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Alerte dans les ténèbres

 

Qui va là ?

La ville de Trois-Rivières étant plongée dans l’obscurité par suite d’un accident aux machines électriques, la police se met en chasse et poursuit des voleurs. Ce qu’elle trouve.

Samedi, la North Shore Power Company faisait donner avis, par le crieur public, qu’à partir du milieu de la nuit jusqu’au lendemain matin, le courant électrique fournissant l’éclairage des rues et des maisons serait supprimé, afin de permettre aux employés de cette compagnie de travailler, sans danger, à certaines réparations nécessaires et urgentes aux appareils électriques.

Or, à minuit sonnant, notre ville était plongée dans les ténèbres intérieures et extérieures, et pour ceux qui étaient obligés de sortir à cette heure-là, ils avaient toutes les peines du monde à trouver leur chemin, tant l’obscurité était profonde dans les rues, à l’approche de l’orage qui éclata plus tard.

Pendant ce temps d’obscurité, c’est-à-dire vers 2.15 heures du matin, la police était avertie par téléphone que des voleurs s’occupaient à visiter les cours des résidences de la partie nord de l’avenue Laviolette, et qu’ils se guidaient à l’aide d’un fanal, que l’on avait vu jeter un peu de lumière sur leur passage, dans les profondes ténèbres de la rue.

Nos gardiens de la paix se hâtèrent de se rendre à l’endroit indiqué, et commencèrent une chasse en règle dans tous les sens; mais de cambrioleurs ils n’en trouvèrent point, et rien ne semblait avoir été dérangé nulle part. Ils n’en continuèrent pas moins leurs recherches pour s’acquitter consciencieusement de leur devoir, toujours, cependant, avec le même résultat.

Mais quelques instants plus tard, ils découvrirent que la lumière ambulante que les particuliers avaient vue dans la rue et à l’entrée des cours n’était autre que celle de la lanterne-sourde de M. Théodule Beaulieu, gardien de nuit des propriétés, qui, avant l’alarme donnée à la station de police, par téléphone, faisait sa ronde nocturne habituelle, dans l’intérêt de ceux qui lui confient la protection de leurs résidences contre les voleurs.

Source : La Presse (Montréal), 31 juillet 1906, p. 11

 

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