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Il faut que je vous parle de l’excellent ouvrage de Jacques Tassin, chercheur français en écologie végétale au Cirad (Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement) à Montpellier, en France

J’essaierai d’y revenir le plus souvent possible, à travers mes nombreuses observations à la campagne, car l’ouvrage est capital par les temps qui courent.

Depuis Aristote, en passant par Galilée, Descartes et tant d’autres, nous nous sommes crus supérieurs, à cause de notre raison supposément, supérieurs à tous les autres vivants… et nommez-les.

Or, nous avons perdu en chemin, assez rapidement d’ailleurs, la sensibilité que nous avons et que tous les autres vivants ont. Notre pont entre tous. Le pont avec le cheval comme avec l’oiseau, le champignon, la fleur, l’arbre ou simplement la mousse sur un caillou. C’est par la sensibilité que nous pouvons accéder à l’autre vivant.

Commençons par les toutes dernières lignes du livre de Jacques Tessin. Nous découvrirons au fil des jours, des mois, à travers ce livre le cheminement de l’auteur. Mais d’abord, ses derniers mots. Un cri poli. Un appel… dans la nuit. Un espoir.

C’est cette continuité, ce va-et-vient entre la raison et le sensible, qu’il s’agit de rétablir. Pour ce faire l’écologie devrait être davantage animiste, du côté de l’anima constitutive du vivant et de la formidable continuité qu’elle sous-tend. Nous devons désormais penser notre monde avec lui, en êtres vivants présents parmi d’autres êtres vivants.

L’humain est convié à réhabiter la Terre dans la multiplicité des mondes qui la constituent. Il est invité à en redevenir l’humus, selon un ferment fécond, qui faute d’humilité, continuera de se transmuer en venin. Nous devons réapprendre à accompagner le vivant comme le berger accompagnait ses moutons en entrant dans leur Umwelt [ce monde perceptif et d’action qui est propre à tout vivant] et en apprenant d’eux ce qu’il pouvait leur apprendre au service d’une coexistence.

Notre devenir s’inscrit dans notre réincarnation à notre Terre. C’est cette continuité de chair, cette réciprocité sensible qu’il nous revient de retrouver. Or, autour de nous, cette continuité frémit et se rassemble. Dans cette nuit qui nous enveloppe et nous laisse aveugles, mille lucioles s’élèvent, nous informent d’un monde à venir. L’aube, déjà point.

 

Jacques Tassin, Pour une écologie du sensible, Paris, Édition Odile-Jacob, 2020, p. 182.

Voir aussi cette réflexion importante de Tassin qui apparaît sur le net.

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