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Décès d’Henrik Ibsen

Le 25 mai 1905, le quotidien montréalais La Patrie annonce le décès du grand dramaturge norvégien Henrik Ibsen (1828-1906).

Henrik Ibsen vient de mourir, à l’âge de 78 ans. C’était sans contredit un des plus grands écrivains de l’époque contemporaine et sa mort mérite mieux qu’une simple mention.

L’illustre dramaturge norvégien a été un puissant créateur, et il a déterminé un courant nouveau dans la pensée universelle. Malgré le symbolisme un peu nuageux de ses œuvres, il a pris d’assaut la critique et l’opinion par la façon aussi nouvelle que vivante dont il traduisait les préoccupations sociales de l’heure présente.

Depuis la mort de Victor Hugo, il partageait avec Tolstoï la suprématie dans le monde intellectuel. Il était entré vivant dans la gloire et sa maison de Christiania était devenue la Mecque, un lieu de pèlerinage pour les tenants de la nouvelle religion littéraire, l’ibsénisme.

La postérité fera sans doute la part de l’exagération, mais elle gardera sûrement et le nom et l’œuvre d’Ibsen.

 

Ibsen a écrit du théâtre qui est passé à l’histoire. Son drame poétique Peer Gynt publié en 1867 connaîtra un immense succès, en particulier lorsque mis en musique par Edvard Grieg et joué pour la première fois au théâtre national de Christiana en février 1876. Présentement, j’écris ces mots sur Ibsen, alors que joue Peer Gynt dans ma maison. J’adore ce qu’en a fait Grieg et je crois bien en avoir trois versions.

À l’intérieur de Peer Gynt, La chanson de Solveig est un chant d’amour magnifique :

L’hiver peut s’enfuir, le printemps bien aimé
Peut s’écouler.

Les feuilles d’automne et les fruits de l’été,
Tout peut passer.

Mais tu me reviendras, Ô mon doux fiancé,
Pour ne plus me quitter.

Je t’ai donné mon cœur, il attend résigné,
Il ne saurait changer.

Que Dieu daigne encore dans sa grande bonté,
Te protéger.

Au pays lointain qui te tient exilé,
Loin du foyer.

Moi je t’attends ici, cher et doux fiancé,
Jusqu’à mon jour dernier.

Je t’ai gardé mon cœur, plein de fidélité,
Il ne saurait changer.

 

Vous imaginez une musique de Grieg, de 20 ans le cadet d’Ibsen, sur ce texte magnifique. La voici.

J’ai fait de la radio à CKRL MF, à Québec, pendant trente-trois ans et, à maintes reprises, j’ai proposé cette belle pièce.

Henrik Ibsen a beaucoup écrit. Ses pièces Maison de poupée et Hedda Gabler sont toujours reprises aujourd’hui.

 

Source du portrait d’Ibsen : la page Wikipédia qui lui est consacrée.

2 commentaires Publier un commentaire
  1. Ne pas oublier UN ENNEMI DU PEUPLE. Vu cette pièce la semaine passée. La mise en scène était celle de l’allemand Ostermeier; elle m’a révélé le génie de cet auteur. Une phrase qui m’a percuté l’oreille:

    Le pire ennemi de la vérité, c’est cette putain de majorité libérale.

    Hedda Gabler m’avait également chamboulée il y a quelques années, Véronique Côté l’avait superbement interprétée.

    7 juin 2013
  2. Jean Provencher #

    Merci, chère Louise. Je devrai être plus attentif la fois prochaine.

    7 juin 2013

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