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Connaissez-vous le grand poète argentin Roberto Juarroz (1925-1995) ?

Il est assez incroyable, merci. Aucune poésie ne déstabilise autant que la sienne, je trouve. D’abord, ses poèmes ne portent pas de titres, il préférait les numéroter. Exemple.

 

 

 

 

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 Les bords de l’azur brisent la pierre.

 

Les papillons dorment,

mais leurs couleurs ne dorment pas.

Les amants dorment,

mais leur amour ne dort pas.

Les marges de dieu sont érodées.

 

Comment faire rentrer les choses dans les choses ?

Comment égaler la vie à sa mémoire ?

Comment polir mes yeux dans les tiens ?

 

La géométrie de l’être n’a pas d’espace.

# # # #

 

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Les regards essaient des rencontres nouvelles.

 

Deux regards perpendiculaires

se croisent sans se voir

ou en se voyant d’autre manière.

 

Deux regards convergent

se rencontrent dans la pierre qu’ils regardent.

 

Deux regards qui se séparent

se touchent derrière leurs commencements.

 

Deux regards parallèles

se frôlent par leur bord le plus fin.

 

À nul regard il ne suffit de regarder.

 

Roberto Juarroz, Poésie verticale, traduit de l’espagnol et présenté par Roger Munier, Paris, Librairie Arthème Fayard, 1989. Collection Points.

2 commentaires Publier un commentaire
  1. Esther #

    Merci de ce merveilleux partage, ce poète m’était totalement inconnu… Les mots ne me viennent pas à l’esprit pour bien qualifier ce que je ressens à cette lecture, mais j’aime énormément le style, le rythme des mots, tout en finesse, en subtilité !

    2 août 2020
  2. Jean Provencher #

    Le livre se trouve en poche chez tout bon libraire. Après avoir lu ce poche, j’ai même commandé l’intégrale de la poésie de cet Argentin.

    2 août 2020

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