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Bonne Année !

Dans mes Quatre Saisons, j’écris : Chez tous les peuples, il s’est toujours trouvé un jour de l’An. Certes les calendriers ne concordent pas, mais tous se sont donné un nouvel an. Selon l’historien du sacré, Mircea Éliade, l’homme, pour se régénérer, a toujours éprouvé le besoin de se fixer dans le temps un commencement du monde et de le revivre périodiquement.

Cela se comprend. Sans l’invention du jour de l’An, nous serions tous morts fous. Vous imaginez un instant devoir vivre sans jour de l’An. Supporter sans fin le poids des jours accumulés, le poids des années qui passent et passent. Toujours et longtemps, assumer le rôle de surhomme. Sans pouvoir, au moins une fois l’an, avoir l’illusion de vider le sac de roches, de détacher la bête attelée, de tourner la page, avant de se remettre en route pour une autre année.

Et c’est sans doute notre belle planète bleue, notre joyau, notre esquif dans l’Univers, qui, de par sa rotation régulière autour de son axe et sa révolution autour du soleil, nous a pris par la main, nous indiquant, à son exemple, le chemin vers la nécessité pour la bête humaine de se donner un jour de l’An. Bien avant même notre apparition, cette Terre apprenait le caractère fondamental de la vie : le rythme, la périodicité. Invariablement, après le jour venait la nuit et après la nuit venait le jour. Ainsi en était-il de l’été qui sitôt arrivé s’en allait vers l’hiver, et vice versa.

C’est certain, nous aurions pu placer notre jour de l’An à un autre moment de l’année. Au 16e siècle, au moment des voyages de Jacques Cartier au Canada, le jour de l’An se fêtait le 1er avril, et non le 1er janvier. Mais voilà, par les temps qui courent, dans plusieurs communautés, le voici une dizaine de jours après le solstice d’hiver.

Allez, videz le sac de roches, dételez la charrette, donnez-vous à souffler un brin, voici venu ce moment. À partir de maintenant, le jour est nouveau. À partir de maintenant, d’autres jours nous seront donnés pour recommencer à remplir le sac, la charrette.

Je vous souhaite une fort belle année 2012 !

8 commentaires Publier un commentaire
  1. Denis Bastien #

    Bonne et heureuse année à vous Mr. Provencher.
    Et merci pour votre blog, vous visitez à chaque matin en déjeunant est devenu pour moi un incontournable.
    Vous êtes mon cours d`histoire au quotidien.
    Bon jour de l`an.

    1 janvier 2012
  2. Jean Provencher #

    Merci beaucoup, Monsieur Bastien. Beau jour de l’An à vous de même.

    1 janvier 2012
  3. Bonne année à toi aussi, cher Jean… Cela m’impressionne vraiment de constater les efforts quotidiens que tu consacres à ce site. Longs textes, fort belle expression écrite, informations historiques… Wow! Tout y passe!

    2 janvier 2012
  4. Jean Provencher #

    Merci beaucoup, cher Claude. Je n’ai aucun mérite, j’y prends tant plaisir.

    2 janvier 2012
  5. Pierre Robitaille, théâtre Pupulus Mordicus #

    Bonne année M. Provencher,

    Je viens tout juste de découvrir votre site. Je sens que je vais en devenir un assidu.
    Vous y prenez du plaisir certes mais vous en donnez ô combien!
    Votre passion est une maladie transmissible intellectuellement et elle devrait être à déclaration obligatoire!
    Que l’épidémie soit!

    4 janvier 2012
  6. Jean Provencher #

    Merci beaucoup, cher Pierre. Et mille bravos encore pour votre Gainsbourg, une si belle et incroyable réalisation théâtrale, sortant tellement des sentiers battus. J’y ai tellement pris de plaisir, ce soir-là, au théâtre Périscope, à Québec. Bonne continuité. Il faut que les Français découvrent cette réalisation à leur tour.

    4 janvier 2012
  7. Denis Jobin #

    Ton beau texte sur la nécessité du jour de l’an m’a rappelé celui de Félix Leclerc intitulé : “Les Dimanches”. (http://www.musikiwi.com/paroles/felix-leclerc-dimanches,37973.html)

    Le dernier couplet va comme suit:

    “Mais c’est dimanche qu’on s’arrête
    Comme dans le creux vert d’une baie
    Et qu’on enlève son collier
    Pour oublier qu’on est des bêtes.”

    Bonne Année cher Jean.

    4 janvier 2012
  8. Jean Provencher #

    Merci, cher Denis. Bien belle année à toi. Je ne connaissais pas ce texte de notre cher Félix.

    4 janvier 2012

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