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Bonaventure, dans la baie des Chaleurs, une paroisse acadienne

bonaventure en hiver

Le correspondant du quotidien de Québec, Le Canadien, s’y arrête.

En 1762, treize familles acadiennes, qui depuis deux ans étaient traquées par les autorités anglaises et vivaient dans les bois avec les sauvages, se décidèrent à se fixer sur les bords de la rivière Bonaventure. Ils furent les fondateurs de cette paroisse toute acadienne, aujourd’hui une des plus belles et des plus prospères de la Gaspésie.

Disons de suite que la population de St-Bonaventure, qui s’élève aujourd’hui au chiffre de 1,600 âmes, est très religieuse, d’un zèle défiant pour toutes les bonnes œuvres, profondément respectueuse pour le prêtre et d’une morale exemplaire. Vous rencontrez parmi ces descendants d’Acadiens, grand nombre de ces familles patriarcales, dont la vivacité de la foi et la fermeté des mœurs rappellent les temps primitifs du christianisme.

Ajoutons, ce qui ne peut nuire, que la physionomie douce et intelligente des paroissiens de St-Bonaventure prévient en leur faveur, et que leur hospitalité proverbiale leur a gagné l’estime et le respect de tous ceux qui les connaissent. […]

Le premier missionnaire qui ait fait sa résidence à Bonaventure et qui probablement a donné son nom à l’endroit fut le Révérend Père Bonaventure, Récollet. […] Les progrès de cette localité furent d’abord lents. La pêche était l’occupation principale de ses premiers habitants. […]

Un pont, jeté sur la Bonaventure, réunit aujourd’hui les deux rives de cette rivière qu’il était autrefois toujours difficile et souvent dangereux de traverser en chaland. Le bois nécessaire à la construction de ce pont a été fourni volontairement par les habitants de la localité.

Heureusement pour les Bonaventuriens, la morue s’est éloignée des côtes de la Baie des chaleurs; ils ont dû, pour vivre, dépendre plus sur la culture des champs, et les progrès en agriculture sont maintenant de jour en jour plus rapides. Le manque d’un marché pour les produits agricoles se fait vivement sentir ici comme ailleurs dans la Gaspésie, et les gens appellent de tous leurs vœux un moyen facile de communication avec les grands centres.

En arrière de Bonaventure se rencontrent des terres magnifiques où une population de 10,000 ou 15,000 âmes vivraient à l’aise.

La pêche au hareng est ici productive et, avec ce qui reste de la pêche à la morue, est une ressource importante et précieuse pour les habitants du lieu.

 

Le Canadien (Québec), 12 avril 1884.

L’illustration provient du site internet de la ville de Bonaventure.

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