Le repas du chaton magnifique.

6 Fév

Voici un extrait de cet ouvrage paru en 1971, page 60 et suivante. Selon lui, la Vérité est « la plus simple chose au monde, c’est pourquoi nous ne la voyons pas. »
Il est un rythme de vérité « autour et partout, une vaste coulée tranquille, une étendue de temps légère, où les jours et les heures et les ans semblent suivre le mouvement imprescriptible des étoiles et des lunes, monter, descendre comme une houle du fond des âges, se raccorder au déroulement total, et emplir cette petite seconde qui passe d’une éternité d’être.
Nous avons pris position là, dans cette petite clairière; c’est notre base, notre grande vacance claire partout, notre Himalaya des boulevards, notre toute petite chanson inaltérable. Et, finalement, nous nous apercevons qu’il n’est pas besoin de « faire » ou « de ne pas faire »; d’intervenir ou non, de vouloir ou non, de maîtriser : il suffit d’être là, d’être bien là, et de laisser couler ça, ce petit rythme dans les choses, cette cadence claire dans l’obscurité des circonstances, ce tranquille rayon sur les êtres. Et tout s’arrange, simplement, merveilleusement, sans que l’on sache pourquoi, par le seul fait que l’on est là.
C’est comme un dissolvant des ombres, un conducteur d’ordre, un transmetteur de paix et d’harmonie, un rectificateur de rythmes — car il n’est pas de mal vraiment, pas d’ennemi, pas de contradictions ; il n’est que des rythmes mal accordés.

Voici un extrait de son Cahier III publié chez Plon en 1974. Pages 197 et suivante sur l’énergie solaire.
L’énergie solaire transforme l’eau et le carbone en sève. La sève dans le bois mort, la houille, etc., devient feu; le soleil qui s’y trouvait emprisonné (génie dans une bouteille des Mille et une Nuits) en ressort. […]
La même énergie solaire travaille dans le grain, dans la tige du blé et dans le laboureur.
Le feu solaire unit le carbone et l’hydrogène en amidon dans le grain de blé. Je mange cet amidon, je le sépare en carbone et hydrogène, et le feu libéré fait mouvoir la machine de mon corps qui prépare la terre pour l’accueil du grain de blé. C’est le blé qui laboure la terre.
« Si le grain ne meurt… » C’est dans le laboureur qu’il meurt vraiment.
L’énergie que l’homme prend à la terre, il doit la lui rendre; l’énergie qu’il lui rend, il doit la lui reprendre; oscillation perpétuelle. L’énergie rebondit entre la terre et l’homme.
Il n’est pas possible d’accepter une telle monotonie sans renonciation au moi. Mais alors elle est belle.
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