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Un travail de tous les instants

Au moment de l’épidémie de variole de 1885 qui fit près de 6 000 morts, nous évoquions que cela avait mené, trois ans plus tard, à la création du Conseil provincial d’hygiène, l’ancêtre du ministère de la Santé. Voyez cet article à l’adresse suivante : http://jeanprovencher.com/2011/09/20/la-vaccination-contre-la-variole-fait-son-chemin/

Cette date — 1888 — est l’une des plus importantes dans l’histoire de la santé publique au Québec. Cela dit, à ce moment, tout est à faire. Retrouvons-nous dix ans plus tard à la réunion trimestrielle de ce Conseil d’hygiène présidée par le Dr Emmanuel Persillier-Lachapelle. Un article du journal La Patrie du 15 octobre 1898 montre bien qu’il faut frapper partout.

Le réunion trimestrielle du Conseil Provincial d’Hygiène a eu lieu hier. […] Le Conseil décida de suivre pendant une année complète les opérations du champ d’épuration du Collège St-Laurent en vue de publier les observations bactériologiques et chimiques qui en résulteront pour servir aux municipalités qui dans l’avenir voudront employer ce mode de drainage.

Il a été décidé d’exprimer à la ville de Montréal la satisfaction que le conseil a éprouvée par la décision que la ville a prise d’établir un champ d’épuration pour le quartier Saint-Denis, ce qui empêchera la pollution de Back River [rivière des Prairies] que l’on craignait.

Le conseil doit recommander à la ville de Montréal d’établir ce champ d’épuration avec toutes les améliorations récentes, vu que les critiques que l’on a faites de ce mode de drainage viennent de ce qu’un grand nombre de ces champs d’épuration ont été mal construits et mal entretenus.

Le Conseil d’Hygiène n’a pu considérer favorablement la demande que lui a faite le bureau local d’hygiène de Montréal de faire visiter les vacheries et laiteries situées en dehors de la ville et dont le lait est distribué à Montréal, mais il est prêt à offrir de donner aux officiers municipaux de Montréal l’autorité nécessaire pour aller visiter les vacheries qui les intéressent, quelle que soit la municipalités où elles se trouvent.

Le Conseil a décidé d’amender ses règlements pour rendre obligatoire la désinfection de l’urine, aussi bien que celles des matières fécales dans les cas de fièvre typhoïde. Des recherches récentes ont démontré la présence de germe de la fièvre typhoïde dans l’urine sept fois sur vingt-quatre exemples.

Le président attire l’attention sur le fait qu’il y a eu un plus grand nombre de cas de typhoïde à Montréal que pour l’année 1897. Comme une augmentation de la fièvre typhoïde fait toujours craindre la contamination de l’eau d’alimentation, il a été décidé, sur la suggestion du président, de recommander à la ville de Montréal de faire des recherches complètes sur son système d’alimentation d’eau, afin de déterminer si le temps n’est pas venu de purifier l’eau par filtration avant sa distribution ou d’abandonner complètement la prise d’eau actuellement dans le St-Laurent et d’amener à Montréal l’eau des lacs ou d’autres sources exemptes de soupçon. […]

Le rapport du comité spécial nommé pour étudier les causes fréquentes de la diphtérie dans cette province et les moyens de combattre cette maladie, a fait un long rapport [sic]. La diphtérie se répand souvent par suite de la négligence ou de l’incompétence des autorités locales qui n’appliquent pas les règles de l’isolation et de la désinfection.

Dans d’autres cas, les familles ou même les médecins n’avisent pas les autorités de l’apparition de la maladie. Les nombreux cas de mortalité sont dus à ce que l’antitoxine n’est pas assez employée et aussi à ce que les pères de famille ne font pas venir le médecin ou le font venir trop tard. […]

Pour les municipalités qui ne font pas leur devoir, le comité propose de faire des exemples, et de recourir à la loi, et de poursuivre les municipalités récalcitrantes.

Pour découvrir les maladies contagieuses, le comité propose que dans les villes un officier de santé visite les écoles chaque jour, prenne les noms des absents. S’ils sont malades, il enverra un médecin pour savoir de quelle maladie il s’agit.

Ce plan très simple permet de prendre le mal à la source, car c’est toujours dans les écoles qu’on constate l’absence ou la présence des maladies contagieuses, et beaucoup de cas qui seraient ignorés sont, par ce moyen, découverts.

La gravure ci-haut, montrant la salle d’attente du dispensaire des enfants de l’hôpital Notre-Dame de Montréal, provient du journal La Patrie, 17 octobre 1903, p. 11.

 

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