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Pourquoi la femme canadienne est-elle si fraîche?

La Gazette de Joliette a trouvé la réponse dans le Morning Times, de Lowell, et publie l’article de ce journal de la Nouvelle-Angleterre le 6 septembre 1894.

On a beaucoup commenté en ces derniers temps, dit notre confrère, la fraîcheur et l’éclat de nos femmes canadiennes. On les a expliqués par le climat de leur pays, leurs habitudes simples et par trop régulières, et par d’autres raisons différentes; mais l’un des meilleures explications a été donnée récemment par une femme, médecin capable, qui a soigné, dit-elle, plusieurs dames de la première société du Canada.

Elle prétend que celles-ci mangent assez de conserves au vinaigre, de confitures, de sucreries et de riche nourriture pour détruire complètement la digestion d’une Américaine. Leur diète est atroce sous plus d’un point, déterminée par les lois hygiéniques. Le secret de leur santé et de leur force, surtout parmi les femmes mariées, s’il faut en croire cette déclaration, est que, lorsque les filles canadiennes se marient, elles acceptent les responsabilités inhérentes à leur nouvelle condition, non seulement sans protestation, mais avec un certain degré de bonne volonté.

Elles combattent rarement la nature, mais prennent un soin excellent de leur corps, et, en conséquence, elles ont meilleure santé et plus de jouissances qu’un grand nombre de leurs sœurs américaines.

Questionnée quant à la véracité de ce fait, une dame canadienne, remarquable par sa fraîcheur et son air de jeunesse, bien que mère d’une nombreuses famille, dit : Quand les jeunes filles canadiennes se marient, elles admettent que, si elles doivent avoir une nombreuse famille, le parti le plus sage pour elles est de prendre la chose de bonne grâce, d’avoir soin d’elles-mêmes et faire de leur mieux pour rendre leurs enfants heureux et leur foyer agréable. Quand les enfants ont grandi ou commencent à grandir, la mère sait qu’elle a bien gagné un peu de récréation et d’amusement.

Les plus âgés apprennent à prendre soin des plus jeunes, et, dans toutes les familles canadiennes bien élevées, tout va presque aussi bien à cœur d’année, même si la mère s’absente un tiers du temps. Garçons ou filles, les plus âgés, apprennent à endosser des responsabilités, voir aux plus jeunes, vaquer aux soins du ménage et savoir ce qui manque et comment y suppléer.

La femme canadienne, entourée de ses enfants, brille en société et cueille la récompense que l’accomplissement de son devoir, quand elle était plus jeune, lui a si bien fait mériter. Ses enfants la remplacent au logis et sont élevés pour suivre sa trace dans la route qu’elle a si heureusement parcourue.

6 commentaires Publier un commentaire
  1. sylvie pontbriand #

    Une femme, médecin “capable”! Les religieuses qui m’ont enseignée disaient de toujours faire notre devoir d’état et que nous serions heureuses. Une entre autre, nous disait que la vie était comme un entonnoir ; que lorsqu’on entrait chez les religieuse on entrait par le petit bout de l’entonnoir et qu’après la vie s’élargissait , mais que de se marier était le contraire on entrait par le grand bout et après c’était le petit bout!
    Quelques années plus tard , elle a marié le frère directeur de l’école des gars!

    13 septembre 2012
  2. Jean Provencher #

    Elle avait trouvé là le bonheur, cette chère religieuse.

    Cela dit, cet texte-ci m’étonne. Il diffère vraiment de tout ce qu’on entend et de tout ce qu’on lit depuis de nombreuses années sur la Québécoise de 1900. Femme soumise, ayant penché la tête, et tout et tout. Vraiment un autre son de cloche.

    13 septembre 2012
  3. sylvie pontbriand #

    En effet. La femme américaine était-elle si différente de la canadienne française ?

    13 septembre 2012
  4. Jean Provencher #

    Je ne connais pas l’histoire des femmes américaines. Les États-Unis étant une bien vaste contrée, leur histoire est sûrement multiple, bien complexe. Je ne pourrais donc comparer.

    Cela dit, comment vous expliquer que je marche sur une glace fine en ce moment ? Permettez-moi de ne pas allonger davantage. Il y a 15 ou 20 ans, j’ai reçu, sans doute de féministes québécoises pures et dures, des messages anonymes ou signés, dans ma boîte vocale ou par la poste, me disant que j’étais un homme et qu’à cause de cela, je ne pourrais jamais rien comprendre à l’histoire des femmes. J’ai donc pris ma leçon et me suis même défait de ma bibliothèque sur l’histoire des femmes. Sauf de mes livres sur l’histoire de la santé où la Québécoise est en cause. Au 20e siècle, elle a joué un rôle majeur dans l’histoire de la santé au Québec et je vais me battre pour ne pas qu’on m’empêche de parler d’histoire de la santé.

    14 septembre 2012
  5. sylvie pontbriand #

    Oh! Quel dommage cher vous, d’autant qu’à l’époque de cette période ultra-féministe, tout le salut pour les femmes était hors de la maternitude. Bravo pour le combat sur l’histoire de la santé !
    Une partie de la famille de ma grand-mère avait immigrée aux États-Unis et il y avait une grande-tante, qui était chose inconcevable pour le petit village d’où elle originait : divorcée! Lors de ses visites chez ma grand-mère, le curé dénonçait la famille qui accueillait une divorcée .
    Je continue à être curieuse de lire un comparatif entre la femme américaine , canadienne anglaise et québecoise .

    16 septembre 2012
  6. sylvie pontbriand #

    …peut-être d’une Jeannette Provencher!

    16 septembre 2012

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