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Le printemps n’est plus loin !

Aujourd’hui, jour de la Chandeleur, bien que les manifestations de l’hiver soient nombreuses, le printemps n’est plus loin !

Vous savez, chez moi, nous sommes beaucoup à voyager ensemble. Voilà que ce matin, dans la maison, deux coccinelles viennent de sortir de leur dormance. Et elles ont belle allure. En pleine forme aussi, à voir leur marche rapide.

Dans Le Soleil d’aujourd’hui, le quotidien de Québec, Larry Hodgson, qui se dit «le jardinier paresseux», y va justement d’un court texte, en page M25, sur cette coccinelle asiatique (Harmonia axyridis) qui peut passer l’hiver avec nous dans nos maisons de campagne. Il répond à un lecteur de Québec qui se plaint de sa présence dans ses pièces de séjour.

Selon Hodgson, cette petite bête est «facile à reconnaître non pas par sa forme ou sa coloration (elle est habituellement comme tant de coccinelles, bombée et de couleur orange avec un nombre variable de points noirs), mais par son habitude de se ramasser en grosses colonies à l’automne, un trait qu’aucune autre coccinelle indigène ne partage. Elle a été importée pour sa lutte biologique, car elle mange avidement les pucerons, une peste des productions légumières, fruitières et céréalières. À l’automne, cette coccinelle frileuse se cherche, avec quelques centaines de ses amies, un emplacement chaud où passer l’hiver, habituellement en résidence. C’est d’ailleurs cette habitude de former des colonies à l’automne qui a rendu cette coccinelle si intéressante pour la lutte biologique : nul besoin d’élever ces insectes dans un laboratoire, les fournisseurs chinois peuvent facilement en ramasser par milliers juste en parcourant la campagne en novembre. En dormance l’hiver, ces coccinelles se réveillent avec la chaleur, comme vous l’avez constaté. Au printemps, elles quittent votre demeure, si elles peuvent trouver une sortie, pour recommencer un nouveau cycle. […] La population de cet insecte, inconnu au Québec avant le milieu des années 1990, est en pleine expansion et il envahit de nouvelles régions tous les ans. Comme il peut voler sur de longues distances, vous pouvez subir une invasion même si vous êtes loin de toute culture susceptible de l’héberger l’été.»

Chez moi, je prends soin de ces coccinelles. Je leur parle d’ailleurs. En saison, lorsque la température s’y prête, je me rends les déposer à l’extérieur. Mais, aujourd’hui, je les laisse trotter à l’intérieur; par ce froid, elles auraient la surprise de leur vie à l’extérieur. Quoi qu’il en soit, elle trouve sur mon grand terrain une terre bénie, jamais depuis bientôt 40 ans je n’ai utilisé quelque pesticide.

12 commentaires Publier un commentaire
  1. Mildred #

    Très Cher j’ai peur de paraître ”chouenneuse” en voulant produire un commentaire sans chouennage. Par chez-nous de prédire que le printemps reviendra au 15 de mars exactement où qu’il sera prolifique dans pas longtemps même si nous ne sommes encore que le 2 février c’est chouenné…la marmotte a bon-dos ,sale bête qu’elle est de percer ses terriers dans nos champs en culture le printemps venu, j’abhorre les marmottes et autres siffleux de sa famille.

    2 février 2013
  2. Jean Provencher #

    Chère Vous, j’ignore tout de ces mots de «chouenneuse» ou «chouenner». Bien rarement, je n’en ai pas le souvenir, quelqu’un près de moi les a prononcés dans ma vie. Aussi je baigne dans l’ignorance totale.

    Chose certaine, moi, j’aime beaucoup pouvoir lire à distance, par petits traits, la venue prochaine du printemps : le réveil des araignées dans la maison, les coccinelles qui apparaissent soudain, sorties de leur sommeil, les bourgeons des arbres qui, très finement, commencent une grossesse, l’alouette qui sera là bientôt. Il y a plein de ces signes qui nous sont proposés et réjouissent le cœur de qui sait les observer.

    2 février 2013
  3. Mildred #

    Cher vous, c’est sûr qu’aucun chrétien ne vous contredira mais dans notre Charlevoix “”un chouenneux”” prends toute sa place.

    2 février 2013
  4. Mildred #

    Encore moi très cher, le printemps associé au bonheur est un concept bien aléatoire si on reconnaîs que le changement climatique affecte notre planète et que si ça continue comme ça il n’y en aura plus dans pas longtemps des beaux oiseaux dans nos mangeoires….”” mais vous savez bien Lisandre que ça fait peur aux oiseaux…””

    2 février 2013
  5. Jean Provencher #

    Je vais vous dire, chère Vous, moi qui travaille depuis si longtemps sur l’histoire du climat, tout ce que nous vivons en ce moment, nous l’avons déjà vécu. Je veux bien qu’on crie au loup, mais il y a quand même une limite. Les gens me demandent « Nous n’avons jamais vu ça ? Ce sont sûrement les changements climatiques ? » Je leur réponds : « Bien voyons donc. Nous avons déjà vu ça. » Il n’y a pas sur terre de climat plus changeant que celui du Québec.

    2 février 2013
  6. alain gaudreault #

    À la Chandeleur, l’hiver se meurt ou prend vigueur.
    À la Chandeleur, au grand jour, les grandes douleurs.
    À la Chandeleur, grande neige et froideur.
    À la Chandeleur, la neige est à sa hauteur, ce qui signifie que c’est souvent à cette date que l’épaisseur de la neige est à son maximum, au Québec.
    À la Chandeleur, le froid fait douleur.
    À la Chandeleur, le jour croît de deux heures.
    À la Chandeleur, Quéré fait des crêpes jusqu’à pas d’heure.
    À la Chandeleur, Rose n’en sentira que l’odeur.
    Rosée à la Chandeleur, l’hiver à sa dernière heure.
    Si la Chandeleur pleure, l’hiver ne demeure.
    Si le ciel n’est ni clair ni beau, nous aurons plus de vin que d’eau (Bordelais)

    C’est vrai que le climat est changeant dans la vallée du st_Laurent,ça ne m’enpêcheras pas de faire des crêpes ce matin!

    3 février 2013
  7. Jean Provencher #

    Voilà, cher Monsieur Gaudreault. Tout est dit.

    3 février 2013
  8. Mildred #

    Très Cher, vous me nommez tenace, têtu que vous êtes vous-même j’en reviens pas. …

    Charlevoix > Charlevoix (général) [ – 2003]

    Le parler populaire de Charlevoix. Quelques expressions

    Le parler populaire de Charlevoix comporte plusieurs expressions régionales spécifiques dont certaines se sont transmises ailleurs au Québec et surtout au Saguenay-Lac-Saint-Jean.

    Dès 1917, dans son article intitulé “ Au pays des gourganes ” paru dans les Mémoires de la Société Royale du Canada, le folkloriste Marius Barbeau s’intéresse au parler populaire des Charlevoisiens. Il n’hésite pas à affirmer qu’il est possible, lors d’enquêtes effectuées sur le terrain dans cette région, de retracer plusieurs expressions originales qui ne sont pas en usage dans d’autres espaces régionaux du Québec. Cette constatation faite au début du XXe siècle confronte l’opinion de plusieurs historiens québécois qui, à l’instar notamment du chanoine Lionel Groulx, expriment plutôt l’avis que le français parlé au Québec témoigne d’une uniformité certaine d’une région à l’autre. Finalement, grâce à l’apport des ethnologues des Archives de Folklore comme Luc Lacourcière, la thèse de Marius Barbeau s’impose: les enquêtes de folklore réalisées auprès d’informateurs sur le terrain régional québécois dans les années 1940-50 par l’Université Laval confirment que d’un espace régional à l’autre les expressions populaires sont diverses et que certaines d’entre elles demeurent d’un usage strictement local.

    Qu’en est-il spécifiquement pour Charlevoix? L’étude du parler populaire n’est pas qu’un étalage de mots pittoresques. Il faut pouvoir isoler les expressions et les documenter suffisamment afin de décrire un mot d’usage populaire ou encore pour considérer qu’il s’agit d’un parler populaire régional. Souvent, ce travail n’est pas fait et le risque de folklorisation est grand. Sur le fond, le linguiste Thomas Lavoie constate que, pour Charlevoix, outre quelques expressions locales: “ les origines françaises du parler de Charlevoix sont, à peu de choses près, les mêmes que celles trouvées pour l’ensemble du Québec ”. Donc les racines françaises sont les mêmes qu’ailleurs mais il demeure des expressions locales dont le caractère est régional. L’uniformité dans une certaine diversité en quelque sorte et voilà de quoi réconcilier les historiens et les folkloristes du début du 20e siècle!

    Bien sûr, les expressions populaires utilisées dans Charlevoix ne sont pas toutes spécifiques. Plusieurs d’entre elles se retrouvent notamment au Saguenay-Lac-Saint-Jean dont la population se compose à l’origine de personnes en provenance de Charlevoix et qui ont tout simplement apporté avec elles leurs expressions locales. Il est toutefois possible d’isoler des expressions populaires bien typiques de Charlevoix. Nous en soumettons ici une courte liste.

    Chouenne: sans doute un des plus beaux mots du parler populaire de Charlevoix. Le cinéaste-poète Pierre Perrault en a fait le titre d’un de ses recueils de poèmes. La chouenne est une histoire compliquée ou longue. Elle peut aussi qualifier une personne qui a du bagout ou qui conte des histoires “ un chouenneux ” ou une “ chouenneuse ”. Plus spécifiquement, une chouenne est une affirmation qui risque d’être fausse ou peu crédible “ compter des chouennes ”.

    Mal-avenant:: Personne jugée malcommode ou énervante. Souvent un enfant ou un adolescent dissipé ou encore une personne portée à taquiner “ un grand mal-avenant ”.

    Faire simple: avoir l’air idiot: “ tu as fais simple ” ou “ avoir un air simple ”, c’est-à-dire être jugé niais ou un peu ridicule.

    Bigoune: faire les choses de manière compliquée “ cette personne a toute une bigoune! ”

    Menique: expression issue de la région de La Malbaie désignant des gens pauvres à l’allure misérable ou encore excentrique “ ce sont des meniques ”. Parfois accolée à un secteur pauvre de la région: “ des meniques de la route de Sable ”.

    Bicher: embrasser ou caresser, “ bicher un bébé ”

    Le Nichet: le dernier de la famille.

    Les Agès : ce mot désigne les environs de la maison ou encore l’intérieur de celle-ci. “ tu t’accoutumeras aux agès de la maison ” ou encore “ quand tu en connaîtras les agès ”

    Autrefois, les anciens Charlevoisiens utilisaient le mot point à la place de pas: “ Il n’y en a point ” pour il n’y en a pas ou encore: “ ces gens ont point raison ” pour dire qu’ils ont tort.

    Lorsque qu’une personne était sympathique, l’expression courante était : “ il ou elle est d’adon ”. Lorsque le temps des fréquentations survenait, les pères de famille pouvaient inviter les bons prétendants à veiller en leur disant “ mes filles sont ben d’adon ”.

    Toutefois, si au temps de Marius Barbeau ces expressions populaires étaient toujours d’usage courant, il est plus difficile de les retrouver de nos jours. La scolarisation plus généralisée de la population a uniformisé davantage le niveau de la langue parlée dans les régions aussi bien pour Charlevoix qu’ailleurs au Québec. Pourtant, en prêtant bien l’oreille, certaines personnes âgées ou même plus jeunes continuent encore d’utiliser des expressions du parler populaire charlevoisien. Même à notre époque où le langage et les pratiques culturelles s’uniformisent, certains de ces mots suaves résistent au temps pour notre plus grand bonheur!

    Bibliographie:

    Barbeau, Marius. “ Le pays des gourganes ”, Mémoire de la Société Royale du Canada, Série 3, 11, 1(1917): 193-225.

    Lavoie, Thomas. Enquête sur les parlers français de Charlevoix, du Saguenay, du Lac-Saint-Jean et de la Côte-Nord. Chicoutimi, Université du Québec, 1972. i-iv, 225 pages.

    Perrault, Pierre. Chouennes: poèmes 1961-1971. Montréal, Hexagone, 1975. 317 pages.

    Perron, Normand et Serge Gauthier. Histoire de Charlevoix. Québec, IQRC-PUL, 2000. 387 pages.
    (voir pages 218 et 219 pour le parler populaire de Charlevoix)

    Serge Gauthier. Historien et ethnologue. Président de la Société d’histoire de Charlevoix.La Malbaie. 19 juin 2002.

    10 février 2013
  9. Jean Provencher #

    Toute une recherche, chère Mildred ! J’aime beaucoup ces parlers colorés. Il faudrait savoir de quelles provinces de France parviennent celles et ceux qui ont colonisé Charlevoix. Sans doute que ces personnes ont apporté de chez elles ces belles expressions. La langue française était aussi sur le bateau quand on traversait vers ici.

    11 février 2013

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