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Le rouleau à neige

À la fin du 19e siècle, certaines villes du Québec, pour venir à bout de la neige dans les rues après la tempête, se procurent un rouleau de bonne dimension pour aplanir cette neige.

Ce rouleau apparaît la première fois dans les rues de Trois-Rivières en 1890. Le journal Le Trifluvien du 13 décembre le signale : Les employés de la Corporation ont fait ces jours derniers l’essai d’un rouleau énorme pour aplanir la neige. Le résultat est passable.

Si ce bi-hebdomadaire est critique, il y voit quand même un avantage une semaine plus tard, le 20 décembre : La Corporation est propriétaire d’un énorme rouleau que l’on a promené dans quelques-unes de nos principales rues afin d’aplanir la neige. Nous croyons que, si cet instrument dispendieux est utile, on devrait s’en servir dans les rues étroites où la neige s’amoncelle à une hauteur considérable et n’est jamais enlevée. Ce serait un service à rendre aux personnes qui résident dans les rues St Sévère, Ste Julie, St Olivier, Plaisante, Volontaire, St Benoît, St Paul, etc., etc.

La ville de Sorel possède aussi son rouleau à neige. Et là, selon le journal Le Sud du 13 décembre 1890, on en est satisfait : Les rues de la ville sont en bon état et le rouleau municipal a rendu les chemins très attrayants aux promeneurs en les mettant unis et durs comme une piste de course.

La ville de Joliette, elle, acquiert son rouleau l’année suivante. L’Étoile du Nord du 17 décembre 1891 écrit : Le rouleau dont la Corporation a fait l’acquisition pour battre les chemins dans la ville cet hiver a été utilisé pour la première fois, hier matin, vu la bordée de neige de la veille.

Deux ans plus tard, revoilà le rouleau dans les rues de Joliette. La Gazette de Joliette du 7 décembre 1893 l’annonce : Le rouleau de la Corporation servant à durcir la neige dans les rues de la ville a fait sa première apparition de la saison avant-hier.

Et on y recourt à ce rouleau dans les rues de Joliette. Voyez ce que L’Étoile du Nord écrit le 1er février 1894 : Nous avons eu, lundi et mardi, les plus fortes tempêtes de neige de la saison. À plusieurs endroits, la neige a atteint une hauteur de dix pieds. Toute circulation a été complètement interrompue ces jours derniers. […] La tempête du commencement de la semaine a fourni à notre corporation l’occasion de faire sentir l’utilité de l’énorme rouleau dont elle a fait l’acquisition l’année dernière. Cette machine vient de nous rendre de réels services. Les neiges ont été considérablement écrasées et durcies et la circulation dans nos rues est devenue sensiblement plus facile.

Mon ami Paul, originaire de Cap-Saint-Ignace, sur la Côte-du-Sud, me dit que, dans son coin de pays, il y a une cinquantaine d’années, on utilisait une pareille machine pour battre la neige dans les chemins en forêt.

D’autre part, il y a plus de 50 ans, alors que j’étudiais au séminaire de Saint-Joseph, à Trois-Rivières, l’abbé Jean Robert, professeur de physique, qui, avec l’abbé Louis Fecteau m’avait appris aussi le développement de la photographie en laboratoire, m’avait fait cadeau de cette image spectaculaire du rouleau à neige municipal.

4 commentaires Publier un commentaire
  1. Henri Desmeules #

    Au début du siècle, dans les rangs, chaque propriétaire était tenu d’entretenir la route devant toute la largeur de sa terre, hiver et été. L’hiver , ils devaient rouler la neige pour permettre aux carrioles de circuler . Cette obligation a existé durant plusieurs années, jusqu’à l’apparition de camions munis de grattes permettant l’entretien adéquat des rangs à la campagne.

    20 février 2014
  2. Jean Provencher #

    Merci, merci, Monsieur Desmeules.

    20 février 2014
  3. Claude Tessier #

    Je cherche un rouleau à neige du début du XXe siècle (avant 1930) pour mettre en exposition. Savez vous si un tel objet existe encore et si oui, où puis-je le trouver ?
    Merci!

    10 novembre 2015
  4. Jean Provencher #

    Je serais incapable de vous dire où se trouve un rouleau à neige, monsieur Tessier. Mais pourquoi ne tentez-vous pas votre chance auprès de Christian Denis, conservateur au Musée des civilisations à Québec ? Il pourrait, qui sait, peut-être vous mettre sur une piste. En passant par le numéro général de l’institution (418-643-2158), on peut sans doute vous diriger à son bureau.

    10 novembre 2015

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