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La Journée internationale des Femmes (8 mars)

Dépouillant la presse ancienne, je n’ai pas de référence relativement à ce jour béni, car trop récent. Mais comment donc le célébrer ? J’ai pensé retourner dans le journal La Patrie du 11 octobre 1902. Une pleine page, la page 22, sur deux questions : la première posée aux hommes — Quelle est la femme idéale ? — la seconde posée aux femmes — Quel est le mari idéal ?

Parole aux femmes alors. Le journal précise d’entrée de jeu [comme il le fait pour les hommes] : Les femmes sont priées de mentionner en quelques lignes les qualités rêvées chez l’homme de leur choix.

Les femmes sont plus loquaces que les hommes. Nous ne pourrons donc pas reproduire toutes les réponses. Bouquet de témoignages dans l’ordre où ils apparaissent, avec d’abord le nom que se donne la signataire.

 

Nini : Qu’est-ce que cela veut dire ? Si jamais je peux trouver un mari, j’en serai tellement heureuse, que vraiment je le verrai paré de toutes les qualités. Être aimé n’est-il pas l’idéal du bonheur ?

La Grise : Le mari idéal est simplement celui qui aime bien sa femme et qui sait garder toute sa confiance. En effet, la vie doit être douce pour celle qui obéit aux lois de l’aimé.

Je l’aime quand même : Mon idéal serait un tout autre homme que celui que j’aime. Je le voudrais franc et constant; il est blagueur et volage, est-ce assez bête ?

Une vraie Canadienne : Celui qui saurait tout sacrifier à l’honneur serait, à mes yeux, le mari idéal.

Affectueuse : Je le rêve brun, parce que je suis blonde, vif (dans le sens spirituel du mot) parce que je suis lente, doux, parce que je suis nerveuse, tendre parce que je le suis !

Heureuse : Le mari idéal, c’est le mien, car il m’aime et je l’aime. Cette réalité-là vaut tous les idéaux !

Roumaine : Le mari, par excellence, peut-être pas idéal, mais en tous cas commode, est celui qui fait toutes les volontés de sa femme et qui ne réclame, en retour, qu’un salaire : celui des baisers.

Titite : Je me moque du mari idéal, autant dire que je n’y crois pas plus qu’à l’homme dans la lune. Trouvez-moi un bon garçon qui m’aimera, même s’il a beaucoup de défauts, j’en ferai mon affaire.

Frou-Frou : Le mari idéal est celui qui admire et aime plus sa femme… que celle de son voisin !

Une qui le regrette : Le mari idéal est celui qui respecte sa femme et sait la faire respecter de ses enfants et du monde.

Finoche : Pour moi, ce serait l’homme qui m’aimerait et entrerait assez dans mon cœur, pour voir mes défauts et m’aider à les corriger.

Villageoise : Un petit médecin de campagne, à l’œil vainqueur, à la moustache fière, qui me tourne et me retourne le cœur : le voilà lui !

Roxane : L’idéal des maris est celui qui sait pardonner, tout aussi bien qu’aimer.

Nernette : Je lui rêve toutes les qualités, aussi suis-je certaine de ne jamais trouver cet oiseau rare; alors je me contenterai d’un homme assez bon pour voir mes rares qualités et oublier mes nombreux défauts.

Fifine 3 : Je voudrais qu’il ait de 23 à 25 ans, joli sans être beau, un mari trop beau, j’en serais jalouse, les bonnes amies l’admirent trop, et lui… n’en parlons pas; un tantinet autoritaire à la surface, mais au fond bon comme la crème. La crème… Ça, c’est mon idéal. Avec ça, travaillant et ingénieux, afin que nous ne manquions jamais de pain. Je n’en demande pas trop, n’est-ce-pas ? et je trouverai certainement mon Prince Charmant. Si, par hasard, quelqu’un des sévères lecteurs ressemble à cet Idéal rêvé, qu’il ne se gêne pas pour le dire à Fifine 3.

Une qui le sait : L’idéal, c’est d’aimer et d’être aimée. Peu importe les qualités rêvées chez le mari; la réalité est parfois plus charmante que toutes les illusions.

Bernadette l’Espagnole : Ma bonne amie, j’avoue que je serais bien en peine de vous dire quelles sont les qualités rêvées chez l’homme de mon choix si je ne possédais pas ce mystérieux idéal ! Mais l’ayant trouvé, je puis vous dire ce qu’il possède : l’idéal est celui qu’on met sur l’autel de son cœur ! Aimant comme j’aime, il n’a pas de défaut, voilà. Alors, il a toutes les qualités, ma chère ! Donc l’Idéal est celui que l’on aime assez pour se sacrifier pour lui, dont la présence est toujours nécessaire; la beauté fait aimer, mais la bonté est plus belle que la beauté ! L’idéal, c’est celui que mon cœur aime voilà !!!

Une que l’on connaît : L’homme idéal pour moi, ce n’est pas une perfection, puisque perfection il n’y a pas ici-bas, c’est celui dont la piété et le dévouement, l’intelligence et la sagesse permettraient à l’épouse aimante d’aller dans la vie, appuyée sur lui, pleine de confiance et d’abandon.

Qui suis-je ? : Le mari idéal est celui qui resterait toujours sincère et fidèle comme aux jours de la lune de miel !…

Cherchons quand même : L’homme idéal c’est celui qui n’existera jamais !

 

Si on me demandait, parmi toutes ces opinions, laquelle me plaît le plus, ce serait celle de la Villageoise. Elle y ferait son affaire au petit docteur de campagne.

3 commentaires Publier un commentaire
  1. Mildred. #

    …”” Un petit médecin de campagne, à l’œil vainqueur, à la moustache fière, qui me tourne et me retourne le cœur : le voilà lui !…”
    En fait je dirais que je vous trouve une ressemblance certaine lorsque je vous croise sur Cartier, un petit homme hâlé par le vent du large et le soleil de la campagne, même œil vainqueur, la chevelure compense une fière moustache, et cette mimique rieuse et sympathique dont on dira qu’elle retourne les coeurs sans-façon .
    Votre blog m’enchante et votre savoir me retient captive et je vous taquine.
    Promis jurée, la prochaine fois que je vous croise sur Cartier je me présente.
    Portez-vous bien.
    Mildred.
    P/S; peut-on avoir la référence pour La Patrie de 1902, j’aimerais les réponses des messieurs si cela est possible. Merci.

    12 mars 2012
  2. Jean Provencher #

    Mildred, chère Mildred, est-ce que votre mère adorée vous dit et vous répète que vous êtes vraiment, mais vraiment gamine ? Je vous remercie de vos mots, je vous embrasse.

    Pour les réponses des messieurs, vous êtes fouine curieuse en plus, vous m’obligez à brûler mes cartouches, Villageoise, je comptais bien y revenir. Non, non. La réponse est là, d’entrée de jeu, tout en haut, La Patrie, édition du 11 octobre 1902.

    Belle soirée à vous.

    12 mars 2012

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  1. La journée internationale des Femmes (8 mars) | Les Quatre Saisons

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