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Vraiment un signe des temps

Vous vous souvenez, nous disions qu’en 1900, les déménagements avaient lieu les premiers jours de mai et non le 1er juillet. Signe des temps, on constate alors qu’à peine inventé, le téléphone chez soi devient de plus en plus populaire à Montréal.

Et, manifestement, même pour quelques heures, certains ne peuvent déjà plus s’en passer. La Patrie du 6 mai 1905 leur rappelle la patience.

Du premier au cinq mai, la compagnie de téléphone Bell a reçu 2,608 demandes de transporter des appareils d’un endroit dans un autre, ce qui présente une augmentation de près de 1,250 demandes de ce genre sur la période correspondante de l’année précédente.

Un grand nombre de ces demandes furent faites aux bureaux de la compagnie, mais, comme elles devaient être exécutées le 1er mai, on conçoit que la chose était impossible à réaliser.

M. Dewar, le gérant de la compagnie, nous a cité le cas d’un abonné qui, ayant demandé le lundi vers cinq heures du soir de transporter son appareil à son nouveau domicile le lendemain vers dix heures, téléphona entre dix heures et midi environ quinze fois pour savoir pourquoi on n’avait pas encore transporté son appareil !

Il y a vraiment de quoi devenir fou. Les deux cents hommes d’équipe de la compagnie ne peuvent suffire à la tâche à l’époque des déménagements. Il s’agit donc pour les abonnés du téléphone qui ont eu le malheur de déménager de prendre un peu patience et le téléphone sera déménagé : la queue du chat est bien venue! comme dit l’autre.

 

Sur la photographie, voilà mon grand-père Rodolphe Provencher dans son bureau, à Trois-Rivières, durant les années 1920. Le téléphone au mur s’apparente aux premiers téléphones dans les résidences. Au bout du fil, une téléphoniste de la compagnie Bell assurait l’appel fait auprès de l’interlocuteur recherché.

5 commentaires Publier un commentaire
  1. Sylvie Pontbriand #

    Et que dire des lignes rurales! 73 sonnez 3 était notre numéro. Les joies du téléphone à plusieurs, un facebook clandestin pour connaître les derniers potins du village.

    18 mai 2012
  2. Jean Provencher #

    Absolument, chère Sylvie. Je me rappelle que, chez moi, en plein cœur de la ville, notre numéro était le 7184J.

    Par ailleurs, au début des années 1970, mon ami, l’écrivain Jean O’Neil, habitait Sainte-Famille de l’île d’Orléans. Je crois qu’ils étaient au moins trois ou quatre abonnés sur la même ligne. Le nombre de sonneries les distinguait les uns des autres. Deux sonneries, disons, signifiaient que l’appel s’adressait à O’Neil. Lorsque je lui téléphonais, j’entendais les lignes se décrocher, l’une après l’autre, sans que personne ne parle. Et, soudain, voilà que Jean répondait en disant « Je prie maintenant les postes de la chaîne française de se détacher ». C’était drôle à mourir. Mais bonjour les potins et adieu la vie privée, en effet.

    L’écoute sur la ligne s’est faite en ville aussi, je crois bien.

    18 mai 2012
  3. Mildred. #

    Je me souviens d”avoir écouté les conversations des gens du rang nord-est sur la ligne commune de chez marraine dans les années 57-60, c’était excitant pour nous enfants d’entendre tous les bobards des voisins, un peu stressant aussi il faut dire, car si nous les entendions eux aussi pouvaient faire de même et mon père pour préserver notre intimité, qu’enfant ne comprenions pas,limitait nos temps de conversation et de propos sur la ligne conjointe des quatorze abonnés ,que de bons moments…après 60 nous avons eu une ligne à un seul abonné.,fini la rigolade..

    18 mai 2012
  4. Jean Provencher #

    Quatorze abonnés sur la même ligne, chère Mildred ! Ça tenait du « pique-nique », ma foi de dieu !

    18 mai 2012

Trackbacks & Pingbacks

  1. Allo ! Allo ! Central ! | Les Quatre Saisons

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