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Où en êtes-vous donc ?

Un peu de relâchement de votre part ? Avez-vous oublié vos préceptes relatifs à la bienséance ? L’abbé Th.-G. Rouleau, vous en rappelle quelques-uns dans la partie «Usages divers» de son Manuel des bienséances de 1897.

1. Lorsqu’un homme et une femme gravissent en même temps un escalier, l’homme précède la femme. Lorsqu’ils le descendent, l’homme suit la femme.

2. L’homme qui accompagne une femme dans la rue, à table, etc., ne doit jamais lui offrir le bras droit, à moins qu’il ne porte l’épée à gauche.

3. Les musiciens, qui sont priés de jouer quelque chose ou de chanter dans une soirée, doivent avoir le bon goût de choisir des morceaux différents. On écarte ainsi tout soupçon de rivalité.

4. Lorsqu’on est invité à chanter, on doit — si l’on est capable d’accéder à l’invitation — s’exécuter de bonne grâce et sans se faire prier. On se tient debout auprès de l’instrument (si une autre personne vous accompagne), le visage tourné des trois quarts vers l’assistance. On est censé jeter de temps en temps les yeux vers la musique placée sur le pupitre.

5. Les femmes qui ont du talent pour la chansonnette, les morceaux comiques, feraient bien de n’exhiber leur talent que dans les cercles strictement intimes. Une femme perd de sa distinction, quelquefois de la considération, à dire, chanter ou jouer des choses bouffonnes.

6. Les bains et les débarbouillages sont à recommander; ce sont des choses excellentes à tous égards, mais on ne doit pas parler dans le monde de ces soins de propreté.

7. Se curer les dents, se nettoyer les oreilles, se couper les ongles, etc., etc., sont des soins qu’on ne se donne que loin des regards, dans l’inviolable cabinet de toilette. 

8. On ne doit pas battre une marche sur les vitres ou sur la table. On se gardera bien de balancer sur son siège, de lever les mains et d’en rabattre la paume sur le bras de son fauteuil. Ces petites choses horripilent les gens nerveux.

9. Il y a des femmes qui fredonnent et des hommes qui sifflent à demi voix; cela produit un bourdonnement exaspérant.

10. Sur une place publique ou ailleurs, si l’on rencontre plusieurs fois les mêmes connaissances, on ne les salue qu’à la première rencontre.

11. Si l’on ne veut pas saluer une personne qui nous a été présentée une fois, il faut détourner les yeux, car si les yeux se rencontrent, on doit s’exécuter.

12. On doit éviter autant que possible le bâillement, mais au moins, on ne bâille pas sans placer son mouchoir sur sa bouche.

13. Le bâillement caverneux est chose atroce pour celui qui l’entend.

14. Quand on veut arrêter une diligence ou un char urbain, on fait signe de la main et on s’arrête au coin de la rue, la figure un peu tournée du côté où l’on veut aller.

15. Les femmes les plus distinguées tiennent à avoir leurs dés et le matériel requis pour la couture. Elles en font un usage fréquent et préfèrent ne compter que sur elles-mêmes pour les petits soins de leur toilette.

16. Les commérages ne sont pas admis dans la bonne compagnie. On ne fait pas de commérages quand on est un peu cultivé ou vraiment pieux.

Dites, allez-vous avoir la franchise de reconnaître un certain relâchement ? La vie en société suppose des convenances, voyons.

 

L’illustration, un dessin de Gérard Morisset (bien oui, celui du Prix qui, plus tard, portera son nom), provient de l’ouvrage de la Congrégation Notre-Dame, L’économie domestique à l’école primaire, IIIe et IVe années (Québec, Presses de l’Action sociale, 1934), approuvé par le Comité catholique du Conseil de l’Instruction publique, le 23 septembre 1925.

8 commentaires Publier un commentaire
  1. Sylvie Pontbriand #

    OH! Je suis déconsidérée et ne suis pas distinguée car je me spécialise dans les chansons de Rose Ouellette et du parolier René Paradis (je suis à la recherche de nouvelles chansons…avis aux lecteurs) lors des soirées mensuelles de chansons à répondre des Veillées des Benfort à Mont-Rolland . Une rencontre informelle de chanteux, répondeux et écouteux de toutes les générations .
    La drôlerie de mon “répertoire” permet de faire oublier l’incertitude de ma voix!

    25 juin 2012
  2. Jean Provencher #

    Ah, dame de peu de convenances !

    25 juin 2012
  3. Jeanne #

    Étonnamment la bienséance a changé sur certains points :

    Exception à la règle du “laisser passer” : un homme doit toujours précéder une femme dans les escaliers.
    Ainsi, il ne pourra pas regarder sous sa jupe dans la montée et il pourra la retenir dans la descente en cas de chute.

    C’est plein de bon sens :-) faut croire qu’en 1900 les jupes étaient assez longues …

    Lorsqu’un couple marche ensemble sur un trottoir, l’homme doit se situer côté caniveau pour s’assurer de la sécurité de la femme et lui éviter les éclaboussures venant de la route.

    On peut difficilement ne jamais offrir le bras droit dans ce cas… :-)

    Mais d’autres ont la vie plus dure… la cinquième ne serait-elle pas l’explication au nombre si restreint d’humoristes femmes encore aujourd’hui ? Souriez

    Bonne journée

    Jeanne

    26 juin 2012
  4. Jean Provencher #

    Gamine que vous êtes, Jeanne !!!

    26 juin 2012
  5. Christine Gingras #

    Bonjour M.Provencher

    J’ai en ma possession un manuel des bienséances par l’abbé Th.G.Rouleau, que j’ai trouvé dans une ressourcerie. Celle-ci est daté de 1899 et non une réédition. Cela me fait bien rire quand parfois je lis quelques passages comme ça à mon conjoint…et on se dit que si les jeunes pouvaient en appliquer ne serait-ce que quelques une de ces règles…il me semble que bien des choses seraient pour le mieux ! Mais bon! J’ai quelques livres de ce genre que j’aime bien …car je les laisse souvent sur ma table à café su salon et lorseque mon neveu vient et qu’il le voit..il n’enrevient jamais (rire) mais dit malgré tout que certaine chose manque à l’éducation de bien des gens…

    En passant, j’ai payé ce mauel la modique somme de 1.50 ! Je ne sais pas combien cela peux bien valoir aujourd’hui ?

    Bonne journée à vous!

    Christine Gingras

    27 juin 2012
  6. Jean Provencher #

    Chère Madame Gingras, l’intérêt d’un pareil ouvrage est d’y déceler des traits de culture qui sont complètement disparus, ce qui nous permet de prendre du recul par rapport à ces traits et à «nos» traits d’aujourd’hui. Mais guère plus, je trouve. Et je ne crois pas que votre exemplaire autant que le mien aient une grande valeur monétaire. Ce genre de livre au Québec, il y en a eu une pluie au fil du temps. Beaucoup ont senti le besoin, des religieux comme des laïcs, hommes et femmes, de nous dire comment nous comporter en société. Ne payez jamais bien cher pour ce type de livre chez les bouquinistes, la monnaie du fond de votre poche.

    27 juin 2012
  7. Christine Gingras #

    Merci de m’avoir répondu M. Provencher.

    Loin de là mon idée de vouloir vendre ce bouquin, au contraire. Je m’amuse beaucoup à lire un passage de temps en temps et quand ma mère se présente…ho là là! Elle aime bien se remémorer ce temps.. déjà loin derrière elle.

    La dessus, je vous souhaite une magnifique journée et portez-vous bien M. Provencher.

    Au plaisir.

    29 juin 2012
  8. Jean Provencher #

    Ah vous aussi, chère Christine, bien belle journée.

    29 juin 2012

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