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Le millième article

Bien oui, mine de rien, en ce dimanche de neige, voici maintenant le millième article placé sur ce site interactif depuis mai 2011. Grâce à vous, quelle route ! Et puis tiens, pourquoi ne pas fêter ce moment avec notre belle bête à nous, le cheval Canadien.

Voilà la race chevaline la plus ancienne d’Amérique. Elle remonte au Régime français, aux années 1660, à l’intendant Jean Talon. Le roi de France expédie alors 80 chevaux,  probablement choisis parmi les bêtes des haras royaux. Et jusqu’aux années 1840, il n’y aura aucune autre importation de chevaux au pays. Et la race du cheval Canadien se développera petit à petit, passant de 400 têtes en 1692, à 12 757 en 1765.

Ce cheval, fort habitué à la présence humaine, est si utile. On l’attelle pour la moindre sortie. Il accompagne, par exemple, ceux qui courent la guignolée ou le Mardi gras. Le curé l’utilise pour porter le viatique ou faire sa visite de paroisse; l’habitant, lui, pour aller «veiller» ou faire son bois de chauffage. Le cheval travaille aux labours, aux hersages et à la récolte. Il tire la calèche des nouveaux mariés ou le «chariot» du dernier repos. Il aide à la récolte de la glace en hiver. Avec les hommes, il monte dans les chantiers. Bref, il est omniprésent dans la société québécoise.

Au 19e siècle, les Américains jugent excellente la race des chevaux Canadiens. Des marchands viennent acheter nos meilleurs géniteurs. Aux États-Unis, durant les années 1830 et 1840, les meilleurs coursiers du Kentucky seront des chevaux Canadiens. Durant la guerre de Sécession, de 1861 à 1864, les Américains diront que c’est le cheval qui supporte le mieux les rigueurs du conflit. Le surplus de chevaux Canadiens est vendu aux Antilles à bon prix, parce qu’aucune autre race chevaline des États-Unis ne supporte aussi bien les grandes chaleurs et les travaux exigés d’un cheval dans les pays du sud.

Au Québec, cependant, beaucoup s’en désintéressent au profit de races importées. Voici donc le cheval Canadien, «le p’tit cheval de fer», mis en balance avec nombre d’autres races. Toutefois, certains éleveurs réagissent et fondent en 1895 la Société des éleveurs de chevaux Canadiens qui voit à mettre sur pied un registre généalogique pour le cheval Canadien. Et là, lentement, pendant tout le 20e siècle, grâce au travail d’individus amants du cheval Canadien et de quelques politiques gouvernementales québécoises et canadiennes, on empêche le cheval Canadien de disparaître. Aujourd’hui, il est menacé, mais tout de même toujours là, grâce à des vaillants, des femmes, des hommes, qui s’en préoccupent.

C’est un cheval reconnu par tous pour sa très grande rusticité, sa douceur et sa versatilité. De couleur uniforme alézane (brun rougeâtre), baie ou noire, il est parfois porteur d’une étoile au front. On le dit d’utilité générale. Ainsi ce serait le cheval de ferme idéal. Il sert à l’épandage du fumier, aux labours, au hersage et aux récoltes. Sa taille plutôt petite et ramassée en fait un auxiliaire précieux pour les travaux dans le bois. Et on lui a trouvé d’autres vocations, comme celle de cheval de calèche dans les villes.

Vous voulez depuis un moment vous faire un cadeau ? Il existe une production récente, un documentaire magnifique sur le cheval Canadien produit par la maison Shoot Films, de Morin Heights, au Québec. On peut se procurer ce film de 52 minutes au coût de 50$ + taxes (57, 49$) à shoot@shootfilms.ca.

Et puis pourquoi ne pas prendre une minute pour signer cette pétition ? Il y a moins de trois semaines, après avoir vu ce film, une internaute l’a créée pour l’obtention d’une pièce de monnaie canadienne à l’effigie du cheval Canadien : http://www.petitions24.net/le_cheval_canadien_embleme_de_la_piece_de_5_dollars. Il est important que cette belle bête soit dans l’actualité.

Et voici l’adresse du site de l’Association québécoise du cheval Canadien, un site riche d’informations : http://www.chevalcanadien.org/

À l’endos de l’image de ce cheval Canadien, ci-haut, il est simplement écrit : Albert de St Isidore 2663, 5/8/47. Office provincial de publicité, Québec, Service de ciné-réprographie Négatif 37512. À voir la force du poitrail de cette bête, on arrive à «lire» qu’il peut être à la fois un cheval de trait, pour de gros travaux, et un cheval de promenade. Cette polyvalence vient d’une longue évolution, d’une longue vie en terre québécoise. Le cheval Canadien est un véritable patrimoine.

29 commentaires Publier un commentaire
  1. Mon dernier compagnon chevalin, un magnifique Canadien de souche pure, dernier descendant sans aucun apport autre que du sang pur pur pur, lignée des Henryville . une bête merveilleuse, sobre et simple, paisible, courageuse, respectueuse et si fidèle.
    Comme coeur chavire juste a y penser!
    Un cheval ignoré de ceux qui qui croyaient tout savoir … Mais qui m’a tant donné.

    Bon eh bien je pars affronter le vent fou et au retour lecture: un citadin a la campagne, je dois ici m’en confesser, il me semblait pourtant m’être dit, j’y vais au jour le jour et j’ai triché j’en suis rendu en mars…. Comme quoi je ne peux me passer de ce livre, une pure merveille !

    20 janvier 2013
  2. Jean Provencher #

    Merci infiniment, chère Marie, de votre témoignage chaleureux !

    20 janvier 2013
  3. 1000 articles! Il est fort ce cheval ;))) Bravo et salutations. 1000 mercis aussi!

    20 janvier 2013
  4. Jean Provencher #

    Hé, merci beaucoup ! Au Québec, il faut être, on le sait, de p’tits chevaux de fer !

    20 janvier 2013
  5. Bravo pour la persévérance et le contenu toujours très intéressant :-)

    20 janvier 2013
  6. Jean Provencher #

    Merci, chère Michelle.

    20 janvier 2013
  7. Oupss en passant bravo pour le 1000 !
    Félicitation, toujours si intéressant !
    Du pur bonheur !

    20 janvier 2013
  8. Jean Provencher #

    Hé bien, merci, merci, merci !

    20 janvier 2013
  9. Mildred #

    Très Cher, ce millième posts vous honore; comme ce petit cheval de nos contrés vous faites partie de notre caractère national. Vous avez bien plus que moi la ténacité de nos ailleuls pour ne pas perdre notre authenticité.

    20 janvier 2013
  10. Jean Provencher #

    Allez, allez, chère Vous. Bien belle soirée.

    20 janvier 2013
  11. Richard Duchesne #

    merci de parler de notre cheval national , il faut lui faire une grande place dans les médiats , l`actualité etc , nous ne somme qu`une poignées d`iréductibles défenseurs de notre cheval, a ce battre contre l`envahissement des autres races qui eux on souvent une bonne publicité ( ce qui vient d`ailleur est bien meilleur ! )

    Félicitation pour votre 1000e

    20 janvier 2013
  12. Jean Provencher #

    Merci beaucoup, cher Monsieur Duchesne, vous avez tellement raison. Il faut «faire du bruit» pour notre cheval Canadien, ameutez.

    20 janvier 2013
  13. Gilles Racette #

    Merci pour ce bel hommage et sans doute savez vous que dans le 1er livre généalogique de la Société des Éleveurs de Chevaux Canadiens une petite jument appelée Idéale néee en 1904 était la propriété de Stanislas Provencher de St-Pierre Baptiste; son petit fils Alcide vous dira avec fierté que les Provencher du coin étaient tous de fiers propriétaires de chevaux canadiens et que son père, qui avait été pendant longtemps le propriétaire de l’étalon du coin, a aussi passé le courrier avec un petit canadien jusqu’au milieu des années 60.

    20 janvier 2013
  14. Jean Provencher #

    WOW ! J’ignorais cela, cher Monsieur Racette. Cela me fait beaucoup plaisir. Vous savez, il y a une Association des familles Provencher; nous avons notre bulletin (http://www.associationprovencher.org/francais/accueil_f.htm). Je crois que je faire une démarche pour que cette information apparaisse dans notre bulletin. Un motif de fierté. Merci, merci.

    20 janvier 2013
  15. Gerard Lambert #

    S,il etait en mesure de le faire le cheval Canadien vous remercierait de vos propos mais comme ce n,est pas le cas je vais me faire son porte parole et vous remercier d,avoir cchoisi de faire votre millieme article sur cette bete magnifique.

    Le cheval Canadien a ete le principal et toujours fidele allie de nos ancetres dans le developpement du Quebec. Il etait et est toujours une bete infatigable qui peut accompagner son maitre dans toutes les situations. Par contre, malgre sa reconnaissance officielle par le gouvernement du Quebec en 1999 comme une des trois races faisant partie de notre patrimoine animalier,il est toujours meconnus d,une bonne partie de nos elus et des Quebecois. C,est grace a d,infatigables benevoles et supporteurs qui tentent tant bien que mal de le faire connaitre et d,en faire la promotion qu,i la survecu et survit toujours. Des personnes comme vous qui le font connaitre sont malheureusement trop peu nombreuses.

    20 janvier 2013
  16. Jean Provencher #

    Merci, cher Monsieur Lambert. Il faut parler, parler et parler de notre cheval Canadien. Vous avez tout à fait raison. Il nous faut utiliser toutes les tribunes. Sensibiliser les jeunes aussi, même les enfants. D’une manière naturelle, les enfants adorent les bêtes et il nous faudrait utiliser un discours pour les émouvoir à son sujet. C’est tellement un fort belle et bonne bête. Quant aux gouvernements, bien que notre cheval ait été reconnu comme patrimoine à Québec d’abord, puis par la suite à Ottawa, je trouve qu’ils dorment. Pourquoi pas une campagne de publicité sur notre cheval, ça rendrait les gens fiers de son existence.

    20 janvier 2013
  17. Gerard Lambert #

    Je me permets de revenir sur un point de votre argumentation sur les enfants. L,an dernier le Ministere de la culture du Quebec tenait une commission parlementaire dans le but d,amender la loi sur les biens culturels ( Projet de loi 82). Ces amendements a la loi donnait une nouvelle definition de biens culturels y incluant entre autre des paysages. Un memoire a ete presente a cette commission dans le but d,y faire inclure les trois races patrimoniales animalieres en amenant entre autre comme argument que la sauvegarde de ces races debute par la connaissance de leur existence. Le ministere de la culture aurait peut etre pu donner un bon coup de main pour les faire connaitre aux jeunes dans les ecoles. Mais bon quand le vote final eut lieu deux deputes furent en faveur et trois contre.

    20 janvier 2013
  18. Jean Provencher #

    C’est fort dommage. Il va falloir revenir à la charge. S’acharner.

    20 janvier 2013
  19. alain gaudreault #

    Il n’est pas canadien,mais tout de même!
    http://www.youtube.com/watch?v=Bvd1PBwGI4M

    20 janvier 2013
  20. Bonjour,
    Bravo! merci pour les bons commentaires sur notre magnifique cheval canadiens.

    Il est arrivé avec nos ancêtres avec les lettres de noblesse, pour finir avec un titre de pauvreté. C’est bien un triste sort pour un animal qui a contribué énormément au développement de notre pays. Il fût un temps ou nos ancêtres en étaient fières.
    Mon grand-père en possédait un, son cheval était pour lui plus qu’un fidèle compagnon, sans son cheval, notre famille n’aurait pas existée. En plein hiver, ma grand-mère a dû être transportée d’urgence à l’hôpital, à cette époque seule le cheval pouvait traverser le fleuve glacé de la Gaspésie pour sauver du temps.

    Malheureusement la modernisation en a fait un instrument de pauvreté, il a donc perdu tous ses titres de noblesse. Le Québécois est orgueilleux, et la pauvreté n’est pas de mise. Il va donc remplacer son fidèle compagnon, par des machines plus modernes le délaissant ainsi à son triste sort.

    C’est dommage! Aujourd’hui nous sommes qu’une poignée de gens qui réalisent à quel point le cheval canadien a été important à notre pays. La fierté d’un pays est avant tout les gens qui l’ont bâti, reconnaître ses valeurs par ce qu’ils ont accomplies! AVEC QUI? et Pourquoi?

    Le cheval canadien est un excellent cheval polyvalent et robuste, il a su s’adpater à notre pays tout comme nous. Il faut surtout pas oublier ne laisser pas aux autres faire miroiter que l’herbe et plus verte de leur côté, voyez plutôt de leur côté ce qu’ils voient du notre, la vision est nettement plus belle.

    C’est en se donnant la main que nous réussirons à redonner à notre cheval ce qu’il a perdu.

    21 janvier 2013
  21. Jean Provencher #

    Merci beaucoup, chère Madame Shaw. Vous avez tellement raison.

    21 janvier 2013
  22. Jean-Luc Janot #

    Le petit cheval dans le mauvais temps
    Qu’il avait donc du courage!
    C’était un petit cheval blanc
    Tous derrière, tous derrière
    C’était un petit cheval blanc
    Tous derrière et lui devant!

    Il n’y avait jamais de beau temps
    Dans ce pauvre paysage!
    Il n’y avait jamais de printemps
    Ni derrière, ni derrière,
    Il n’y avait jamais de printemps
    Ni derrière ni devant!

    Mais toujours il était content
    Menant les gars du village
    A travers la pluie noire des champs
    Tous derrière, tous derrière
    A travers la pluie noire des champs
    Tous derrière et lui devant!

    Sa voiture allait poursuivant
    Sa belle petite queue sauvage
    C’est alors qu’il était content
    Tous derrière, tous derrière
    C’est alors qu’il était content
    Tous derrière et lui devant!

    Paul Fort (mis en musique par Georges Brassens)

    Et BRAVO à ce vieux cheval canadien de Jean Provencher pour ce 1000ème article!

    21 janvier 2013
  23. Jean Provencher #

    Mon diable, je vais te faire un ébrouement de bajoues !

    21 janvier 2013
  24. Bellaca #

    Bravo pour votre millième!!!
    Je suis tout à fait d’accord avec les propos de Milfred.
    Je ne connaissais pas l’existence du cheval canadien jusqu’à ce que je tombe par hasard sur une reprise des « Belles histoires des pays d’en haut » où l’on raconte que monsieur J. A. Couture, vétérinaire de profession, envoie par train dans les pays d’en haut de ces chevaux canadiens sur les terres de notre Séraphin Poudrier pour qu’il puisse les vendre. Il faut également noter que nous avons la vache canadienne et la poule canadienne (Chanteclerc). Bravo à ces éleveurs et vétérinaires qui oeuvrent pour que cette race se perpétue. Elle fait partie de notre patrimoine.

    22 janvier 2013
  25. Jean Provencher #

    Ô oui, chère Bellaca, il faut se battre, il faut se battre. Il faut tout faire pour sauvegarder les bêtes qui nous furent confiées par celles et ceux qui nous précédaient.

    22 janvier 2013
  26. André Auclair #

    Admirable ! Cher jean, ton 1000 ièm et tu a pensé au cheval Canadien !
    Merci pour ce beau témoignage qui est valorisé par l’historien que tu es.
    C’est un fort bel éloge envers notre patrimoine et j’en profite ici pour dire à chacun que c’est en parti de toi qu’aujourd’hui le Québec a cette notion de patrimoine agricole, car tous les fidèles défenseurs de nos races animales, ces irréductibles, que nous sommes, ont pu bénéficier pour la cause qui nous est chère d’une pareil autorité en la matière.

    Lorsque je revois ton Rapport à la Commission des biens culturels du Québec,
    Le patrimoine agricole et horticole au Québec; État de la situation et recommandations.
    Ce fut pour plusieurs d’entre-nous comme un livre de chevet ou de bonne munition qui ont su renforcé et accroitre chez une partie de la population, cette notion, ce sentiment d’appartenance. On se sentait moins marginal et plus légitime dans nos prises de position, pour la défense de nos races animales et encore aujourd’hui je puis affirmer que le nom de Jean Provencher historien, sur un texte pour le cheval Canadien ou tout autre race patrimoniale est un appui de taille.
    Encore merci,
    Et frappe sur le clou ! frappe le clou ! Avec nous tous !
    André Auclair

    22 janvier 2013
  27. Jean Provencher #

    Comment te remercier, si cher André, si cher battant ! Tu sais, lors de ma longue course à travers le Québec pour préparer cet ouvrage en 1983, j’ai rencontré tant de personnes comme toi, des fidèles, qui se battaient et se battaient, croyant tellement à la nécessité de conserver notre patrimoine, une police d’assurance pour l’avenir, diable. Ce n’est pas d’être vieux, ringard, passé date, que de se battre pour notre patrimoine. Bien au contraire, c’est d’être à l’avant-garde. Durant les années 1970 (!), l’UNESCO a demandé aux peuples du monde de travailler à la sauvegarde de leurs races régionales et de leurs espèces végétales régionales. Nous pourrions en avoir bien de besoin éventuellement, laissait entendre ce bel organisme international. Il n’est pas loin le temps, avec les changements climatiques en particulier, où nous reconnaîtrons, enfin, des personnes comme toi, cher André, du monde qui découvriront que nous sommes en avance, nous qui nous battons pour notre patrimoine, alors qu’ils nous croyaient en retard, ces gueux.

    22 janvier 2013
  28. Gerard Lambert #

    Ce n,est pas pour rien qu,Andre a ete decore de la medaille de l,Assemblee Nationale du Quebec il y a quelques annees pour son travail inlassable a la sauvegarde des trois races animalieres faisant parti de notre patrimoine agricole.

    22 janvier 2013

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