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Que s’est-il donc passé à Saint-Élie-de-Caxton, le pays du conteur et chanteur Fred Pellerin ?

saint elie de caxtonJe trouve bien des étrangetés dans la presse québécoise ancienne, mais jamais encore il ne me fut donné de lire un propos aussi mystérieux. Sous le titre «Un étrange phénomène», Le Sorelois du 23 mai 1883 nous offre ce texte.

À St-Élie, comté de Maskinongé, l’un des phénomènes les plus extraordinaires dont on n’a jamais eu d’exemple en Canada s’est produit sur la rivière Yamachiche, vers neuf heures lundi soir. Les habitants furent subitement éveillés par un bruit épouvantable, et l’on aurait cru que les arbres, qui sont gros et nombreux en cette localité, se brisaient.

L’on s’aperçut que plusieurs morceaux de terre s’étaient déplacés, traversant la rivière en certains endroits sans dégât, ailleurs s’arrêtant au beau milieu de la rivière qui se trouvait complètement bloquée sur une distance d’un mille.

Non seulement des champs, mais une partie du bois, des arbres ont été emportés.

Un cultivateur se plaint de la perte de quelques arpents de terre et il montre à une assez bonne distance la terre qu’il avait labourée la veille.

Un autre cultivateur de la rive opposée est dans la jubilation, car une sucrerie qui lui appartient, et qui autrefois était située sur l’autre côté de la rivière, a traversé pendant la nuit et a été amenée à l’extrémité de sa terre.

Il s’est formé dans la forêt un lac d’une trentaine de pieds de profondeur [un peu plus de 9 mètres]. Des billots, qui descendaient à la dérive dans la rivière vers la scierie, sont couchés pêle-mêle dans les champs, avec des érables, des ormes, etc., que les eaux ont déracinés. Les habitants trouvent un grand nombre de poissons dans leurs champs.

La rivière, ne trouvant pas d’issue, a monté rapidement, et l’on redoute un désastre.

Un grand nombre d’hommes ont travaillé aujourd’hui pour pratiquer un chenal, d’autres se joindront à eux demain, et l’on espère qu’ils pourront faire rentrer la rivière dans son lit.

Si la catastrophe était arrivée une heure ou deux plus tôt, on aurait eu à déplorer la perte d’un grand nombre de vies, vu qu’une vingtaine d’hommes travaillaient au flottage des billots sur le bord de la rivière.

Un vieillard de 80 ans dit qu’il y a cinquante ans une catastrophe semblable est arrivée à St-Léon, à une distance de 15 milles de St-Élie.

 

L’image du village de Saint-Élie-de-Caxton vu du haut de la montagne du Calvaire apparaît sur la page Wikipédia consacrée à cette municipalité.

2 commentaires Publier un commentaire
  1. Il faut faire parvenir ce texte à Fred P. Il y a là des matériaux pour un conte. Peut-être l’avez vous déjà envoyé.

    Merci

    9 mai 2015
  2. Jean Provencher #

    Son compte Hotmail semble en panne, chère Christiane, sur son site internet. Impossible alors de le rejoindre par courriel Hotmail.

    9 mai 2015

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