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La parution d’un livre d’Arthur Buies est toujours tout un événement

Et cela me plaît tant, car l’écriture de Buies a tellement bien vieilli. Voici qu’une nouvelle édition de ses Chroniques canadiennes paraît chez l’éditeur-imprimeur Eusèbe Sénécal et fils à l’automne 1884, et un chroniqueur anonyme lui rend hommage dans le quotidien La Patrie.

La publication d’un livre, d’une brochure, d’un article ou écrit quelconque de M. Buies crée toujours une sensation dans le public canadien, tout le monde veut le lire. Quelles que soient les idées de l’homme comme écrivain, il s’impose, et il est un des rares que l’on cite, que l’on relie et que l’on va chercher dans sa bibliothèque aux heures d’ennui, de spleen ou de découragement passager, pour se remonter le moral, chasser les noires vapeurs de l’esprit et s’égayer alors même que tout en soi était tristesse ou dégoût.

Ce n’est pas à nous de faire l’éloge de notre collaborateur et, du reste, cet éloge serait superflu ; M. Buies veut être là, critiqué, jugé, et non pas louangé. Les quelques flatteries, la plupart stéréotypées, que la presse croit devoir faire de temps à autre à certains écrivains, comme une sorte d’encouragement, ne sont pas de mise cette fois, on nous trouverait ridicule de les répéter à cette occasion-ci et M. Buies en serait humilié. […]

Maintenant que les lecteurs sont prévenus, il ne dépendra que d’eux de passer quelques heures agréables en parcourant au hasard n’importe quel chapitre des « Chroniques » et, quand ils l’auront lu, ils continueront et ainsi de suite jusqu’à ce que tout le livre y passe.

Le goût de la lecture a fait bien des progrès depuis une quinzaine d’années et nous ne doutons pas que M. Buies ne soit peut-être bientôt obligé de faire faire une quatrième édition de ses œuvres si populaires et si vantées de tous ceux qui lisent dans notre pays.

 

La Patrie (Montréal), 28 octobre 1884.

À quand une photographie d’Arthur Buies dans le hall, à l’entrée de la Maison de la littérature, rue Saint-Stanislas, à Québec ? Ce serait si simple. Et les jeunes qui défilent dans cette maison, croyant souvent être déjà arrivés, se demanderaient peut-être qui est cet homme. Ce grand écrivain a longtemps habité Québec, rue d’Aiguillon en particulier, et repose au cimetière Belmont.

L’illustration est celle de la page-titre d’un ouvrage de d’Arthur Buies. Et ce sapré bonhomme ne s’est même pas soucié d’avoir son nom sur cette page.

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