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La Saint-Blaise (3 février)

Voici donc la Saint-Blaise, une fête disparue au 20e siècle quand nous découvrirons que les « maux de gorge », à vrai dire le goitre, venait du manque d’iode dans les populations.

Il y a 100 ans, dans les paroisses catholiques, sans en connaître la cause, on s’en remet donc à la dévotion à saint Blaise.

La Presse montréalaise du 1er février 1900 y va d’un entrefilet.

La fête de saint Blaise. Samedi matin [3 février], après la célébration des diverses messes, on fera l’applications des cierges en l’honneur de saint Blaise, dans les églises catholiques.

À l’occasion de la fête de la Saint-Blaise, Le Soleil de Québec du 3 février 1900 y va de ce texte :

C’est la fête de saint Blaise, aujourd’hui, une cérémonie d’un caractère tout particulier s’est faite, ce matin, dans l’église Saint-Patrice, dans l’intérêt des personnes affectées de goitre et autres maux de gorge. À la suite de chacune des messes basses, ce matin et cet après-midi, on a appliqué sur la gorge des malades une relique pieuse du saint suivie de la récitation d’une prière toute spéciale.

Au sujet de cette histoire de la Saint-Blaise et du goitre, voir l’article que je mettais en ligne le 5 août dernier : http://jeanprovencher.com/2011/08/05/un-pelerinage-contre-le-mal-de-gorge/

La photographie de cette dame se présentant pour acheter du poisson des chenaux à Sainte-Anne-de-la-Pérade, prise il y a facilement plus de 40 ans, provenait à l’époque de la Direction générale du Tourisme du Gouvernement du Québec, cote M-4-F-20 (9) 70. Bien sûr le poulamon, un poisson d’Atlantique riche en iode, a contribué à la bonne santé des populations.

13 commentaires Publier un commentaire
  1. Nicole D. #

    Un autre souvenir de mon enfance que j’avais oublié. On croisait les cierges sous notre gorge tout en prononçant des paroles qui pour nous enfants, nous semblaient une sorte de magie qui demeurait dans le domaine du mystère total. Mais on croyait à tous les bénéfices qui pouvaient en découler…

    3 février 2012
  2. Jean Provencher #

    Dites-moi, chère Nicole, dans quelle région étiez-vous ? Je vous demande cela, car les paroisses riveraines du fleuve était souvent épargnées du goitre, parce qu’elles mangeaient sans le savoir l’iode nécessaire au corps humain, à travers les poissons d’océan qui nous arrivaient: l’éperlan, le poisson des chenaux, l’alose, et autres.

    3 février 2012
  3. Nicole D. #

    Jean, je suis née à Mtl. Fin 1948. Quand je constate tout ce que l’on a vécu par le passé, je ne peux que me rendre à l’évidence…j’ai bel et bien vécu ce que des gens qu’on dit « âgés » ont vécu. Je pense que rien ne se perd, qu’on le veuille ou non, nous sommes faits de toutes ces histoires de vie.

    4 février 2012
  4. Nicole D. #

    J’ajouterais cette anecdote au sujet de ma mère, qui en passant au eu 99 ans au mois d’août. Alors qu’elle était encore enfant on constata un début de goitre. Le dr lui fit ingurgiter de l’iode liquide. Son goitre fondit et aucune séquelle ne s’en suivit. Maman vivait dans le compté de Dorchester à ce moment là. J’ai encore beaucoup de parents au lac Etchemin. Quel beau coin de pays !

    4 février 2012
  5. Jean Provencher #

    Chère Nicole, il y a deux jours, à la vue d’une photographie de ma mère à 18 ans, faisant du ski, belle comme un cœur, ma fille de 37 ans m’écrivait : « On a tendance à oublier que les personnes âgées ont déjà été jeunes, et pourtant nous passons dans leurs empreintes bien tracées. Ça me rappelle que la vie n’est pas éternelle, mais bien éphémère… Nous ne sommes que de passage. »

    4 février 2012
  6. Nicole D. #

    Votre fille a déjà beaucoup de maturité et de lucidité, vous devez en être fier !

    4 février 2012
  7. Jean Provencher #

    Bien sûr, chère Nicole. Mes deux enfants sont mes êtres précieux.

    4 février 2012
  8. alberte #

    Ah ben! Je ne savais pas qui était Saint-Blaise c’est toujours intéressant de vous lire car moi j’en apprends à tous les jours et j’aime beaucoup l’histoire merci pour votre travail c’est vraiment intéressant.

    5 février 2012
  9. Jean Provencher #

    Merci, chère Alberte.

    5 février 2012
  10. Jean Provencher #

    Mais je me demandais, chère Alberte. Si vous n’aviez jamais entendu parler de saint Blaise, c’est que vous habitiez une région, une paroisse où les «maux de gorge», le goitre, étaient inexistants.

    5 février 2012
  11. mazieres #

    Bonjour Monsieur Provencher. Les hasards de la recherche m’ont conduit sur votre
    site. Je fais un travail sur le Goitre en France au 19/e siécle,mais je compare avec les incidences sur d’autres pays.Déjà,voici votre jolie coutume de la Saint Blaise:bel exemple sociologique. Sur Google,j’avais cherché « Goitre au Québec »;donc il y en avait bien. Je n’ai pas trouvé (ou pas su trouver !) un site qui donnerait la distribution géographique de l’endémie sur le Québec.Si par hasard,encore,vous avez une piste…..????
    Encore bravo pour cette évocation.Cordialement à vous et un coucou aux québecois. B. M.

    27 février 2012
  12. Jean Provencher #

    Je ne suis pas certain, monsieur, madame Mazières, que le goitre soit bien documenté au Québec sur le plan historique. Je ne connais pas malheureusement de site, ou d’étude, qui nous donnerait une distribution géographique de l’endémie au Québec. Mais je garde l’œil ouvert. Demeurons donc en contact.

    Dans ce vaste monde de la grande Toile, nous sommes des bouteilles à la mer. Je me réjouis que vous ayez soudain trouvé la mienne.

    Mes amitiés à vous. Bonne recherche.

    27 février 2012

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  1. Une relique de saint Blaise à Saint-Blaise | Les Quatre Saisons

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