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Décès d’un journaliste aujourd’hui inconnu

Qui nous dira qui fut ce journaliste qui semble avoir eu, quand même, une certaine importance ? Les histoires de la presse québécoise ne le mentionnent jamais. Retour sur une personne un temps publique, un amant de la presse, aujourd’hui disparu à jamais. Le journal montréalais La Patrie nous annonce son décès le 1er mars 1901, à la une.

Morrissette, le bon Morrissette, comme on se plaisait à l’appeler, n’est plus. Il a passé de vie à trépas vers une heure ce matin à l’hôpital Notre-Dame, après avoir été recueilli, à demi-vêtu, sous les combles du vieil édifice de l’ancien Étendard.

Faire la biographie de Ferdinand Morrissette, ce serait retracer l’histoire de plusieurs journaux disparus. Il a collaboré tour à tour à l’Étendard, à la Minerve et au Monde. Il a fondé successivement l’Étoile du Nord, l’Observateur, l’Écho municipal, le Clairon et cinq ou six autres feuilles humoristiques toutes disparues.

Morrissette restait comme un souvenir vivant de ce temps passé, et ceux qui ont vécu en même temps que lui le voyaient depuis quelques années circuler d’un bureau à l’autre, malade et souffreteux.

Depuis quelques années, Morrissette était à la retraite. Il habita deux ans à St-Jérôme où il rédigea un journal qui tomba avec lui. Il revint à Montréal, et, depuis lors, on le voyait chaque jour se promener dans la rue St-Jacques, fumant tranquillement sa vieille pipe et s’appuyant péniblement sur un bâton noueux qu’il appelait orgueilleusement sa canne. Il allait d’un journal à l’autre, s’arrêtant devant les bulletins et lisant attentivement les nouvelles qu’on y donnait. Le soir venu, il se procurait les journaux, et, par les beaux jours, on le voyait assis sur le bord d’une vitrine s’abîmant dans la lecture des faits divers et des articles qui lui rappelaient le temps passé.

Morrissette, dans sa solitude, était devenu maniaque. Il était hanté, disait-il, par des visions fantastiques qu’il attribuait aux esprits. Il donnait à ces visions une signification sérieuse et il s’ouvrait quelquefois à ses anciens amis pour leur faire part des événements qu’il prévoyait dans l’avenir.

On peut dire que Morrissette personnifiait admirablement l’un des bohèmes de Murger. Au temps de sa splendeur, il eut des prodigalités folles, se souciant fort peu du lendemain et laissant au hasard le soin de pourvoir à son existence. Cette imprévoyance lui a été fatale. Car il devint incapable de travailler et dut compter sur la générosité de son frère, M. l’abbé L. R. Morrissette, curé de St-Zacharie, comté de Beauce, qui payait régulièrement sa pension à Mme P. Desjardins, 24 rue Salaberry.

Avec son caractère de bohème, Morrissette aimait à s’égarer dans les lieux où il avait dépensé son ardeur juvénile. C’est ainsi qu’on le voyait quelquefois sous les combles de l’Étendard, parcourant les diverses pièces qu’avait habitées son vieux devancier, le bonhomme Guay, une autre figure de Bohème disparue il y a quelques années. C’est là qu’on l’a trouvé, hier soir, gisant sur le parquet et en proie aux premières convulsions de l’agonie.

Il a été transporté à l’hôpital Notre-Dame où, comme nous le disions au début, il a rendu le dernier soupir vers une heure ce matin, à l’âge de 43 ans.

Que son âme repose en paix.

Ce portrait de Joseph-Ferdinand Morrissette accompagne l’article à la une de La Patrie du 1er mars 1901. Quelqu’un en sait-il davantage sur ce journaliste ?

3 commentaires Publier un commentaire
  1. Jean Provencher #

    Vous remarquerez, lorsqu’on présente Morrissette, on semble vraiment se fier seulement à cet article de «La Patrie» du 1er mars 1901. Encore qu’on ne s’en inspire même pas fidèlement. On le dit fondateur du journal «La Minerve », alors que «La Patrie» affirme qu’il en fut collaborateur. À défaut de nouveaux renseignements biographiques sur Morrrissette, il faut s’en remettre à cet article de «La Patrie». Mais les deux adresses ci-jointes nous donnent une bonne idée du style de l’homme à l’heure où les articles dans la presse de l’époque ne sont à peu près jamais signés.

    http://www.scribd.com/doc/7795285/LouisFerdinand-Morissette-Contes-et-nouvelles
    http://www.scribd.com/doc/7795283/LouisFerdinand-Morissette-Le-fratricide

    10 mars 2012
  2. Joseph-Ferdinand MORISSETTE, journaliste et écrivain

    Article publié par l’Association des familles Morissette inc.
    à la page 7 de son bulletin LA MORICETTERIR #56 de juin 2004.

    Qui est le Joseph-Ferdinand Morissette dont nous avons mentionné l’existence comme journaliste et écrivain dans une anecdote du bulletin #37 de janvier 2001?

    Ses parents, Jean-Baptiste et Caroline Vaillancourt, s’épousent
    le 24 novembre 1840 dans l’église Saint-Roch de Québec et
    s’établissent dans cette paroisse. Plusieurs enfants y naissent dont
    Elzéor-Télesphore, Joséphine-Alvina, Gaudiose-Alfred, Caroline
    et Joseph-Ferdinand qui y est né vers la mi-septembre 1857.
    Après ses études, il quitte Québec pour aller travailler à Montréal. Agé de 21 ans, il y épouse Suzanne Lamoureux le 12 novembre 1878 dans la paroisse St-Jacques. Il fonde plusieurs journaux éphémères tout au long de sa courte vie:

    Le Musée canadien (une seule édition en 1875),
    L‘Éclaireur de Québec,
    Le National de Saint-Jérôme,
    L’Étendard,
    La Minerve,
    Le Monde,
    Le Feu-Follet (deux seules éditions en 1892 et 1893),
    Le Combat…….

    Il publie aussi deux volumes qui sont disponibles sur internet à la Bibliothèque électronique du Québec:

    a) Au coin du feu, un livre de 113 pages de nouvelles, récits et
    légendes publié en 1883 par l’Imprimerie Piché Frères de
    Montréal.
    b) Le fratricide, un livre de 189 pages publié en 1884 par
    Eusèbe Sénécal & Fils de Montréal comprenant un roman et trois
    récits: Le fratricide, un roman canadien, Albertine et Frédéric,
    une nouvelle, Douleurs et larmes, un récit et Un revenant, une
    légende.

    Il décède dans une extrême pauvreté à Montréal le 1er mars
    1901 à l’âge de 43 ans 5 mois et 13 jours. Il est inhumé le
    lendemain dans la concession H-352 du cimetière de la paroisse Notre-Dame de Montréal. Il laisse une fille, Edouardine, qui contractera 2 mariages à Québec. Descendant des Morissette de Cap-Santé, voici sa lignée généalogique:

    1) Nicolas Morisset + Marie Thomas
    mariage vers 1644 à Thouarsais, France
    2) Mathurin Morisset + Élisabeth Coquin
    mariage le 9 janvier 1690 à Neuville, Qc;
    3) Pierre Morisset + Geneviève Gaudin
    mariage le 21 novembre 1729 à Neuville, Qc;
    4) Joseph Morissette + Josephte Matte
    2ième mariage le 31 août 1767 à Cap-Santé, Qc;
    5) Joseph Morissette + Marguerite Marcotte
    mariage le 25 octobre 1796 à Cap-Santé, Qc;
    6) Jean-Baptiste Morissette + Caroline Vaillancourt
    2ième mariage le 24 novembre 1840 à Québec, Qc;
    7) Joseph-Ferdinand Morissette + Suzanne Lamoureux
    mariage le 12 novembre 1878 à Montréal, Qc;
    8) Edouardine Morissette + Roméo Delisle
    1er mariage le 12 décembre 1912 à Québec, Qc;
    Edouardine Morissette + Ulphi Bertrand
    2ième mariage le 14 août 1926 à Québec, Qc;

    15 mars 2012
  3. Jean Provencher #

    Merci beaucoup, monsieur Morissette.

    15 mars 2012

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