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Le journaliste et écrivain français François Bott et ses aphorismes

Déjà, nous y sommes venus à quelques reprises. Retournons sur les lieux.

Lorsqu’ils accusent trop leur âge, certains visages sont des réquisitoires contre le temps.

Il arrive souvent que des hommes politiques, des dirigeants syndicaux, des journalistes évoquent, en dramatisant le ton, les éléments incontrôlés qui nous menacent. Désignent-ils ainsi les réveils, les emportements, les fureurs de la nature ? Ce sont les briseurs de vitrines que dénoncent les gens établis. Ils ne tolèrent pas qu’on se mette en colère, sans avoir prévenu. Ils voudraient que même le désespoir soit contrôlé.

Lire, c’est entretenir une conversation. Perros, Valéry, Chamfort rendent leurs interlocuteurs intelligents : c’est la preuve d’une extrême courtoisie.

Il faut être à la fois mystique et athée : respecter le mystère de l’existence pour refuser de l’expliquer avec une religion.

J’aime beaucoup cette peinture de Magritte : une campagne ensoleillée, sous un ciel nocturne. Elle s’intitule, ce qui me ravit : Le Salon de Dieu.

« Les sourires publicitaires, me dit Bérénice, ressemblent à des grimaces de douleur. »

Il importe peu de faire, toute sa vie, le même métier, d’habiter la même maison, de fréquenter les mêmes gens, lorsqu’on les regarde, chaque matin, d’une manière différente.

Il faut savoir écouter le silence, tâter la nuit…

La passion brûle le temps, pour ne pas le subir.

Dima me déclare combien elle ressent la fragilité des rapports humains, et combien elle s’étonne qu’ils puissent durer.

Un  long cortège d’âmes mortes nourrit notre inconscient. Des millions de défunts habitent nos arrière-pensées.

La vraie littérature dépeint les relations qu’entretiennent le visible et l’invisible. Elle ne sépare jamais l’un  et l’autre.

 

François Bott, Journées intimes, Albin Michel, 1984.

On trouvera le tableau de Magritte sur le site L’art moderne, cours du 13 mai 2013 portant sur le peintre, d’Agnès Ghenassia, Agrégée d’arts plastiques.

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