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Le fort Chambly

Au sud de Montréal, le long de la rivière Richelieu, Chambly et son fort sont de magnifiques endroits où se retrouver. Le 14 juin 1902, L’Album universel invite ses lecteurs à s’y rendre.

Avec la belle saison et les beaux jours nous arrivent chaque année les promenades aux localités attrayantes qui ne manquent certes pas dans notre province. Avouons-le tout bonnement : on n’en peut trouver de plus délicieuses et pour les sens et pour l’esprit que le vieux fort Chambly. En même temps qu’un endroit de villégiature ravissant, c’est aussi une vraie pépinière de souvenirs historiques. Ces deux titres valaient bien que l’Album Universel lui consacrât sa première place : les deux grandes pages centrales.

En effet, ouvrons notre petite histoire du Canada; c’est en 1609 que Champlain remonta la rivière Chambly jusqu’à l’endroit où est actuellement le Fort Chambly. À cause des rapides, il fit un portage de plusieurs milles et atteignit le lac qui porte son nom dans le but de porter la guerre chez les Iroquois.

Le 10 août 1665, Jacques de Chambly, capitaine du régiment Carignan-Salières, construisit un fort en pieux dont les quatre côtés avaient 24 toises de longueur et 15 de hauteur. Ce fort a porté les noms de Pontchartrain, puis Fort St-Louis, à cause du Roi Louis XIV qui régnait dans le temps, mais il a conservé le nom de Fort Chambly.

En 1711, un fort en pierre fut construit au même endroit et existe encore en grande partie.

En 1670 [sans doute 1760 plutôt], ce fort passe aux Anglais.

Le 17 octobre 1775, les Américains s’en emparent.

En 1777, Guy Carleton le fait restaurer.

En 1847, le fort fut abandonné, mais en 1882 il fut restauré sous le Marquis de Lorne à la demande de M. J. O. Dion.

Le vieux cimetière militaire, près du vieux Fort, contient des dépouilles de soldats français, anglais et américains, et on voit des noms tel que «Hertel de Rouville», le général américain «Thomas». Ce cimetière fut ouvert en 1707 et fermé en 1843.

Le 7 juin 1880, sur l’initiative de M. J. O. Dion, fut inauguré à Chambly le monument du Héros de Châteauguay, Charles Michel d’Irumberry de Salaberry, décédé à Chambly, le 26 février 1829, à l’âge de 51 ans.

Cette fête fut un événement extraordinaire, le Marquis de Lorne dévoila le monument devant une foule de 15,000 personnes.

Mais Chambly est en outre une magnifique place d’été.

Avec son beau lac aux eaux poissonneuses, avec ses rapides qui s’agitent et se jettent en murmurant dans les eaux tranquilles du Bassin, avec ses îles semées ça et là aux pieds des rapides comme des nids de verdure, avec les montagnes bleues qui environnent ce beau lac, avec les murs crénelés du Vieux Fort qui surplombe le Bassin et y plonge ses pieds, un touriste se croirait sous le beau ciel de la Suisse, dans un paysage créé par un artiste fantaisiste.

Tout plaît à l’œil et le réjouit. Rien de plus beau qu’un coucher de soleil vu des bastions du Vieux Fort Chambly.

 

Source de cette magnifique photographie de Fred C. Würtele proposant une vue éloignée du fort Chambly en août 1897 : Bibliothèque et Archives nationales du Québec à Québec, Fonds Fred C. Würtele, cote P546, D9, P56.

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