une embarcation. Pendant ce temps, le père qui était allé chercher une cassette contenant $300, a voulu prendre place dans la chaloupe, mais le jeune homme affaibli par le froid avait lâché prise. Le père jetant aussitôt la cassette se précipita dans l’embarcation, cherche à force rames à gagner la rive nord du lac. À une faible distance du rivage de la Pointe du Lac, la chaloupe sombra, et le père tenant son enfant dans ses bras gagna le rivage, suivi du jeune homme. Les forces lui manquèrent et, une fois sur terre, il abandonna sa fille et coururent en toute hâte chercher du secours à l’habitation la plus voisine. L’enfant était presque gelée, et ce n’est qu’à force de soins qu’on a pu la rappeler à la vie. Le pauvre jeune homme, dont le navigateur perdit la trace, a été retrouvé le lendemain sur la grève. Le bateau est entièrement perdu avec les provisions qu’il portait, perte considérable pour ce malheureux navigateur. Nous n’avons pu nous procurer les noms de ces naufragés. On a vu passer plusieurs bateaux désemparés et qui se sont échoués le long du fleuve. M. Évariste Duval donne en ce moment à sa résidence du Port St-François l’hospitalité à la femme d’un naufragé et à son enfant; leur état est des plus critique.» La Patrie, 17 novembre 1883, selon le Messager de Nicolet.

«On rapporte que la tempête qui a sévi dans la nuit de dimanche à lundi [du 11 au 12 novembre] a causé plusieurs désastres. Ainsi, on dit qu’un bateau a fait naufrage près de la Pointe du lac, et qu’un homme a péri dans cet accident. Cinq autres bateaux ont également coulé à fond, paraît-il, sur le lac, et plusieurs personnes se sont noyées. Cette dernière nouvelle n’est cependant pas confirmée. Dans la même nuit, il est tombé une bonne couche de neige sur plusieurs points de la province.» Le Sorelois, 13 novembre 1883.

«Terribles désastres. Nous avons, dans notre dernier numéro, dit un mot de la tempête qui a sévi dans la nuit de dimanche à lundi [du 11 au 12 novembre]. Au moment de mettre sous presse, nous recevons les terribles détails qui suivent : Un homme nommé Tousignant, sa femme et ses cinq enfants, de Gentilly, traversaient le fleuve en chaloupe pour se rendre à Champlain, où ils devaient s’embarquer pour les États-Unis, lorsque leur embarcation a chaviré; ils se sont tous noyés. Un jeune homme de 18 ans, fils de M. Victor Veuillette, de Ste Geneviève, a été trouvé à la Pointe du Lac, gelé à mort et cramponné à une chaloupe allant à la dérive. La femme et un enfant de M. Gérarsime Montambault, de Batiscan, se sont également noyés dans le lac. Deux MM. St-Jean, de Sorel, les deux frères, ont aussi péri sur le lac. M. William Paul, de Ste Geneviève, et sa fille, sont tombés à l’eau près du port St-François. La jeune fille se cramponna au cou de son père, qui réussit à atteindre la rive après avoir parcouru près d’un mille à la nage. N’ayant pas la force de retirer son enfant de l’eau, M. Paul courut chercher du secours qui ne tarda pas à arriver. On dit que le père et l’enfant sont bien.» Le Sorelois, 16 novembre 1883.

«Deux bateaux chargés d’effets pour des marchands de Trois-Rivières ont péri à la Pointe du Lac durant la tempête de lundi. Deux employés à leur bord se sont noyés. L’un de ces derniers a été trouvé gelé dans une chaloupe pleine d’eau qui descendait le fleuve à la dérive.» Le Sorelois, 16 novembre 1883.

«L’entretien de la traverse sur le fleuve entre la Pointe du Lac et Nicolet a été adjugé à M. Avila Rouette.» Le Bien public (Trois-Rivières), 14 décembre 1909.

«Nous apprenons qu’on a traversé, hier, pour la première fois avec cheval et voiture, sur le pont de glace, à la Pointe du lac, au pied du lac St-Pierre. Le chenal se ferme rapidement sur le fleuve en montant. Les bordages sont très larges près de Longueuil. Pour peu que le temps froid continue, nous aurons bientôt un excellent pont de glace.» La Patrie (Montréal) 19 décembre 1882.

«Le pont de glace est formé devant notre ville. Lundi matin, la glace a arrêté en face de notre ville, par un froid sibérien, et hier on a pu traverser en voitures. On doit baliser les traverses aujourd’hui. Il y a déjà d’excellentes traverses entre Nicolet et la Pointe du Lac et entre Batiscan et St-Pierre les Becquets. Il est très rare que le pont prenne à si bonne heure devant la ville. Les marchands s’attendent à un regain dans les affaires par suite de la prise du pont.» Le Trifluvien, 28 décembre 1892.

Yamachiche

Ces trois photographies du lac prises le dimanche 21 février 2015, depuis la rive de Yamachiche.

«Échos d’Yamachiche Le canotage automobile passionne nos sportsmen. Cette année, trois nouveaux yachts à gazoline seront lancés sur les eaux du lac St-Pierre. Ces nouvelles embarcations, de construction moderne, sont des modèles d’élégance et de solidité, et leur force de propulsion leur donnera une grande vitesse. Le lancement et la bénédiction de ces yachts aura lieu dès l’ouverture de la navigation. La cérémonie sera faite, nous dit-on, selon les rites nautiques.» La Patrie, 12 avril 1909.

«La débâcle du lac Saint-Pierre s’effectue lentement. Hier soir, la glace s’est mise en mouvement. Un message téléphonique reçu des Trois-Rivières nous annonçait que les banquises passaient à plein chenal, devant la ville. Ce matin, rien ne bouge. La glace, embarquée dans les passes de la Pointe-du-Lac, a formé un nouveau barrage. Pour rompre cette digue, il faut que l’eau monte. Cette nuit, la petite rivière Yamachiche a débordé avec une grande rapidité. En quelques heures, le niveau de l’eau s’est élevé de huit à dix pieds. Surpris par cette brusque inondation, les habitants du village, pour une grande partie, ont passé la nuit sur pied. Dans plusieurs endroits, on a été obligé de transporter les animaux, le grain, le bois, dans des lieux sûrs. Les dommages sont presque nuls. Les eaux des cours d’eau du nord descendent à torrents, et l’on redoute pour ce soir un nouvelle crue de la rivière, plus violente que celle d’hier soir.» La Patrie, 15 avril 1909.

Louiseville

«Voici les faits concernant le cadavre trouvé sur la glace du lac St-Pierre la semaine dernière. Un mendiant, âgé de près de 80 ans, du nom de J.-Bte Lorange, partit mardi le 20 février de St-Thomas de Pierreville en compagnie d’un neveu pour aller mendier du côté nord du fleuve. Rendus à la Rivière-du-Loup [Louiseville], le neveu, qui est un ivrogne, se mit sous l’influence des liqueurs jusqu’au jeudi; alors le vieillard se résolut de retourner à St-Thomas vers quatre heures de l’après-midi; le neveu le laissa partir seul et, le lendemain matin, son cadavre était trouvé sur la glace, plus près du côté Sud que du côté Nord, mais celui qui le trouva le transporta à la Rivière-du-Loup [Louiseville] où il fut déposé dans le charnier. Le lendemain, la famille fit transporter le cadavre à St-Thomas. Le coroner Bondy, qui avait été notifié, se rendit sur les lieux et procéda à l’enquête dont voici le résultat : Que le dit J.-Bte Lorange, vu son grand âge, est mort d’épuisement à la suite de la fatigue, de la misère et du froid qu’il a souffert dans la traversée du lac St-Pierre dans la nuit du 22 au 23 février.» Le Sorelois, 2 mars 1883

« La traverse du lac St-Pierre est assez belle. Plusieurs voitures venant du sud sont passées à Louiseville. » La Patrie, 11 janvier 1899.

«Ce n’est pas sans surprise que nous avons vu arriver hier dix voyageurs de la paroisse de St-François du Lac, qui ont traversé le lac St-Pierre sur la glace. Ils rapportent que la glace est encore solide. Ces voyageurs sont navigateurs et vont reprendre leurs bateaux qui sont à Québec. Ils avaient aussi plusieurs cents livres de bagage qu’ils ont fait traverser par des chiens attelés à des traîneaux.» La Patrie, 17 avril 1880.

«La glace de la Rivière-du-Loup (en haut), qui était solide au point qu’elle portait les voitures, a cédé la semaine dernière par suite des pluies torrentielles que nous avons eues. Les eaux se sont élevées de 10 pieds au moins dans l’espace de 24 heures. La glace en partant a causé des dommages en plusieurs endroits. Les estacades de MM. Lambert et Dérosiers ont été emportées, ainsi qu’un chaland qui a été retrouvé à Ste-Angèle de Laval.» Le Canadien, 19 décembre 1884.

 

Maskinongé

«Feu ! Le coup de minuit d’aujourd’hui a donné le commandement aux chasseurs de canard noir qui attendent, le doigt à la détente, que sonne le 15 septembre pour chasser selon la loi. Car, entre nous, il y a beau temps que la chasse au canard est commencée, particulièrement sur les bords du lac Saint-Pierre, où les chasseurs ne trouveront plus guère de gibier aujourd’hui pour l’excellente raison qu’il a été à peu près complètement chassé avant l’ouverture. Dans les baies Saint-François et Lavallière, entre autres endroits de la rive sud du lac, le canard se chasse depuis quinze jours, pas au grand jour parce que les braconniers font leurs coups la nuit, mais non moins effrontément. Est-ce incurie, est-ce incompétence, est-ce complicité de la part des gardes-chasse, personne ne le sait; mais ce qui est connu de tous, c’est que l’abus s’est pratiqué comme s’il n’eût pas été un abus. On y rapporte que des chasseurs de Sorel et d’Yamaska ont, en temps prohibé, abattu un si grand nombre de canards qu’afin de les conserver ils ont dû faire venir de Montréal des tonnes et des tonnes de glace. On rapporte aussi qu’un garde-chasse a lui-même donné l’exemple de l’infraction aux lois en chassant de plus belle et en faisant usage d’appeaux. Les chasseurs qui, malgré leur vigilance, arrivent au moment où il ne reste plus de canard ne digèreront pas aussi facilement leur déception et réclameront une enquête. À défaut de gibier, ils tireront sur les gardes-chasse. Par contre, les habitants de Saint-Barthélemi et de Maskinongé se félicitent de la surveillance de M. Eugène Adam, garde-chasse du Club de Chasse et de Pêche, qui a tenu en respect les chasseurs trop empressés à massacrer le gibier de la rive nord.» La Patrie, 16 septembre 1902.

Le magnifique appelant, non signé, tout au bas de cet article, ayant manifestement traversé tous les temps, se veut un Canard branchu, ou Canard huppé (Aix sponsa, Wood Duck) et provient justement de la région du lac Saint-Pierre. Il serait le seul canard québécois qui aurait l’habitude de se percher dans les arbres, de là son nom de Branchu. En 1900, cet oiseau, que beaucoup de naturalistes et de chasseurs considèrent comme le plus beau canard d’Amérique du Nord, est à peu près disparu, tant on lui a fait la chasse. Il faudra la mise en place de mesures très restrictives de 1918 à 1941, y compris l’interdiction totale de la chasse, pour le voir réapparaître. Le lac Saint-Pierre eut même ses propres appelants.

 

Berthier

Sorel, Berthier. «La traverse être Sorel et Berthier est maintenant très solide.» La Patrie, 3 janvier 1880.

«Le pont de glace est toujours ferme entre Berthier et Sorel. Cinq personnes l’on traversé hier.» Le Canadien, 20 avril 1881.

La nouvelle parvient de Berthierville le 19 mars, mais n’est publiée dans Le Trifluvien que le 23 mars 1894. «L’eau a monté considérablement depuis quelques jours. Elle couvre déjà les rues dans le bas de la ville. Nous craignons fort l’inondation. Pareille chose ne s’est jamais vue à cette époque de l’année.» Le Trifluvien, 23 mars 1894.

«Le froid et la tempête que nous avons eu ont fait former une pont de glace sur le fleuve vis-à-vis Sorel. La traverse doit se faire en voiture entre Berthier et Sorel cette semaine.» La Tribune, 4 janvier 1895.

«Plusieurs citoyens de Sorel et de Berthier sont venus nous prier de signaler dans notre journal le mauvais état de la traverse entre les deux villes. Ils nous disent que le chemin est impraticable, et que cela a certainement pour effet d’empêcher un grand nombre de personnes du Nord de venir à Sorel. Avis à qui de droit.» Le Sorelois, 2 février 1886.

«Il y a deux chemins sur la traverse de Berthier; on fera bien de suivre les règlements à cet effet, car des procédures sont déjà prises contre ceux qui les enfreignent.» Le Sorelois, 8 mars 1887.

«La traverse entre Sorel et Berthier est devenue assez difficile vu le débordement des eaux.» L’Étoile du Nord, 6 février 1890.

«L’eau est très haute, elle inonde certaines rues ici. La glace est encore ferme et on va encore à Sorel en traîneau.» La Patrie, 17 mars 1898.

«L’eau est haute mais on ne craint pas du tout l’inondation. Les voitures ont discontinué de traverser entre Berthier et Sorel.» Le Courrier de Sorel, 21 mars 1902

«La traverse entre Sorel et Berthier est encore aussi bonne qu’en hiver. La glace ferme, sur le Richelieu, en face de la ville, mesure encore trois pieds d’épaisseur. À ce temps-ci, l’an dernier, la navigation sur le Richelieu était ouverte. » Le Quotidien (Lévis), 6 avril 1895.

«La glace du fleuve et du Richelieu tient bon et les voitures la foulent en sûreté. Hier, cependant, une voiture, chargée de plusieurs hommes se rendant à Berthier, a enfoncé sur les bordages où l’eau a monté. Les passagers ont pris un bain froid et on a eu beaucoup de peine à retirer le cheval.» La Patrie, 11 avril 1899.

«La glace tient encore, mais la traverse à Sorel est mauvaise. On transporte la malle à pied.» La Patrie, 14 avril 1899.

«L’eau a monté de six pouces depuis hier. La glace est encore solide.» La Patrie, 15 avril 1899.

«Depuis le commencement de la débâcle, la ville de Berthier est inondée. Il y a de quatre à six pieds d’eau dans les rues. Les approches de la gare du chemin de fer de jonctions sont submergées et les voyageurs sont obligés de prendre le convoi près de la raffinerie. La tannerie de MM. Boiston est inondée et les opérations sont arrêtées. Les citoyens de Berthier sur la rue principale sont tous réfugiés dans les étages supérieures de leurs résidences, les rez-de-chaussée étant devenus navigables pour des canots tirant deux pieds d’eau.» La Gazette de Joliette, 16 avril 1891.

«La glace est encore ferme. L’eau est montée de 14 pouces depuis samedi matin [le 15].» La Patrie, 17 avril 1899.

«Notre brave postillon Valois porte vaillamment tous les jours son courrier, consistant en plusieurs sacs de malle, de Sorel à Berthier, en traversant avec son canot et son traîneau le fleuve St-Laurent. M. Valois s’attend à voir le pont se défaire d’ici à une huitaine de jours.» La Patrie, 18 avril 1899.

«La glace tient bon. L’eau a monté de six pouces depuis hier.» La Patrie, 21 avril 1899.

«Des cultivateurs de la Grande Côte de Berthier, qui étaient venus au marché samedi dernier, ont eu de la peine à s’en retourner. Ils avaient de petites embarcations et le vent soufflait très fort. À un moment, les embarcations se trouvèrent entourées de glace et elles s’en allaient à la dérive au milieu du fleuve. Le capitaine Chs. Gauvin, du Berthier, voyant la mauvaise position dans laquelle se trouvaient ces gens, se rendit à eux, avec un ami, dans une bonne chaloupe, et les deux braves ramenèrent sain et sauf les cultivateurs sur le quai. » Le Courrier de Sorel, 23 avril 1901.

«Le grand cirque Ringling sera à Berthier, mercredi prochain, le 19 du courant. À cette occasion, la Mouche-à-feu [le traversier de Sorel à Berthier] partira de Sorel à 1 heure p. m., pour Berthier, et reviendra de suite après la séance de l’après-midi, vers 7 heures p. m. Prix du passage aller et retour 25 cts. » Le Courrier de Sorel, 14 juin 1901.

«L’excursion au clair de la lune, à bord du St Laurent, mardi dernier, organisée par la fanfare de Berthier, a eu un grand succès. Le bateau était rempli et le temps était superbe. Il va sans dire que la fanfare a épuisé son répertoire. » Le Courrier de Sorel, 25 juillet 1902.

«Le nombre d’étrangers à Berthier est plus considérable que jamais» [sans doute beaucoup de villégiateurs]. Le Courrier de Sorel, 2 août 1901.

«Plusieurs étrangers ont commencé à laisser Berthier pour retourner dans leur foyer.» Le Courrier de Sorel, 23 août 1901.

«La saison de navigation va se clore plus tôt qu’on s’y attendait, car déjà il s’est fait de la glace sur le fleuve. Les rivières Yamaska et St François sont congelées. Il y a aussi de la glace sur le Richelieu.» La Gazette de Berthier, 16 novembre 1906.

«Une personne de Berthier nous écrit de bien vouloir remercier publiquement MM. Les capitaines Latraverse et Gervais qui commandaient à bord des vapeurs Sorel et Mouche-à-Feu, qui font le trajet journalier entre Sorel et Berthier. Ces deux messieurs, par leur politesse, leur urbanité de manières et leur attention au service, se sont acquis l’estime et la sympathie de tout le monde. Nous leur rendons avec plaisir ce témoignage de reconnaissance.» Le Sorelois, 1er décembre 1882.

«Le froid intense des derniers jours a consolidé le pont de glace sur le Richelieu et l’on traverse ce matin à pied ferme entre Sorel et St-Joseph. La glace est aussi arrpetée sur le St-Laurent et, avec une couple de jours de froid, nous aurons la traverse solide entre Sorel et Berthier. C’est une aubaine rare à cette époque de l’année. Le thermomètre, ce matin, à 7 heures, marquait 18 degrés au-dessous de zéro.» La Patrie, 9 décembre 1902.

«Des avis de Sorel reçus hier soir disent que les glaces du St-Laurent sont engorgées à l’entrée de la rivière Richelieu et qu’un pont a été formé entre Sorel et Berthier. Plusieurs piétons ont traversé le pont hier. Il n’est pas sûr pour les voitures parce que qu’il il y a plusieurs mares dangereuses.» La Gazette de Joliette, 11 décembre 1890.

«Aux approches de Noël et des fêtes, la plus grande animation règne dans notre ville [Berthier] et les campagnes avoisinantes. Les marchands sont sur les dents du matin au soir. Il n’est pas même jusqu’aux petites épiceries qui ne se mettent aussi de la partie. Des banderoles suspendues à vue montrent les petits véhicules, les polichinelles, les poupées et différents autres jouets qui feront le bonheur des enfants dans quelque temps. Tous nos campagnards sont convertis en bouchers et chaque demeure en boucherie. Nous avons eu samedi [le 17] le plus gros marché de viande de la saison. Sorel a eu sa part, car la traverse est établie.» La Patrie, 19 décembre 1898.

«Le fleuve s’est couvert trois fois de glace depuis l’automne et trois fois la débâcle a rendu libre de glace le majestueux St-Laurent. Mardi dernier, des voitures circulaient sur la glace en face de la ville de Berthier et, mercredi, les chaloupes avaient remplacé sur le fleuve les sleighs de la veille.» Le Canadien, 29 décembre 1881.

«La navigation est close entre Sorel et Berthier. Une mince couche de glace couvre le fleuve.» Le Bien public, 21 décembre 1909.

 

Les îles du lac Saint-Pierre

Sainte-Anne de Sorel. «M. Pierre Péloquin, l’un des chasseurs de renom de Ste Anne, a tué, dans la journée de samedi, la bagatelle de 96 canards. Les incrédules en verront peut-être un 97e dans cet entrefilet, mais ils auront tort; car nous parlons sur le témoignage d’une personne digne de foi et tout à fait désintéressée qui a vu le gibier. Cette chasse presqu’incroyable atteste à la fois l’habileté, du reste bien connue de M. Péloquin, et de l’abondance du gibier ce printemps. Aussi les îles de Sorel commencent-elles déjà à devenir le rendez-vous des amateurs, d’autant plus que le 1er mai, la chasse ne sera plus permise.» Le Canadien, 29 avril 1881.

Montréal. «Le colonel Bond et un de ses amis M. Blackwood sont arrivés d’une partie de chasse dans les îles du Lac St Pierre. Le gibier est très abondant. Ils ont tiré 90 canards en deux jours. Les vapeurs des marchés nous ont apporté hier 600 couples de canards sauvages.» Le Canadien, 29 avril 1881.

«Les cultivateurs des Îles, redoutant l’eau haute au printemps, ont commencé à faire des échafaudages pour placer leurs animaux.» Le Sorelois, 9 mars 1883.

«Le Trois-Rivières a essayé de descendre à Trois-Rivières jeudi matin, mais le chenal étant bouché de glace vis-à-vis de l’Île à La Pierre, il a dû rebrousser chemin. Il descendra demain matin.» Le Sorelois, 25 avril 1884.

«Les dernières dépêches venues de Ste Anne et du Chenal du Moine annoncent que les glaces sont bloquées dans les îles de Sorel et que l’eau monte encore. Des centaines de familles sans toit et sans abri ont trouvé un refuge dans l’église de Ste-Anne, où M. le curé Jeannotte leur prodigue ses meilleurs soins.» La Patrie, 21 avril 1896.

«Dix-huit granges et une maison ont été démolies à l’île des Moines. Deux maisons et trois granges ont été emportées, cinquante vaches et vingt porcs ont été noyés à Ste-Anne. Cette paroisse a souffert immensément dans l’inondation.» La Patrie, 22 avril 1896.

«L’ouverture de la chasse se fera samedi, le 1er septembre. On s’attend à une recrudescence de chasseurs cette année dans les îles de Sorel. Les vieux guides sont tous retenus et le gibier, qui paraît abondant, le canard et la bécassine surtout, auront un siège à subir.» La Patrie, 29 août 1900.

«Samedi, Joseph fils de Paul Beauchemin, du bas de la paroisse, a hérité d’un gros garçon. Comme il est difficile d’avoir un parrain et une marraine dans les alentours de cet endroit, à cette saison de l’année, vu les difficultés de transport jusqu’à l’église, M. Beauchemin emmaillota bien chaudement son trésor qu’il plaça dans le devant d’un petit canot de chasse (12 pieds de long) et il traîna cette embarcation et son contenu sur la glace, à travers tous les dangers qu’elle offre en cette saison, jusqu’à quelques arpents de l’église où il atterra. Il demanda alors un parrain et une marraine qui portèrent l’enfant sur les fonds baptismaux. Après la cérémonie, le père, heureux et content, retourna chez lui par le même moyen de transport, et grande était la joie de la famille quand ils virent arriver sain et sauf le père et son enfant, qui avaient fait ce voyage périlleux sans accident.» Le Courrier de Sorel, 9 avril 1901.

« Le niveau de l’eau du fleuve continue à monter et les habitations des îles et de Ste Anne de Sorel sont inondées. Les cultivateurs ont pris toutes les précautions au cas où le niveau de l’eau viendrait plus haut. Une partie de ces gens sont juchés dans le grenier de leur maison dont le premier étage est à moitié d’eau. Des échafauds dans les granges et dans les écuries ont été érigés et les animaux sont dessus. L’eau est encore à trois pieds plus bas que lors de l’inondation de 1896. » La Presse, 23 mars 1903.

«Il se fait beaucoup de chasse aux canards dans les îles de ce temps-ci.» Le Courrier de Sorel, 26 avril 1901.

«Un grand nombre de chasseurs sont descendus dans les îles depuis le 1er septembre.» Le Courrier de Sorel, 6 septembre 1901.

«La chasse aux canards dans les îles de Sorel bat son plein. Les chasseurs, cependant, sont presque aussi nombreux que le gibier et plusieurs d’entre eux s’en reviennent bredouille.» La Patrie, 7 septembre 1904.

«Mardi [le 29 septembre], le vapeur Mouche à feu a été jeté sur la pointe près de Berthier par la force du vent. On a envoyé un bateau pour le renflouer, mais il n’a pas réussi.» La Patrie, 2 octobre 1891.

«Le vapeur Mouche-à-Feu est toujours dans sa mauvaise position à l’île aux Foins, entre Berthier et Sorel. On ne compte plus que sur l’eau haute pour le renflouer. L’eau a monté de près de 7 pouces puis s’est remise à baisser, de sorte que le sort du malheureux vaisseau est très précaire. S’il fallait l’abandonner à cet endroit pour l’hiver, il est fort à présumer qu’au printemps la débâcle ferait son œuvre néfaste et la Mouche-à-Feu serait alors perdue complètement.» La Patrie, 17 novembre 1898.

«Le niveau du fleuve s’est élevé de plusieurs pouces ces jours-ci, ce qui a permis aux ouvriers qui travaillaient à renflouer la Mouche-à-Feu de pousser avec activité leur dure tâche. Vendredi après-midi [le 18 novembre], on réussissait à caler un chaland de chaque côté du vapeur. Puis, soulagé de plusieurs pouces par l’opération du pompage des bateaux, le vapeur Hamilton vint à la rescousse et, tirant vigoureusement, il put en quelques minutes mettre la Mouche-à-Feu à l’eau profonde. Dès samedi, la Mouche-à-Feu reprenait la traverse entre Sorel et Berthier.» La Patrie, 22 novembre 1898.

«Le gibier, surtout le canard, est relativement abondant aux îles de Sorel. En revanche, le poisson y est très rare, tellement que les pêcheurs, désespérés, ont retiré tous leurs filets. Cette rareté, du reste, a été marquée tout l’été et des pêcheurs d’expérience ont déclaré que jamais la saison n’avait été aussi peu fructueuse.» La Patrie, 22 novembre 1898.

«La traverse sur le fleuve entre Sorel et l’île St-Ignace n’est pas encore balisée, la glace est trop faible en certains endroits. Les piétons passent dessus sans danger et prennent des voitures à l’île St-Ignace pour se rendre ensuite à Berthier. À l’île de Grâce, la traverse est balisée.» Le Courrier de Sorel, 13 décembre 1901.

«Un pêcheur d’en bas nous apprend que la glace est prise dans les îles. Vu que le froid continue, nous aurons la traversée de Berthier avant Noël, ce qui est fort désirable.» Le Sud, 18 décembre 1891.

«La traverse directe de Berthier n’est pas sûre à cause des mares qui ne prendront qu’aux grands froids. En attendant, on fait le tour par la traverse de l’île St-Ignace. Patineurs et patineuses s’en donnent à cœur joie de ce temps-ci sur le Richelieu, comme sur le St-Laurent, où la glace est splendide sur une étendue sans bornes.» La Patrie, 21 décembre 1898.

Île Dupas. «L’eau qui nous menace d’inondation, chaque printemps, commence encore, cette année, à monter sans cependant nous causer trop d’inquiétude, vu que le fleuve est libre de glace en bas, près de Québec.» La Patrie, 2 avril 1908.

Isle Dupas. «Nous traversons depuis quelques jours une vacgue de froid sibérien. On se croirait en plein cœur de janvier; cela a eu pour effet de ralentir la crue des eaux, à tel point qu’elle est aujourd’hui stationnaire; nous espérons que tout danger d’inondation est maintenant disparue.» La Patrie, 9 avril 1908

Il faut noter l’ouvrage du géographe Rodolphe de Koninck, Les Cent-Îles du Lac Saint-Pierre, publié d’abord en 1970 aux Presses de l’Université Laval, et toujours disponible aujourd’hui. Il faut compter aussi avec le livre de Walter S. White, Le Chenal du Moine, une histoire illustrée, publié en 1980 à Sorel, aux Éditions Beaudry et Frappier.

 

Sur le lac lui-même

Trois-Rivières. «La glace du lac St-Pierre n’a pas encore remué. On dirait qu’il lui en coûte beaucoup de nous dire adieu. L’eau basse et le temps calme. Cela explique pourquoi la débâcle est tardive.» Le Canadien, 20 avril 1881.

Trois-Rivières. «La débâcle s’est opérée sur le lac [Saint-Pierre] hier. On ne croit pas cependant qu’elle soit complète avant quelques jours.» Le Canadien, 22 avril 1881.

Québec. «Une dépêche de Grondines nous annonce que la glace du lac St-Pierre est toute descendue, et que le fleuve est maintenant libre. Aujourd’hui à midi, la glace descend en grande quantité. Le fleuve devant la ville est presque littéralement bouché.» Le Canadien, 25 avril 1881.

«Les phares flottants sur le lac St-Pierre sont maintenant tous en position.» Le Canadien, 28 avril 1882.

«Navigation. La ligne entre Sorel, Yamaska, St-Aimé, St-François et Pierreville sera ouverte aujourd’hui par le Sorel, qui cède sa place à la Mouche-à-Feu pour la traverse de Berthier.» Le Sorelois, 1er mai 1883.

Voir ce billet sur une tempête de vent sur le lac en mai 1883.

«Le semaine dernière, il a été apporté sur le marché de Sorel, dit le Sorelois, un Esturgeon de 112 lbs. Ce poisson a été pris dans le fleuve près des Îles de Sorel.» La Gazette de Joliette, 20 juin 1884.

Voir ce billet sur les grandes inondations de 1896.

Québec. «Le fleuve est couvert de glace, mais les bateaux passeurs font le service comme si rien en était. C’est la glace des Grondines, Batiscan, etc., qui descend. La glace du lac St-Pierre, qui est la dernière à passer, n’a pas encore fait son apparition. L’on est d’avis qu’elle passera aujourd’hui devant notre ville.» La Patrie, 12 avril 1898.

Québec. «Une remarque bien simple si l’on veut savoir si ce sont les glaces du lac [Saint-Pierre] qui descendent, c’est que ses amas de glace sont toujours remplis de jonc.» Le Soleil, 30 mars 1903.

Yamaska Est. «La chasse n’est pas bonne cette année au lac St-Pierre et nos chasseurs se plaignent de la nouvelle loi interdisant la chasse aux canards au «plan» durant la nuit.» La Patrie, 3 novembre 1905

Trois-Rivières. «Rien de nouveau dans l’état du fleuve ici. Toute la glace entre le St-Maurice et le port Saint-François est descendue vendredi et samedi, et le fleuve présenterait le même aspect que durant l’été, n’était l’amoncellement de glace sur les quais. Le niveau est resté le même jusqu’à dimanche, alors qu’il est baissé de quelques pouces. Tout danger d’inondations semble donc disparu. On attend avec anxiété le passage de la glace du lac St-Pierre, car, avec les dernières banquises, on sait que c’est la navigation définitive. Il se fait beaucoup de conjectures à ce sujet. Les uns prétendent que le lac passera ces jours-ci, et d’autres affirment que les grandes mers seules donneront le signal du départ. Il nous faudrait en ce cas attendre à samedi.» La Patrie, le mardi 11 avril 1905.

Trois-Rivières. «Pas grande abondance de sucre et sirop d’érable sur le marché, cette année. La coulée la plus abondante a lieu des jours-ci. La saison finit d’ordinaire dès que le lac St-Pierre est libre de glace, et comme on le voit la fin du sucre est proche.» La Patrie, 14 avril 1905.

«La glace du lac St-Pierre s’est mise en mouvement samedi [le 14], et on croit que le chenal sera libre mercredi.» La Patrie, 16 avril 1906.

Québec. «Le passage de la glace du lac Saint-Pierre s’est effectué bien tranquillement. Cela n’a pas empêché les bateaux de la traverse de faire leur service aussi régulièrement que d’ordinaire. Le fleuve est presque complètement libre de glace aujourd’hui. Plusieurs chaloupes se livrent depuis hier au sauvetage des billots. Quelques-uns se sont fait une bonne provision de bois de chauffage.» La Patrie, 19 avril 1906.

Voir cette chasse dans les îles du lac Saint-Pierre.

Voir le mode de vie lié à la chasse.

 

Sorel

«Le pont de glace entre Sorel et Berthier est plus solide que jamais. Nous devons à la vérité de dire que ce chemin de traverse entre les deux rives du fleuve a toujours été bien entretenu durant toute l’hiver. [sic]» Le Sorelois, 16 mars 1880

Sorel. «La glace n’a pas encore remué, elle semble solide.» Le Canadien, 22 avril 1881

«Les dernières pluies ont presque enlevé le peu de neige qui nous restait. Les chemins sont dans un état affreux. Les voitures chargées traversent encore sur le fleuve.» Le Sorelois, 31 mars 1882

«La traverse entre Sorel et Berthier est magnifique. On a adopté le système des chemins doubles cette année, ce qui est bien plus commode pour les rencontres.» Le Sorelois, 2 février 1883.

«Il a été tué cette année plus de 15,000 rats musqués dans les environs de Sorel. P. Q.» La Gazette de Joliette, 20 juin 1884

«Dans l’après-midi du jour de l’An, trois personnes qui traversaient en voiture de Berthier à Sorel sont venues se jeter dans une mare en approchant de cette dernière ville, et tout a été englouti. Aux dernières nouvelles, on n’avait pu repêcher que des lambeaux d’habits et de robes de carrioles.» Le Journal de Waterloo, 14 janvier 1886.

En 1886, la Gazette de Joliette fait campagne pour que Berthier cesse d’appartenir au district de Richelieu et fasse partie du district de Joliette. Le journal Le Sorelois du 19 mars 1886 s’y oppose. «Nous ne voyons pas pourquoi il serait nécessaire aujourd’hui de démembrer notre district, qui n’est déjà trop étendu, à l’avantage et au profit du district de Joliette. Est-ce à cause de la rivière qui sépare le comté de Berthier du comté de Richelieu ? Certainement non, car ce n’est pas là un obstacle bien sérieux, et, si obstacle il y a, il n’y aurait en fin de compte que les hommes de lois qui pourraient chercher à le faire disparaître. D’ailleurs, ces derniers eux-mêmes préfèrent, nous en avons la conviction, venir à Sorel plutôt que de se rendre à Joliette. En hiver, le fleuve est vite traversé, et, en été, les moyens de transport sont si faciles, si nombreux et si agréables, qu’on préfèrera toujours Sorel à Joliette, tant pour les transactions commerciales que pour les affaires judiciaires. En venant à Sorel, on se met plus directement en communication avec les grands centres et l’on y gagne toujours sous une foule de rapports. Joliette a bien des avantages, mais nos amis de Berthier savent par expérience que l’accès y est plus difficile qu’à Sorel.

«La tempête que nous avons eue mercredi et jeudi a été affreuse. La traverse entre Sorel et Berthier est devenue impraticable.» Le Sorelois, 8 février 1889.

«C’est le printemps ! Les corneilles sont arrivées ! il y en a des centaines qui croassent sur les bordages du fleuve, en face de la ville. La traverse entre Sorel et Berthier est toute en glace vive. Aussi, un grand nombre de voitures traversent tous les jours et nous avons le plaisir de voir nos amis de la rive nord. » Le Courrier de Sorel, 7 mars 1902.

«Le niveau de l’eau du Richelieu a monté de près de 8 pieds depuis dimanche dernier [le 13 mars]. Plusieurs quais sont recouverts d’eau. La glace du fleuve entre Sorel et Berthier est ferme, mais l’eau du fleuve est si haute que les embarcations sont impossibles et la traversée se fait à pied. Le bas de la paroisse de Ste-Anne de Sorel est déjà inondé, ce qui ne s’est jamais vu aussi à bonne heure au printemps.» La Patrie, 22 mars 1898.

«La traverse entre Sorel et Berthier est très dangereuse et bien hardis sont ceux qui s’y hasardent en voiture. L’eau monte un peu.» Le Courrier de Sorel, 29 mars 1901.

«Ingénieux. M. Valois, le postillon entre Sorel et Berthier, s’est construit une chaloupe sous laquelle il a mis des patins. Cette chaloupe sert à traverser le fleuve à cette saison de l’année où la surface de la glace est comme un miroir. Quand il vente un peu, M. Valois met une voile à cette chaloupe et, dans 5 minutes, il fait la traverse, qui a au-delà de deux milles de largeur.» Le Sorelois, 1er avril 1884.

«L’eau du Saint-Laurent a monté un peu depuis dimanche, et la glace devient de plus en plus mauvaise. Le postillon, M. Valois, fait le service des malles entre Sorel et Berthier, au milieu de difficultés et de dangers réels devant lesquels beaucoup de personnes réputées braves reculeraient certainement. M. Valois trouve même le moyen de traverser avec lui de rares voyageurs, à qui, on le pense bien, il fait payer un assez bon prix.» La Patrie, 4 avril 1905.

«L’eau a beaucoup monté depuis quelques jours. La traverse entre Sorel et Berthier est devenue impraticable. Le postillon fait le trajet à pied et en canot.» Le Courrier de Sorel, 5 avril 1901.

«Contrairement à ce qui avait été annoncé, le Mouche à feu capitaine Frs Crépeau fera, cette année encore, la traversée entre Sorel et Berthier.» La Patrie, 18 avril 1905.

«Le vent du nord-est qui soufflait avec fureur, hier, a empêché le postillon de traverser la fleuve avec les malles de Berthier.» Le Courrier de Sorel, 23 avril 1901.

«Nous avons régulièrement tous les dimanches, maintenant, une foule d’étrangers. À part les excursionnistes qui viennent par les bateaux affectés aux excursions, nous avons déjà la visite de nombreux amateurs de pêche et peut-être aussi de chasse qui vont faire un peu de braconnage dans les îles de Sorel.» La Patrie, 15 juin 1903.

«La navigation tire à sa fin : aussi les bateaux qui touchent notre port sont remplis d’une énorme quantité de marchandises de toutes sortes.» La Gazette de Berthier, 16 novembre 1906.

«Nous avons eu un forte tempête de neige lundi dernier, il en est tombé plus de six pouces d’épaisseur. Le vent était tellement fort que la navigation s’est trouvée interceptée une partie de la journée. Il neige à plein temps encore aujourd’hui.» La Gazette de Berthier, 16 novembre 1906.

«La corporation demande des soumissions pour la prochaine traverse sur la glace entre Sorel et Berthier. L’ouvrage consiste dans le tracé et la pose de balises.» La Patrie, 22 novembre 1898.

«D’immenses banquises de glace couvrent le fleuve, et si le froid continue, nous aurons un pont de glace entre Sorel et Berthier prochainement.» Le Courrier de Sorel, 29 novembre 1901.

«La flotte du gouvernement, consistant en cure-môles, remorqueurs, chalands, barges, etc., est maintenant en hivernement, de même que les phares flottants du lac St-Pierre, qui sont entrés hier. Parmi les vapeurs en hivernement ici se trouvent le Mayflower qui vient de la Baie des Chaleurs, et l’ancien Richelieu qui a sombré il y a quelques semaines, qui a été renfloué et amené ici pour être refait. La Mouche-à-feu a essayé de se rendre à Berthier, hier, mais elle a brisé son gouvernail dans la glace en partant du quai et elle a dû rester ici. Elle a en conséquence cessé ses voyages.» Le Courrier de Sorel, 29 novembre 1901.

«Le Terrebonne a été le dernier bateau de la saison venu à Sorel. La Mouche à Feu a rencontré de la glace à Berthier, et a quelque peu écorché ses roues, ce qui ne l’encourage pas à faire de nouveaux voyages. Le Chambly, arrivé hier après-midi, a été aussitôt mis en hivernement.» La Patrie, 30 novembre 1898.

«La Mouche à Feu fera la traverse entre Sorel et Berthier aussi longtemps que la température le permettra.» Le Sorelois, 1er décembre 1899.

«Monsieur Valois, notre vieux et excellent postillon, a commencé à faire en canot la traverse du Saint-Laurent pour le compte de Sa Majesté. Il lui faut briser la glace qui n’est pas encore assez forte pour porter un traîneau et cela exige de sa part un labeur aussi fatguant que dangereux. Dans le cours de l’hiver, M. Valois partira du Carleton où il aura ses quartiers et où il prendra ceux qui désirent faire le voyage de Sorel à Berthier avec lui.» La Patrie, 1er décembre 1903

«La Mouche-à-Feu, qui desservait la ligne de Sorel à Berthier, est entrée en hivernement hier. La malle est maintenant transportée à bord d’un canot. Le postillon, M. Valois, se voit ainsi exposé à beaucoup de misère jusqu’à ce que la glace prenne sur le Saint-Laurent.» Le Sorelois, 3 décembre 1886.

«Pour la deuxième fois depuis huit jours, le pont de glace sur le fleuve entre Sorel et Berthier est formé, et solide cette fois-ci. Si le froid continue une couple de jours, mardi ou mercredi la traverse sera balisée.» Le Courrier de Sorel, le vendredi 6 décembre 1901.

«La traverse entre Berthier et Sorel est maintenant très difficile à cause de la grande quantité de glace que le fleuve charrie régulièrement; cependant M. Valois notre intrépide courrier de la malle, et M. St. Jacques notre habile chaloupier, n’en traversent pas moins plusieurs fois par jour avec du bagage et des passagers. Grâce au courage et à l’habileté de ces deux hommes, les communications entre Sorel et le chemin de fer du Nord se trouvent ainsi continuées assez efficacement pendant cette saison difficile.» Le Sorelois, 7 décembre 1880.

«Depuis dimanche, nous n’avons aucune malle du Nord [la compagnie de chemin de fer] via Berthier. La neige d’un côté, avec accompagnement d’un fort vent nord est, le froid d’autre part ont empêché le postillon de traverser le fleuve. Comme par le passé, aussitôt que le pont sera formé, M. Jos Généreux tiendra la traverse entre Sorel et Berthier. […] Malgré la température favorable que nous avons eue depuis vendredi dernier, le pont n’est pas encore formé entre Sorel et Berthier. On dirait que le vieux St-Laurent a l’intention de nous jouer quelques tours à sa façon. Nos marchands l’implorent chaque matin, les uns après les autres, ils vont lui rendre une visite. Pendant ce temps-là, leurs confrères de Berthier en profitent largement.» Le Sorelois, 12 décembre 1882.

«Les rues de la ville sont en bon état et le rouleau municipal a rendu les chemins très attrayants aux promeneurs en les mettant unis et durs comme une piste de course. La traverse de Berthier est aussi bien faite et il n’y manque qu’un peu de neige pour la rendre parfaite. Nous sommes redevables de ces belles choses à M. Roberge, surintendant des chemins de la corporation, et le public devrait lui être reconnaissant. Nous voyons que la traverse ne contient qu’une seule rangée de balises; c’est une grande faute à notre avis, car cela peut produire des accidents très graves. Ce n’est pas quand il fait beau que les balises sont nécessaires, mais bien durant les tempêtes; or, dans ces tempêtes, il est important que les deux côtés du chemin soient marqués de balises et non un seul comme à présent. Il est plus difficile de perdre le chemin et de s’égarer lorsqu’il est balisé des deux côtés que d’un seul, et nous souhaitons que cette parcimonie mal placée du conseil ne soit pas la cause de quelque accident regrettable cet hiver. Il y a des conseillers qui, à l’approche des élections, ont un tel amour de l’économie qu’ils retranchent dans les choses les plus indispensables sans calculer la portée que peut avoir ces économies de bouts de chandelles sur l’efficacité du service public. Nous croyons savoir que M. Roberge était favorable à deux rangs de balises et on aurait dû suivre son conseil.» Le Sud, 13 décembre 1890.

«La glace arrêtée devant cette ville depuis jeudi dernier s’est mise en mouvement hier matin. Samedi et dimanche [les 11 et 12 décembre], plusieurs voitures avaient fait la traversée bien que la glace ne fût pas très solide; on espérait qu’avec encore quelques jours de froid, on aurait une des plus belles traverses qui se soient encore vues. Il n’a fallu que quelques heures pour rendre vaines toutes ces espérances et pour donner au fleuve un aspect des plus grandioses et des plus effrayants. À l’heure qu’il est, le fleuve présente une suite non interrompue d’énormes morceaux de glace amoncelés les uns sur les autres à la hauteur de plusieurs pieds. Au dire des anciens, la glace ne s’est jamais amoncelée de cette manière. La traverse entre Sorel et Berthier se trouve ainsi retardée de plusieurs jours, et il faudra des travaux énormes pour la rendre quelque peu passable. Vis-à-vis Ste. Anne, la glace n’a pas bougé.» Le Sorelois, 14 décembre 1880.

«D’aujourd’hui [mercredi] à samedi, avant peut-être, nous aurons la traverse de Berthier sur la glace du St-Laurent. Les froids rigoureux des derniers jours ont établi le pont et s’il n’y a pas de foulage, ni de doux temps, d’ici deux ou trois jours, nous aurons une belle traverse. C’est une belle aubaine pour Sorel et son commerce lorsque le pont se forme avant les fêtes de Noël et du Jour de l’An et cette année il paraît bien certain que notre marché de samedi prochain [le 17] comptera l’important contingent de cultivateurs de la rive nord du St-Laurent. Le brave postillon Valois a fait l’étrenne du pont de glace hier matin. Il apportait dans son traîneau des malles du nord. La veille, il était venu dans son canot. Hier matin, il traversait à pied ferme sur une glace d’environ trois pouces d’épaisseur.» La Patrie, 14 décembre 1898.

«Le fleuve géant est dompté. Depuis deux jours, le pont s’est opéré en face de la ville et il va nous être donné de revoir nos amis du Nord. Ce sera une bonne et belle aubaine pour Sorel, et il ne nous reste plus qu’à bénir la Providence de nous avoir envoyé le froid nécessaire.» Le Sorelois, 16 décembre 1882.

«Le pont de glace sur la rivière Richelieu est maintenant assez fort en plusieurs endroits pour porter les voitures. Sur le St-Laurent, la glace est arrêtée de la nuit dernière, et, pour peu que le froid continue, la traverse entre Sorel et Berthier sera balisée lundi prochain. L’an dernier, le pont de glace s’est formé entre Sorel et Berthier le même jour que cette année, le 17.» Le Sorelois, 18 décembre 1885.

«Le pont de glace est maintenant solide entre Sorel et Berthier et les voitures y traversent. C’est une source de bénéfice pour Sorel lorsque les glaces prennent avant les fêtes, car cela permet aux gens de la rive nord d’aller faire leurs achats à Sorel.» La Tribune, 19 décembre 1890.

«La navigation est close entre Sorel et Berthier. Une mince couche de glace couvre le fleuve.» Le Bien public, 21 décembre 1909.

«Depuis que la traverse est tracée entre Sorel et Berthier, il nous arrive chaque jour un grand nombre de personnes qui sont autant d’acheteurs pour nos négociants.» La Patrie, 24 décembre 1903.

 

Saint-François-du-Lac

Au début de mars 1883, un député de la Nouvelle-Écosse présente un projet de loi aux Communes, à Ottawa, défendant l’attelage de chiens «pour tirer une charrette, voiture, truck, brouette, sleigh, traîneau ou autre véhicule» sous peine d’emprisonnement pour trois mois ou plus. Le Sorelois du 6 mars 1883 proteste. «Cette clause, si elle devient loi, va affecter bien des pauvres gens qui se servent de chiens comme bêtes de voitures pour de légères charges. Elle affectera particulièrement les pêcheurs du bas de la rivière Saint-François [Saint-François-du-Lac, sur la rive du lac Saint-Pierre] qui, durant l’hiver, attellent leurs chiens à de légers traîneaux pour aller visiter leurs lignes ou pêches sur le lac St-Pierre. Eux se servent de raquettes. Tandis que les chiens traînent les appareils de pêches et le poisson. En général, ces gens-là sont trop pauvres pour avoir des chevaux en leur possession, et ceux qui en possèdent ne peuvent guère les utiliser pour ce genre de travail. La fréquence des bordées de neige, l’eau qui monte constamment sous la neige et sur la glace, les fréquents changements d’endroits pour leurs pêches, voilà autant de causes qu’ils ne peuvent entretenir de chemins praticables pour des chevaux, tandis que, généralement, la neige est suffisamment durcie pour porter les chiens. Et d’ailleurs, l’aspect de ces animaux n’a rien de misérable. Souvent, il arrive qu’on les rencontre, une fois arrivé au chemin des voitures, suivant joyeusement le traîneau auquel leur maître s’est volontairement attelé dans le but de soulager……. Boulé. […] Nous attirons spécialement l’attention du député d’Yamaska sur ce sujet.»

«M. Benjamin Sulte possède une carte cadastrale de la paroisse de St-François du Lac en 1709 par Gédéon de Catalogne, ingénieur du roi, sur laquelle est indiquée la terre de Jean «Reel», ancêtre de Louis Riel. Cette terre est située sur la côte droite de la rivière, vis-à-vis le haut de l’île du Fort, et elle aboutit au chenal Tardif.» Le Sorelois, 5 mars 1886.

«Le Berthier a fait son premier voyage à Trois-Rivières mercredi matin [6 avril] où il est arrivé vers 8 heures. Une foule nombreuse stationnait sur le boulevard et sur les quais pour être témoin de cet événement, car c’était la première fois qu’on voyait arriver un bateau dans le port le 6 avril. Le plus à bonne heure que la chose est arrivée était, dit-on, en 1878, alors que le premier bateau arrivait le 10 d’avril. Le capitaine Chs. Gouin dit qu’il a rencontré un peu de glace sur le lac St-Pierre et qu’au Port St-François, il n’a pu accoster le quai, qui est couvert de 20 à 30 pieds de glace. Le petit Nicolet est venu accosté le Berthier à l’entrée de la rivière Nicolet pour prendre le fret et les passagers. En revenant de Trois-Rivières [en direction de Sorel], il neigeait à plein temps, sur le lac, et bien que les bouées et les phares ne soient pas encore placés, le pilote Laviolette a continué sa route et a pu se rendre ici facilement.» La Patrie, 9 avril 1898.

«Le steamship Montréal, entré dans le port [de Montréal] lundi soir, a rencontré quelques banquises de glaces en bas du cap Magdeleine dans le golfe. À St-François, les rives du fleuve étaient bloquées de monceaux de glace, transportées par les eaux de la rivière Nicolet.» La Patrie, 17 novembre 1886.

Ne pas oublier le livre de Florentine Morvan Maher, Florentine raconte… (Montréal, Éditions Domino, 1980), qui remporta en 1977 le prix du concours littéraire du journal Le Troisième âge. L’un des plus riches témoignages de la vie à proximité du lac Saint-Pierre.

Voir l’usage du chien du chien de traîneau pour les gens de Saint-François-de-Lac.

 

Pierreville

«Il y a un grand nombre de voiliers sur la rivière St-François, on nous écrit qu’il sera expédié une grande quantité de grain de la paroisse de Pierreville la semaine prochaine, et que la descente du bois par cette rivière commence à se faire.» Le Sorelois, 30 avril 1880.

«Le Québec et le Canada, faisant la ligne de Montréal à Québec, sont entrés en hivernement, hier. Le Chambly a fait son dernier voyage sur la rivière Chambly, vendredi [22 novembre]. Le Berthier continuera ses voyages de Montréal à Trois-Rivières aussi longtemps que la glace ne l’empêchera pas. La Mouche-à-feu continue la traversée entre Sorel et Berthier. Le Sorel ne peut plus aller à Pierreville, la glace étant prise sur la rivière St-François.» Le Courrier de Sorel, 26 novembre 1901.

 

Odanak

Voir cette visite chez les Abénakis d’Odanak.

 

Baie-du-Febvre

«La glace du lac Saint-Pierre est en mouvement. L’eau a beaucoup monté, elle est très près des habitations.» La Patrie, 15 avril 1909.

Nicolet

«La glace sur le fleuve qui paraissait, ces jours derniers, vouloir nous abandonner, s’est tellement raffermie que les charretiers de Nicolet se rendent aujourd’hui à la pointe du Lac et aux Trois-Rivières par des chemins que ne désavouerait pas notre mois de janvier.» Le Canadien, 11 avril 1881.

«Mardi, vers le soir, une tourmente s’est élevée sur le lac Saint-Pierre, et plusieurs bateaux ont été rejetés à l’entrée de la rivière Nicolet, où ils se sont échoués.» La Minerve, 6 juin 1882.

«Il y a eu ces jours derniers de désastreuses tempêtes, non seulement sur la mer, mais aussi sur les lacs et jusque sur le St-Laurent. À l’embouchure de la rivière Nicolet, une flottille de bateaux chargés de bois a été dispersée, et la plupart des transports ont sombré ou ont été grandement avariés.»Le Journal de Waterloo, 3 novembre 1887.

«Le Glacial, qui voyage entre Trois-Rivières et Nicolet, a pris ses quartiers d’hiver. Le pont de glace est formé depuis mardi devant cette ville. Les banquises qui le forment sont de très mauvaise qualité et entremêlées de larges étendues d’eau. La traversée du fleuve se fait très difficilement au moyen de petits canots qu’on traîne sur la glace. Il faudra des froids rigoureux pour raffermir le pont.» Le Canadien, 16 janvier 1891.

«Le vapeur Bourgeois est sorti ce matin de ses quartiers d’hiver et doit commencer demain matin le service de la traverse de la pointe Godefroy. Il a été salué par le Glacial à son arrivée ici. Le vapeur St Michael est aussi arrivé ici, venant de Nicolet. Ce bateau appartient à M. O’Shaughnessy, marchand de bois de Nicolet.» Le Trifluvien, 20 avril 1894.

« Le pont de glace formé devant la ville [Trois-Rivières] depuis une couple de jours est maintenant balisé par les autorités municipales. Toute la journée d’hier on a traversé en voiture. Même on m’apprend que plusieurs voitures sont venues de Nicolet par la glace qui est bonne partout. » La Patrie, 4 février 1898.

«La nouvelle s’est répandue en ville qu’un malheureux avait été trouvé sur la glace, dans le chemin conduisant à Nicolet. On ne connaît ni son nom, ni son adresse.» La Patrie, 6 février 1899.

À Nicolet, certains citoyens, à la recherche d’épaves sur la lac Saint-Pierre, viennent bien près de se noyer. «Comme d’énormes quantités de bois furent remarquées ça et là, parmi la glace qui s’était arrêtée de nouveau, la chose sembla être une bonne aubaine pour bon nombre de citoyens qui, à l’issue de la grand’messe, se hasardèrent sur la glace dans le but de s’en faire de bonnes provisions, à l’aide de “gaffes”, câbles, etc. Tout alla pour le mieux pendant une couple d’heures, et les 30 ou 40 hommes, qui s’étaient livrés à la récolte de ce qui constituait pour eux une véritable “manne”, avaient déjà empilé, ça et là sur le rivage, une grande quantité de ce combustible et déployaient dans leur travail une ardeur vraiment fébrile. Le moins braves, ou plutôt les plus prudents, se tenaient à une faible distance de la rive, tandis que plusieurs de leurs compagnons s’aventuraient jusqu’à une distance de plus de 300 pieds de la grève. Tout à coup, des craquements sinistres se firent entendre; la glace venait de se mettre de nouveau en marche à une allure rapide, sous les pieds même de cette petite armée de travailleurs dont la vie était en danger. À plusieurs reprises, plusieurs d’entre eux virent la glace se rompre sous leurs pieds. Ce fut un sauve-qui-peut général, mais pas un seul ne se départit de son sang-froid et, en sautant de morceau de glace en morceau de glace, ils furent tous assez heureux pour atteindre la terre ferme à quelques centaines de pieds plus bas, où ils arrivèrent sains et saufs, aux acclamations de la foule qui suivait avec beaucoup d’anxiété, sur le rivage ainsi que sur le pont des voitures, les péripéties de ces émouvants sauvetages. » La Presse, 25 mars 1903.

Pourquoi pas un havre de refuge à Nicolet ? Il faudrait alors enlever les bancs de sable qui obstruent l’entrée. «Quand la tempête éclate, le lac St-Pierre n’offre aucun port de refuge et il est rare qu’un navire puis s’échapper sans subir plus ou moins d’avaries. Dernièrement encore, trois barges ont été surprises par le vent; l’une d’elles a eu son mat cassé en deux; les deux autres chassées sur leurs ancres, ont été s’échouer sur les bancs de sable.» Le Sorelois, 1er octobre 1880.

«On se rappelle encore la tempête de lundi de la semaine dernière [le 31 octobre]. Le vent était d’une violence inouïe et a fait beaucoup de dégâts. Les navigateurs en ont souffert d’une manière particulière, surtout notre concitoyen, M. le capitaine Laflèche. Le Journal des Trois-Rivières dit que, ce jour-là, toute la flotte qui attendait le chargement de bois sur le fleuve, à l’embouchure de la rivière Nicolet, a été dispersée. Cette flotte se composait de cinq vaisseaux, qui ont été désemparés et presque complètement détruits. Un grand nombre de personnes composant l’équipage de ces vaisseaux a failli périr, et les naufragés n’ont dû leur sauvetage qu’aux quelques chaloupes qui leur restaient et avec lesquelles ils ont eu toutes sortes de difficultés pour parvenir au rivage. La barge St-Charles, capitaine Laflèche, qui était chargée et à la cape vis-à-vis la rivière Nicolet [sic], attendant le vent pour monter à St-Jean avec un chargement de bois de sciage pour M. Bousquet, a été surprise par la tempête, a chassé sur ses ancres, s’est remplie d’eau et a sombré à quelques milles en bas de la rivière Nicolet, et une partie de sa charge a été emportée par les flots. Et on considère ce vaisseau complètement perdu.» Le Franco-Canadien, 4 novembre 1887.

«Les désastres causés par notre fleuve, M. Wilbrod Gingras, de Batiscan, capitaine de la barge Jacques-Cartier, qui était sur le lac St-Pierre dimanche dernier [le 11 novembre], dit que la tempête de ce jour-là est la plus forte qu’on ait vue sur le lac depuis longtemps. Les rives du lac sont couvertes d’épaves et on déplore plusieurs pertes de vie. Deux navigateurs de Sorel, nommés St-Jean, se sont noyés. […] On a trouvé en outre le cadavre d’un inconnu dans une chaloupe à la Côte Nicolet. Le barge Alabama a été trouvée abandonnée dans le lac et on croit que tout l’équipage a péri.» La Patrie, 17 novembre 1883.

«Hier matin, le fleuve était couvert de petites banquises qui heureusement n’étaient pas assez solides pour gêner la navigation.» Le Canadien, 19 novembre 1881.

«Ce sont MM. Cooke et Jones de Carillon qui ont obtenu le contrat pour la construction du Havre de refuge que le gouvernement fédéral fait construire à l’embouchure de la rivière Nicolet. On sait que ces travaux importants vont être poussés avec activité aussitôt que la saison sera favorable.» Le Canadien, 19 novembre 1881.

«Le vapeur Nicolet, qui fait le service entre Nicolet et Trois-Rivières, a pris ses quartiers d’hiver dans le St-Maurice.» La Patrie, 22 novembre 1898.

«Nous devons à l’obligeance de M. Magnan, le gardien de phare No. 3, sur le lac St-Pierre, l’état suivant qui démontre combien il est passé de navires sur le lac durant la dernière saison : Montés. 321 Steamships. 5 Navires. 106 Barques. 30 Bricks. 153 Steamboats. Descendus. 324 Steamships, dont 150 avaient des animaux dans leur cargaison. 5 Navires. 106 Barques. 29 Bricks. 65 Steamboats. 164 Cages.» Le Canadien, 16 décembre 1881.

«L’entretien de la traverse sur le fleuve entre la Pointe du Lac et Nicolet a été adjugé à M. Avila Rouette.» Le Bien public (Trois-Rivières), 14 décembre 1909.

 

La photographie aérienne, ci-haut, de la naissance du lac Saint-Pierre provient du site suivant, celui de la Réserve de la biosphère du lac Saint-Pierre.

Contribution à une histoire de la vie de relations autour lac Saint-Pierre. Une partance.

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