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Les vieux journaux sont souvent bien surprenants

Certaines façons de faire nous sont complètement perdues. Ainsi, à l’occasion, ô surprise, ils échappent comme cela, à la une, un petit poème, signé ou non.

Le Franco-Canadien, de Saint-Jean-d’Iberville, commence notre journée du 13 mars 1885 avec cette adresse aux oiseaux.

 

 

Souvenir de mon jardin

Doux chantres de la nature,
Petits oiseaux, tout l’été
Je vous donnais la pâture,
Vous m’apportiez la gaieté.
Les beaux jours vont disparaître,
Mais mon cœur vous est connu;
N’oubliez pas ma fenêtre,
Quand l’hiver sera venu.

Nous avions de douces choses,
Pour déjeuner sans façons,
Vous du pain frais sous mes roses.
Moi des fruits et vos chansons.
De notre commun bien-être
Pour toucher le revenu,
N’oubliez pas ma fenêtre
Quand l’hiver sera venu.

Que de fois, pauvre malade,
J’ai quitté mon oreiller
Pour vous payer d’une aubade
Qui m’aidait à travailler !
Vous qui jeûniez peut-être
Sous les yeux d’un inconnu,
N’oubliez pas ma fenêtre,
Quand l’hiver sera venu.

Un matin que mes louanges
Montaient vers le Créateur,
Je rêvais qu’avec les anges
Ma fille chantait en cœur.
O vous qui me semblez être
L’écho d’un monde inconnu,
N’oubliez pas ma fenêtre,
Quand l’hiver sera venu.

Votre gaieté vive et franche
Peut combattre les autans,
Mais moi dont le front se penche,
Verrais-je ou non le printemps ?
J’attends l’arrêt du Grand-Maître…
S’il ne m’est pas parvenu,
N’oubliez pas ma fenêtre,
Quand l’hiver sera venu.

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