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L’anniversaire du fleuve Saint-Laurent

À Gaspé, une croix de pierre rappelle celle que Cartier planta en 1534

Il est certain que le fleuve Saint-Laurent coule depuis des milliers d’années. Mais voilà 476 ans aujourd’hui même que le Saint-Laurent porte le nom que nous lui avons donné en français. Le 10 août 1535, jour de la fête de saint Laurent — un diacre chrétien martyrisé à Rome en 258 — le navigateur français Jacques Cartier s’amène dans une petite baie de la Côte-Nord et l’appelle baye sainct Laurens en l’honneur du saint du jour.

Mais Cartier ne dira jamais fleuve Saint-Laurent. D’ailleurs, il ignore qu’il est à ce moment à l’embouchure d’un cours d’eau long de 3 360 km qui prend sa source dans le bassin du lac Supérieur et dans quelques états américains. Du point de vue toponymique, Saint-Laurent s’applique au fleuve proprement dit, qui coule sur une distance de 1 200 km depuis le lac Ontario jusqu’à l’île d’Anticosti.

Lorsqu’il parle du fleuve, Cartier utilise les expressions : Grand Fleuve de Hochelaga, Rivière de Canada, Rivière des Iroquois ou Rivière de Cataracoui. Et tous les explorateurs qui viendront après lui au 16e siècle continueront d’utiliser ces diverses appellations pour parler du fleuve.

En fait, il faut la venue d’un autre explorateur français, Samuel de Champlain, pour qu’on commence à dire fleuve Saint-Laurent. En 1603, le marin de Brouages continue de dési­gner d’abord ce grand cours d’eau sous le nom de Riviere de Canadas. Mais, à partir de 1604, le futur fondateur de Québec opte pour Grande riviere de sainct Laurens et fleuve sainct Laurens. Dans ses écrits et sur ses cartes, Champlain recourra à ces deux appellations pour désigner le fleuve. Et, finalement, au cours du 17e siècle, le toponyme fleuve Saint-Laurent finit par supplanter complètement les appellations premières.

Des nations amérindiennes ont leur appellation propre pour désigner ce cours d’eau. En innu-aimun, Saint-Laurent se dit Wepistukujaw Sipo, en abénaki : Moliantegok, en mohawk : Roiatatokenti ou Raoteniateara.

Pour plus détails sur l’appellation, voir l’ouvrage de la Commission de toponymie, Noms et lieux du Québec, Dictionnaire illustré, Publications du Québec, 1994.

 

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