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Les couleurs d’un 4 novembre

Arrêtons-nous en ce jour du début de novembre. Qu’en disent les journaux ?

L’Écho des Bois-Francs du 4 novembre 1899 raconte qu’à Sainte-Julie de Somerset, tout le monde est heureux. « Samedi matin [le 28 octobre], il est tombé une pluie douce et pénétrante qui a duré jusqu’à dimanche midi. Nos cultivateurs sont contents, car ils la désiraient depuis longtemps. Nous avons eu un beau mois d’octobre. Les moissons se sont faites dans les meilleures conditions possibles. »

À Québec, Le Soleil du 4 novembre 1908 parle du triste tintement de la cloche de la paroisse dans le faubourg Saint-Roch. « Depuis le commencement du mois des Morts, la cloche tinte à 8 heures du soir pour rappeler aux fidèles qu’ils doivent prier pour les défunts. Le son lugubre de la cloche pénètre tous les foyers, se fait entendre par tous. C’est alors que chacun se rappelle les disparus et prie pour eux. »

Le même jour, toujours dans le faubourg Saint-Roch : « Les enfants sont plus joyeux et, dès hier soir, ils ont sorti leurs traîneaux pour glisser sur la légère couche de neige qui recouvre nos trottoirs. On signale déjà de légers accidents ci et là, dus à l’imprudence des glisseurs. »

Dans le faubourg Saint-Sauveur : « Partout les châssis doubles ont remplacé les persiennes. Chacun a pris ses précautions contre le froid et les tempêtes de l’hiver qui s’en vient à pas de géant, pour quelques-uns avec les plaisirs, les joies, et pour un si grand nombre avec son cortège ordinaire de peines et de privations. Grâce cependant au travail et au dévouement des membres de nos conférences de la Société St-Vincent de Paul, nos pauvres et les vieillards surtout seront à l’abri de la misère. »

Quoi qu’il en soit, le journal Le Soleil avertit ses lecteurs de se préparer. « L’hiver est à nos portes, ce matin, car depuis hier soir il est tombé une couche de neige de près de cinq pouces qui fond rapidement et rend les chemins impassables; ce n’est que boue et neige fondante que les piétons foulent sans compter les glissades sur les trottoirs qui ne sont pas le moindre inconvénient. »

Un an plus tard, le quotidien québécois parle du bonheur des parties de euchre dans le faubourg Saint-Jean. « La saison des euchres est commencée et l’on nous en annonce déjà plusieurs, entre autres, celui de l’Asile Ste-Brigitte et du club de raquette le “Huron”, et la Cour St-Patrice des Forestiers, tous trois à l’Auditorium Café, l’un cette semaine et les autres la semaine prochaine. Un grand nombre d’autres sociétés et clubs ont aussi retenu les salles de l’Auditorium à cet effet. »Le Canada français du 4 novembre 1910 souligne qu’à Iberville, les Anglos n’ont pas manqué de fêter l’Action de Grâces. « La Thanksgiving fut joyeusement fêtée, cette année [le lundi 31 octobre], par nos concitoyens anglais. Une température idéale donna encore plus d’éclat à cette réjouissance. Des réunions étaient organisées dans diverses familles, où l’on peut dire que tout fut fait avec goût et d’une manière très fashionable. À l’occasion de cette fête, la fabrique Norcross. & Co. n’a pas ouvert ses portes, ce jour-là. Il en a été de même dans nos autres fabriques de monuments. »

Voilà donc comment la chatte se peigne un 4 novembre au Québec au début du 20e siècle.

 

Illustration extraite du Monde illustré du 10 décembre 1887. Source : http://bibnum2.banq.qc.ca/bna/illustrations/accueil.htm

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