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Pourquoi craindre les araignées ?

On les croit rugueuses, elles sont douces. On les dit dangereuses, agressives; elles ont peur de nous et ne nous mordent qu’en dernier recours. En plus, leur venin n’est pas fait pour nous mais pour leurs proies habituelles. Sur les 46 400 espèces répertoriées, 15 peut-être sont dangereuses pour l’homme…

Un million de personnes meurent chaque année des suites de piqûres de moustique, 100 000 de morsures de serpent, 1000 de piqûres de scorpion, entre 10 et 20 de morsures d’araignée. Et encore, ce sont presque toujours des surinfections. Même les boutons que l’on découvre le matin et que l’on attribue aux araignées ont d’autres causes. Ta peur, c’est d’abord de la méconnaissance.

Celle qui parle à Jérémy, un Québécois qui a vécu son enfance à Pohénégamook, dans le Témiscouata, région du Bas-Saint-Laurent, c’est Christine Rollard, l’arachnologue du Muséum national d’histoire naturelle, à Paris. Elle voue sa vie aux araignées et combat les nombreux préjugés à leur égard.

Elles ne sont pas dangereuses. Pas invasives, non plus : l’augmentation du commerce mondial peut faire arriver des individus exotiques, mais ils ne s’installent pas. Elles ne pondent pas sous la peau, malgré les vidéos bidon qui circulent sur le Net. Elles ne transmettent pas de maladie, contrairement aux moustiques et aux acariens.

Le journaliste Nathaniel Herzberg ajoute : « Elle n’a pas de mots assez durs contre ces superproductions littéraires et cinématographiques qui, de Harry Potter au Seigneur des anneaux, entretiennent la mauvaise image des araignées. Elle leur oppose Anansi, facétieuse divinité africaine, capable d’apporter la pluie ou d’enseigner aux hommes les techniques agricoles. Ou simplement Spiderman. »

Et l’article se termine ainsi :

Retour au labo, une heure plus tard. La chercheuse fait désormais passer entre ses mains une petite araignée, trouvée sous son évier. « Tu la prends ? » Jérémy avance la paume. L’animal monte dessus, passe entre les doigts, sur l’autre main, l’avant-bras, redescend. « Alors ? » demande la chercheuse. Il sourit, sans lâcher la bête de l’œil. « Ça chatouille… On peut essayer avec une plus grosse ? »

 

Le journal Le Monde, édition du 22 février 2017, dans le cahier Science et médecine, fait une large place à Madame Rollard. J’aime la photographie prise par F.-G. Grandin et attachée à cet article, car elle montre l’arachnologue en train d’observer l’araignée épeire, une espèce magnifique que j’ai chez moi et que je prends plaisir à revoir à chaque fois.

Source : Nathaniel Herzberg, « Christine Rollard chasse la peur des araignées », Le Monde (Paris), 22 février 2017, cahier Science et Médecine, p. 8.

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