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La villégiature et la mort

Les trois jeunes filles au balcon

Bien oui, nous n’avons pas le choix. En plein été, vers 1900, il nous faut parler de la villégiature, et puis, le même jour, de la mort, malheureusement. La détente, le repos, main dans la main avec le malheur, dirait-on. Quelle vie quand même !

Le 24 juillet 1894, le Quotidien de Lévis nous annonce : Le train de dimanche soir, de Cacouna à Lévis, est un grand avantage pour les touristes. Le train qui est arrivé dimanche soir était tellement bondé de voyageurs qu’on a dû à Montmagny prendre quelques chars additionnels.

Les semaines passant, certains, déjà, pensent à rentrer de leurs vacances dans le Bas-du-Fleuve et de la Côte-du-Sud.

Et puis, à Montréal, pas du tout le même constat. Voyez le bilan des décès de la semaine qui vient de s’écouler. Le journal La Presse du 24 juillet 1900 écrit :

Décès de la semaine.

La mortalité atteint un chiffre extraordinaire.
Les décès sont comparativement nombreux, de ce temps-ci.
La semaine dernière, ils étaient de 183, dont 175 chez les catholiques et 8 chez les protestants.

Les principaux cas de maladies sont les suivants :
diphtérie, 3
grippe diphtérique, 1
scarlatine, 1
fièvre typhoïde, 3
rougeole, 1
coqueluche, 3
picote, 1
débilité enfantile, 107
phtisie, 11
bronchite, 1
broncho-pneumonie, 2
congestion des poumons, 2
pneumonie, 1.

Quel bilan ! Vous lisez ? Presque tous ces morts sont Catholiques. Donc soit Canadiens français, soit Irlandais, s’il s’en trouve alors à Montréal. Nous pourrions diviser la ville en deux, les Catholiques à l’est, les Protestants à l’ouest. La misère est plus grande à l’est.

Et puis ces enfants que nous échappons, à cause de la débilité infantile. 107. Quand même.  Nous perdons nos marmots, le début même de la vie. Il nous faudra réagir à la fin !

Mais nous filons. Seuls les médecins, en charge de la santé publique dans nos villes, s’en alarment alors.

 

Source de l’illustration. Je ne pourrais vous dire qui sont ces filles apparaissant sur ce balcon. Vous savez, je fouille et ramasse depuis des années, à chaque fois qu’il s’en trouve, des images qui me semblent d’une grande beauté. Pour la suite du monde. Celle-ci en est une. De qui me provient-elle, je l’ignore. Et qui donc sont ces dames, absolument belles ? Il me semble qu’heureuses, elles sont en villégiature, soit dans le Bas-du-Fleuve, soit sur la Côte-du-Sud.

 

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