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Les beaux jours arrivés

Terrasse Dufferin

En 1909, le journaliste Jules S. Lesage reçoit le mandat du journal La Patrie de prendre le pouls de Québec. Le voici fin mai.

Vraiment, c’est plaisir de voir sur le gazon vert des plaines ou de nos parcs les enfants prendre leurs ébats sous la garde vigilante des «bonnes» ou même des mamans occupées à quelques travaux d’aiguille, quand elles ne lisent pas distraitement les pages d’un vient de paraître, ouvert sur leurs genoux.

Dans ces jardins publics, où fleurissent les tulipes jaunes et rouges, de jeunes fillettes viennent ajouter la note claire de leurs fraîches toilettes, et y causer gaiement. De quoi causent les jeunes filles : «Moi ! je voudrais bien un notaire !» Et l’autre de répondre : Moi ! je voudrais bien d’un médecin ! Et moi d’un militaire ! reprend une troisième. Mais à quoi tient le bonheur ? À un fil !

Sur la terrasse, entre 4 et 6 heures de l’après-midi, toutes les places de bancs sont prises, tant pis pour ceux-là qui arrivent tard. C’est aussi l’endroit où l’on passe «en revue», au crible de la critique mondaine, sans compter les potins de la ville, qui font les frais de la conversation générale.

 

La Patrie (Montréal), 5 juin 1909.

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