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Il faut revaloriser les parcs et les places à Montréal

Au printemps 1902, à Montréal, la Commission des parcs fait le tour de quelques-unes des places publiques. Le constat : ces lieux de détente ont besoin de plus de soins, particulièrement pour les populations de condition modeste.

Les échevins et le secrétaire de la commission des parcs et traverses, avec les surintendants de nos jardins, ont fait hier l’inspection de nos places publiques et en sont revenus avec la détermination d’obtenir de la commission des finances un crédit supplémentaire de $10,000 pour mettre nos parcs dans l’état qu’il faut.

Il y a des années et des années qu’on néglige la toilette de nos squares et, pour ne citer qu’un cas, le parc de la rue William, avoisinant le marché à foin, est complètement abandonné et c’est piteux de voir, durant l’été, s’ébattre les enfants dans ce parc devenu champ oublié, rasé, sec, dégoûtant. L’échevin Walsh demandera à la commission des parcs de se rappeler que ce terrain a des fonctions à accomplir, et que la cité doit de l’air aux enfants de ces quartiers populeux.

L’échevin Walsh demandera aussi de convertir en parc public le lot vacant qui atteint à la caserne No 9, rue Centre. Il proposera également que la caserne soit transportée à l’angle Saint-Étienne et Wellington. La caserne serait ainsi le meilleur site et un parc superbe s’offrirait à la population de la Pointe St-Charles.

La commission des parcs, qui semble avoir pris son rôle au sérieux, ne manquera point de favoriser la création de nouveaux parcs et d’améliorer l’état de ceux existant déjà. Il fut un temps où les meilleurs échevins de notre corporation composaient la commission des parcs alors jugée la plus importante. Les prérogatives de ce service ont été grandement amoindries depuis quelques années.

M. L’échevin Couture a pris à cœur la cause des enfants, des femmes et du pauvre monde qui n’a que le square pour toute villégiature. Qu’il soit loué avec ses collègues !

Une des excellentes suggestions faites, hier, au cours de l’inspection, a été celle de l’échevin Martineau qui voudrait voir se prolonger jusqu’à la rue Amherst le square Viger. Toutes les constructions qui bornent à l’Est la place Viger n’ont en effet aucune importance.

En homologuant la rue Dubord jusqu’à la rue Amherst et en prohibant la construction des bicoques qui s’émiettent un peu tous les jours, à l’est de la place Viger, on parviendrait avant longtemps à posséder dans l’Est une place magnifique comme on l’imagine. Sans  compter que l’élargissement projeté du bas de la rue Amherst serait un charmant trait d’union entre le parc Lafontaine et la place Viger.

Au lunch qui suivit cette inspection et auquel furent conviés les journalistes, M. L’échevin Martineau exprima son désir de voir bientôt la cité offrir des prix aux propriétaires des terrasses et des jardins les mieux tenus. Un peu d’émulation aux jardiniers serait grandement profitable à toute la ville.

Le capitaine Chambers, rédacteur municipal du «Witness», fit observer que la Société d’horticulture a déjà institué ce système d’encouragement à l’embellissement de la ville et il démontre que les résultats obtenus par cette société qui ne peut travailler que sur une échelle fort modeste, garantissent que la cité aurait à y gagner en instituant des prix aux terrasses les mieux entretenues.

Extrait du journal La Patrie, 23 avril 1902.

 

L’image d’un grand projet auquel on pense pour le carré Saint-Louis en 1902, une œuvre de l’artiste Paul Caron, apparaît sur le site http://bibnum2.banq.qc.ca/bna/massic/accueil.htm, au descripteur «St-Louis (carré)».

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