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Le Crapaud d’Amérique

Aujourd’hui, je tonds la pelouse. À un moment donné, dans le verger, je lève un batracien couleur sable et tacheté brun. C’est un crapaud, ma foi !

Immédiatement, je stoppe la machine et, voyant qu’il ne bouge plus, je cours à la maison chercher le livre de Claude Mélançon (Inconnus et méconnus, Québec, Société zoologique de Québec, 1950), afin d’être certain que mon identification est juste et d’en savoir plus long sur son compte. À mon retour, par bonheur, il est toujours là. Je peux donc l’examiner à ma guise et reconnaître le seul crapaud qui vit dans la région, le Crapaud d’Amérique (Bufo americanus, American Toad). Et Mélançon a bien raison d’écrire que ses yeux expriment la douceur.

Cela dit, il est l’un des auxiliaires de l’Homme les plus méconnus et les plus persécutés. Victime de toutes sortes de calomnies, écrit Mélançon, y compris celle qui lui impute les verrues, il est sacrifié, sans égard aux meilleurs intérêts du cultivateur chez qui il loge. […] Son menu est extrêmement varié. Exclusivement carnivore, il mange Hannetons, Sauterelles, Moustiques, Vers, Larves, Chenilles, Coquerelles, Limaces, Araignées, Vers blancs, etc.

Mais perçoit-il bien les sons ? À mon arrivée, il a beaucoup tardé à sauter et je suis venu bien près de le déchiqueter. Comme s’il était sourd et n’avait été dérangé que par la présence immédiate de ma machine dans les herbes. Aussi, à la fin de mon examen, voyant qu’il reste toujours immobile et que je dois poursuivre mon travail, il me faut le contraindre doucement, à l’aide de mon livre refermé, à sortir du verger.

 

10 commentaires Publier un commentaire
  1. Bizarre, en effet, qu’il ne se soit pas enfui. Mais à mon avis il n’est pas du tout sourd puisqu’il vocalise à qui mieux mieux pour les amours. Chez moi le concert du soir est parfois presque assourdissant! Je ne suis pas spécialiste, loin de là, mais j’ai consulté un site de chants de batraciens et ça semble bien le crapaud.

    25 juillet 2011
  2. Jean Provencher #

    Cher Victor, il est bien vrai que le crapaud chante la nuit, irréfléchi que je suis. Toutefois, je ne l’entends jamais le jour.

    Dans mon fossé, le jour, j’entends bien chanter le mâle de la magnifique Grenouille verte (Rana clamitans, Green Frog) qui y va d’un son étrange que Francis R. Cook (Introduction aux Amphibiens et Reptiles du Canada, 1984) compare à la «note obtenue lorsqu’on pince une corde de banjo trop lâche», mais jamais le chant du crapaud.

    Ce dernier, bête nocturne, pourrait-il être sourd le jour, mais bon entendeur assourdissant lorsque la nuit est là ? Ni Cook ni Mélançon (Inconnus et méconnus, 1950) ne parlent de l’ouïe de l’animal. Allez, je dois être dans les pommes de terre.

    26 juillet 2011
  3. Chez-moi, crapaud, grenouilles (reinettes des bois) et serpent-jarretière (communément appelée couleuvres rayées) pululent… Je les adore mais c’est toujours l’angoisse lorsque je tonds car à mon grand désarroi, malgré une attention assidue, j’ai coupé la queue d’au moins deux couleuvres (syndrome de l’autruche, la tête dans le bois et la queue toujours srti dans la gazon) et failli tondre le « big » crapaud caché dans le verger plus d’une fois. J’ai du achever les misérables petites car les blessures étaient énormes. La cicatrisation chez les reptiles est particulièrement diificile à cause du milieu dans lequel ils vivent. J’en avais les larmes aux yeux. Maudite machine…si destructrice mais si pratique.

    C’est vrai qu’ils ne bougent pas, ils doivent miser sur l’immoblité, le camouflage. Le « je ne bouge pas, je ne suis pas là ». Je ne sais combien de fois cette été j’ai failli marcher sur ma grosse couleuvre qui en sortant de la maison, au lieu de fuir lorsque j’arrive s’immobilise. Et je fais le tour, je lui parle bêtement en lui disant de se cacher lorsqu’elle me voit.

    L’autre jour, même scénario et en la regardanr de plus prêt, je me suis rendu compte qu’elle était blessée à la queue. Je l’ai prises et examiné et la chair avait secher au bout de sa queue (fiou, une des rares cicatrisations chez les reptiles) et il ne restait qu’un petit point « au vif » que j’ai désinfecté à la bétadine et je l’ai remise en liberté. Espérant qu’elle survivra à l’hiver sans que cette plaie ne se réinfecte et que les écailles recouvrent le tout avant l’hibernation.

    Pas facile comme vie!

    3 septembre 2011
  4. Jean Provencher #

    Bravo, chère Katy. Je vous comprends parfaitement. J’ai une tondeuse à bras et non un tracteur pour la pelouse et j’ai toujours peur d’y faire passer à trépas un de mes crapauds ou une de mes rainettes. Je regarde devant la machine pour voir si une de ces bêtes s’y trouve. Et j’espère, bien sûr, les épargner toutes.

    Pour les couleuvres, chez moi, elles sont rares. J’en ai bien aperçu quelques-unes au fil du temps. Mais elles se font vraiment rares.

    3 septembre 2011

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