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La venue des premiers Chinois

Orpailleurs chinois sur les rives du fleuve Fraser, 1864

Les Chinois sont arrivés au Canada en 1858 pour participer à la ruée vers l’or dans la vallée du Fraser, le plus grand fleuve de Colombie-Britannique. Mais ce n’est qu’à l’époque de la construction du der­nier tronçon du Canadien Pacifique, de 1880 à 1886, qu’ils immigrent en grand nombre (17 000) au Canada. Par la suite, grâce à ce chemin de fer, ils entreprennent une longue marche vers l’Est, créant des communautés à Edmonton, Calgary, Lethbridge, Saskatoon, Winnipeg, Toronto, Montréal et Québec.

En 1900, comme Vancouver, la porte d’entrée au Canada, leur est fermée par une loi du Parlement canadien, les Chinois désireux de gagner le pays, passent par San Francisco, traversent les États-Unis, et mettent pied à terre à Sarnia, en Ontario, où ils peuvent prendre le chemin de fer du Grand Tronc. C’est de ce que raconte La Presse, quotidien de Montréal, le 6 juin 1900.

La compagnie du Pacifique a eu pendant plusieurs années le monopole de l’importation des Chinois au Canada. Les rôles sont maintenant changés, car si l’on en croit les derniers rapports, les fils du Céleste Empire s’introduisent maintenant au pays par la voie de Sarnia, c’est-à-dire par le Grand Tronc. Il appert que d’après les statuts refondus, les vaisseaux qui entrent dans nos ports ne peuvent débarquer qu’un Chinois par chaque cinquante tonnes de marchandises qu’ils transportent. Cette loi est actuellement en vigueur, de sorte que le Pacifique n’a pour ainsi dire rien à faire avec les Chinois transportés au Canada. Les Chinois s’embarquent donc à Shanghai ou autres ports de l’Empire du Milieu, d’où ils vont jusqu’à San Francisco. Là, ils sont soumis à l’examen et dirigés sur Sarnia. De ce dernier endroit, ils s’embarquent pour le Canada par voie ferrée et profitent des dispositions de la nouvelle loi pour s’introduire par bandes. Cette loi ne contient aucune clause concernant le nombre de Chinois que le chemin de fer est susceptible de transporter.

Au fil des semaines, des mois, il nous sera donné de parler des Chinois québécois.

Source de la gravure: http://fr.wikipedia.org/wiki/Fleuve_Fraser

8 commentaires Publier un commentaire
  1. Éli #

    Parlons bouffe ! Dites-moi la vérité ! Quelle est l’origine du pâté chinois ?

    8 juin 2011
  2. Jean Provencher #

    Voilà une belle colle que vous me posez, gamine que vous êtes. Nous avons tout écrit sur l’origine du pâté chinois. On a dit que c’était une nourriture de pauvres que les compagnies de chemin de fer donnaient aux Chinois dans les trains. D’autres ont fait valoir que nous avons appris la recette de ce mets des Américains de la Nouvelle-Angleterre, au moment de notre grande émigration. Moi, je penche davantage vers la thèse de l’historienne Hélène-Andrée Bizier. Je n’ai pas la référence précise liée à sa réflexion. Mais nous savons que, pour un bon pâté chinois, il faut du maïs en crème. Or, ce n’est que durant les années 1930 que nous pouvions trouver à l’épicerie ce maïs en crème, en boîte. Je me demande même s’il ne portait pas la marque Ideal. Et ce qui me conforte dans cette thèse de Madame Bizier, c’est que jamais la recette du pâté chinois n’apparaît dans nos livres de recettes antérieurs, du type de La Cuisine raisonnée, des Sœurs de la Congrégation, publié, il me semble bien, pour la première fois en 1912. Le pâté chinois remonterait donc seulement à nos mères ou à nos grand-mères. Cela dit, j’adore le pâté chinois.

    Ouf ! Si vous trouvez mieux, faites-nous en part, diable de diable !

    L’histoire de l’alimentation est captivante.

    8 juin 2011
  3. Éli #

    Merci !

    Diaboliquement vôtre,

    Éli

    9 juin 2011
  4. Vous avez lu le très beau texte de Gabrielle Roy sur un immigrant chinois dans l’ouest? Il y avait à cette époque une société chinoise à Vancouver qui facilitait l’installation des Chinois au Canada.
    Je ne me rappelle pas dans quel recueil c’était mais je me souviens que je m’étais beaucoup attaché à cet oriental qui essayait de survivre dans le plat occident canadien.
    Il me faisait penser à la chanson de Georges Dor:
    Un Chinois reste dans ma rue
    Un Chinois qui courbe l’échine
    On ne l’a pas très souvent vu
    Car tout autour de sa maison il y a un mur de Chine (…)
    Vieux Chinois tu courbes le dos
    Quel est donc ton fardeau?
    Est-ce l’exil que tu portes sur ton dos?

    12 juin 2011
  5. Jean Provencher #

    J’ignore, Victor, ce fort beau texte, dites-vous, de Gabrielle Roy sur un immigrant chinois dans l’ouest du Canada. Si, un jour, vous identifiez une piste quelconque, une référence, pour nous permettre d’y avoir accès, pensez à nous.

    La chanson de Georges Dor, Le Chinois, est en effet magnifique. J’ai moi-même la belle interprétation, très sentie, très vécue, qu’en a faite Pauline Julien.

    Chose certaine, sur ce blogue, à chaque fois que l’occasion m’en sera donnée, je ne manquerai pas de parler de nos Chinois du Québec.

    13 juin 2011
  6. Cher Jean, je viens de trouver la référence sur le net (indispensable compagnon pour mes trous de mémoire). La nouvelle s’appelle “Où iras-tu Sam Lee Wong?” Elle est dans le recueil “Un Jardin au bout du monde”. Voici ce qu’en dit Carol J. Harvey, de l’Université de Winnipeg, dans les Cahiers franco-Canadiens de l’ouest (VOL. 10, No 1, 1998, p. 167-183):
    “Le recueil frappe surtout par l’inscription dans la littérature de l’Ouest de l’immigrant chinois. (…) Pour les habitants d’Horizon en Saskatchewan, où Sam Lee Wong échoue, sa différence fait de cet Oriental un être à part, quasi invisible, sans conséquence. Personne ne se donne la peine de voir, au delà de l’«immense sourire du Chinois mélancolique» (Roy, 1994, p. 56), les traits de l’être humain; personne n’essaie d’abolir la distance. D’ailleurs, l’altérité des Chinois n’était-elle pas officiellement perçue à cette époque comme une véritable infériorité? En effet, la loi régissant l’immigration des Chinois admettait au Canada des hommes, mais ni femmes ni enfants (Kwong, 1984; Bolaria et Li, 1988). Cette loi discriminatoire, qui nie la vie affective des Chinois et fait d’eux des êtres inférieurs, fournit le contexte socio-culturel du récit de Sam Lee Wong, dans lequel Roy offre un discours valorisant de cet homme dévalorisé par le gouvernement et déprécié par les habitants d’Horizon.”
    Je comprends maintenant pourquoi j’ai pensé au Chinois de Georges Dor.

    13 juin 2011
  7. Et voici ce qu’en disait Gabrielle Roy elle-même dans une interview publiée dans le numéro de décembre 1979 de Québec français:
    Sam Lee Wong, qu’on ne dise pas du mal de lui! Son infinie patience, son incroyable docilité au sort, en font, à mes yeux, un être de courage. Qu’aurait-il pu faire d’autre que ce qu’il a fait, seul de son espèce, si loin isolé dans cette Saskatchewan poudreuse de son temps? Sam Lee Wong me sert parfois d’exemple dans sa ténacité silencieuse.

    13 octobre 2011
  8. Jean Provencher #

    Bien beaux propos de notre chère Gabrielle. Je la vois encore, fort belle dame digne, à 80 et quelques années, marcher lentement, rue Cartier, à Québec. Merci, cher Victor.

    13 octobre 2011

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