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Vous arrive-t-il de porter attention aux odeurs d’un sous-bois, d’une forêt ?

Pour le botaniste français Francis Hallé, il n’y a pratiquement rien chez les plantes qui soit malodorant.

Même lorsqu’elles sont mortes et décomposées, les parfums qu’elles dégagent sont plus mélancoliques qu’agressifs et il est parfaitement possible de s’attacher à l’odeur de la mort des plantes, odeur des chantiers d’abattage ou des scieries, odeur des charpentes ou des coques de vieux bateaux, odeurs de feuilles mortes, de bois pourri, d’humus ou de sous-bois. L’explication, là aussi, est biochimique. La décomposition des hydrates de carbone, notamment la cellulose, ne génère aucun produit malodorant.

Des exceptions existent, faciles à interpréter : quelques légumes riches en protéines — choux, aubergines, haricots, soja, pois, etc. — sentent très mauvais lorsqu’ils se décomposent […]

Incontestablement, c’est du côté des odeurs agréables que les plantes déploient tous leurs talents : odeur d’un champ d’algues à marée basse, odeur fraîche qui règne dans une pinède, parfum du foin que l’on vient de couper, odeur du riz mûr sur les terrasses des campagnes asiatiques, arôme d’un bon café fraîchement percolé, odeur d’un vieux jardin sous les premières gouttes de pluie d’été. Même Buffon est sous le charme : « Un air léger dont je sentis la fraîcheur m’apporta des parfums qui me causèrent un épanouissement intime et me donnèrent un sentiment d’amour pour moi-même. »

 

Francis Hallé, Éloge de la plante, Pour une nouvelle biologie, Paris, Éditions du Seuil, 1999, p. 156.

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