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Ah les ruses de la publicité (Seconde partie)

Hier, nous avons commencé à tourner les pages d’un petit volume de W.-A. Grenier, La Science de la réclame. L’auteur, un publicitaire, est vendu à la cause, c’est certain, mais son ouvrage est tout de même fort étonnant en cette fin de 19e siècle. Suite et fin de notre consultation de son ouvrage.

Avant l’an 1826, la publicité n’existait qu’à l’état le plus rudimentaire.

Ce fut Émile de Girardin qui, en fondant le journal à grands tirages et à bas prix, porta un coup mortel à l’annonce par voie des affiches, grandes et petites, des calendriers, des almanachs et surtout des circulaires. On peut se demander, comment il se fait qu’au moment, où de Girardin opéra sa révolution dans la presse, il y avait si peu de marchands recherchant la fortune et le succès, par voie de la publicité journalistique. […]

La publicité par circulaires, affiches, almanachs, fut suivie de quelques bons résultats, à l’origine; elle avait pour elle le cachet de la nouveauté et de la rareté, mais on ne tarda pas à s’apercevoir que ce genre d’annonce était illusoire et de fort modeste portée. Quand la presse à bon marché parut, les marchands s’empressèrent de lâcher cette méthode peu satisfaisante, peu féconde en bon résultats. Plus tard, on vit les cirques et les théâtres ressusciter les grandes affiches pour les besoins de leur publicité ronflante, mais on vit aussi leurs propriétaires courir les bureaux des journaux et acheter à prix d’or des colonnes et des pages pour faire connaître leurs “attractions.” Il n’existe pas d’impressario qui ne compte pas les rapports des feuilles quotidiennes comme sa meilleure réclame et la voie la plus efficace pour faire de son entreprise et de son spectacle une affaire payante. En illustrant leurs affiches d’éclatantes couleurs, dignes du pinceau d’un Chéret, les impressarios veulent frapper l’imagination et exciter la curiosité du passant.

L’agent d’un des plus grands cirques du monde, cirque qui nous a visité l’an dernier, nous disait : ces tableaux piquent la curiosité des enfants qui forment une grande partie de nos spectateurs aux matinées; ils constituent d’un autre côté le journal des illettrés. Vous le savez, nous ne faisons que passer dans une ville et il nous faut promptement empoigner notre public. Par le journal, nous arrivons au peuple qui lit et qui constitue la majorité; par l’affiche en couleurs nous atteignons ceux pour qui le journal est une énigme, un livre fermé. L’affiche annonce notre visite d’une façon analogue aux signes d’un muet; le journal est le héraut qui crie aux quatre coins du pays « ce que nous sommes, ce que nous offrons, ce que nous valons ». C’est Barnum qui dota le monde des spectacles de ces grandes affiches en couleurs que l’un de ses successeurs appelle « le journal des illettrés.”

 

Et voici la conclusion de cette ouvrage de W.-A. Grenier :

Nous sommes en un siècle, où se réalise pleinement l’axiome « l’homme est fils de ses œuvres.”

Tout le monde convoite la fortune; tout le monde cherche les moyens d’y arriver.

L’expérience des derniers cinquante ans prouve manifestement, comme l’a dit Wanamaker que “l’Annonce est la mine aux millions.” Si donc, l’on veut prospérer, on n’a qu’à saisir ce levier tout-puissant, dans le monde commercial : “l’Annonce ” ; l’employer avec intelligence et persévérance et l’on arrivera.

Les rois du commerce n’ont pas employé d’autre instrument, en notre siècle, pour se tailler une place au soleil, se créer un grand nom, et se faire des millions. Que l’expérience des autres nous serve de leçon; comme eux nous faisons le « Struggle for life”; comme eux nous poursuivons le Mighty Dollar ; la publicité, cette déesse Renommée des Anciens, est là, toute ailée, armée de sa trompette aux cent voix, prête à nous emporter dans sa course rapide et à chanter partout notre nom.

Qui refuserait de la suivre, qui ne voudrait pas, à son tour, éprouver que “l’annonce, c’est le million.”

À l’œuvre donc et que la fin du dix-huitième siècle [sic] ne trouve personne, rebelle à la voix qui crie :

« Pour acquérir l’argent et la célébrité,
Empruntons les cent voix de la Publicité,
À cela tient la réussite.”

 Vous trouverez l’entièreté de ce document à l’adresse suivante.

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