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Salut, cher Louphoque

J’habite un quartier comme jamais auparavant il ne s’est trouvé autant de chiens. J’arrête souvent d’ailleurs pour m’informer du nom du chien et échanger quelques phrases avec celle ou celui qui tient la laisse. Mais Loufoque, pour moi, demeurera toujours l’unique. Il était d’une grande bonté de chien, d’une tolérance incroyable et d’une patience sans fin.

Nicole Duquet, sa propriétaire, l’appelait Louphoque, car, disait-elle, il a une tête de loup et un corps de phoque et il a connu une histoire loufoque. Avant-hier, en soirée, elle m’envoyait ce message et m’a donné la permission de le placer sur la grande toile.

Bonsoir M. Provencher,

 Désolé de venir vous déstabiliser dans votre lecture, ou peut-être l’écriture, mais comme vous avez été dans les premières personnes à l’aimer fidèlement jusqu’à ce jour, j’ai aimé croire qu’il était votre »pitouchouchou ». Vous avez été le dernier à le voir mardi le 4 septembre. Hé oui, vous devinez bien la mauvaise nouvelle.

 Louphoque n’est plus.

 Jamais à ce moment-là je ne pouvais m’imaginer qu’il était en fin de vie. Le mercredi matin, il ne se levait plus, j’ai dû le prendre dans mes bras pour aller faire ses besoins, il avait beaucoup de difficultés à se tenir debout, ça a été comme ça jusqu’à vendredi soir. J’étais loin de m’imaginer ce qui se « passait dans sa tête ».

 Je me suis rendu à l’hôpital…………………le choc du diagnostic…………………….c’est la fin …………….paralysie.

 Une liste interminable de traitements avec une longue hospitalisation et l’assurance qu’il ne reviendra pas comme avant et bien sûr avec un gros budget$$$$$ que je n’ai pas.

C’est sa qualité de vie sur quoi j’optais, j’ai dû me rendre à l’évidence de le laisser aller au paradis des canins.

Avant de le laisser partir, il a eu droit à un calmant qui lui enlevait la douleur tout en le laissant présent. Je lui ai offert un festin royal, on ne meurt pas le ventre vide, gourmand comme il était.

Donc nous avons eu droit à toutes ses finesses, nous faire des sourires (c’est-à-dire ouvrir sa gueule), nous donner la patte et nous faire des bye bye, il le faisait allégrement à répétition, même à la vétérinaire qu’il ne connaissait pas, elle s’excusait souvent parce qu’elle pleurait, elle n’avait jamais vu ça un chien nous faire ses adieux de la sorte, oui c’était émouvant et triste à la fois.

C’est 3 jours plus tard que je partais marcher sur le chemin de Compostelle, j’avais toujours en tête que Louphoque m’avait littéralement mise en forme pour faire ces 200 kilomètres. Curieusement, j’ai eu droit à au moins une vingtaine de chiens au minimum qui sont venus marcher avec moi comme ça pendant quelques kilomètres et après disparaître.

Ce fut comme ça à chaque jour, un pas à la fois et un chien à chaque fois.

J’ai laissé sa médaille sur le chemin sur un très joli monticule de petits cailloux devant un paysage à couper le souffle et j’avais avec moi 3 chiens (noir et blanc) qui m’accompagnaient, je leur ai fait sentir sa médaille, ils se sont assis doucement près de moi, m’ont senti les pieds qui devaient sentir Louphoque, nous avons marché ½ heure ensemble, bien sûr le cœur triste, mais heureuse d’avoir été aussi bien accompagnée, ça n’enlève pas la peine, mais ça facilite la prochaine étape.

La vie est différente sans ce chien, mais j’ai eu le privilège et une chance extraordinaire d’avoir un Louphoque exceptionnel. Je lui ai donné une qualité de vie, une belle vie de chien. Mais lui il a vraiment amélioré la mienne, que ce soit la forme physique, il m’a fait rencontrer de belles personnes, il a fait de la zoothérapie, enlevé la peur des chiens à des enfants et des adultes, protégé mon chat, il a provoqué beaucoup de sourire, bref ! il a fait du bien ce gentil chien.

Il est parti, mais je peux dire que sa mission fut non seulement accomplie, mais elle fut plus que parfaite.

Merci de l’avoir aimé, tous les gens qui aiment les animaux rendent les maîtres et maîtresses de meilleures personnes dont vous avez été.

On se reverra sans « sa laisse », mais nous sommes assurés qu’il nous « laisse » que de bons souvenirs heureux.

P.S. ouais, moi qui voulait faire une petite histoire… c’est quasiment une série  pour la télé………………..ça s’vendrait bien ça… hein !!!…………ha!ha!

Je vous souhaite un bel automne dans vos projets d’écriture qu’ils soient « aux poils ou pas  »…………..hé oui, il y aura un grand absent, il restera dans notre cœur…

Votre voisine………………….@n!cÔLe

5 commentaires Publier un commentaire
  1. Mariette Provencher #

    Une histoire magnifique, à la fois belle et triste comme celles qui nous marquent. Loufoque ne quittera jamais sa ‘maman’, il continuera de veiller sur elle. Je n’ai pas eu le plaisir de connaître cet animal merveilleux mais je sais que je reviendrai lire son histoire. Aujourd’hui il m’a fait verser quelques larmes, mais je me sens déjà accro à l’émotion qu’il m’a procurée. Repose en paix, Loufoque.

    10 octobre 2018
  2. Jean Provencher #

    Merci beaucoup de ce message. C’était vraiment une bête adorable, Mariette. Il prenait même soin du chat de sa maîtresse, un chat de 17 ans qu’il lavait. Merci encore, ce message de Nicole m’a beaucoup ému aussi.

    10 octobre 2018
  3. Mariette Provencher #

    Je viens de réaliser que j’ai fait une erreur dans le nom de Louphoque. Où que tu sois sur ton petit nuage, pardonne-moi d’avoir maltraité ton joli nom, Louphoque.

    10 octobre 2018
  4. Belle Acadienne #

    Il y a de ces petites bêtes qui après leur passage sur terre nous laissent un souvenir impérissable.
    De là où ils sont maintenant, ils veillent encore au bien-être de ceux qui ont croisé leur chemin.
    Je reviens tout juste d’un voyage au Nord de l’Italie, les Italiens sont vraiment accros à leurs petites bêtes.

    11 octobre 2018
  5. Jean Provencher #

    Merci beaucoup, Belle Acadienne. Ce Louphoque était vraiment un être de grande bonté et rien chez lui ne tenait de la violence, bien au contraire.

    11 octobre 2018

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