Skip to content

Vous ne le croirez jamais

La ruelle

Hier, je n’ai rien préparé pour ce site, paralysé que je fus, et gelé comme je le demeure. Il faut plutôt que je vous raconte ce qu’une poignée de citadines et citadins de Québec, en plein cœur de la ville, vient de vivre.

Lundi, le 15 janvier, une dame à la voix doucereuse, sorte de voix automatique, y allait d’un message dans 31 boîtes vocales de 31 logements de l’avenue Cartier et de la rue Crémazie Ouest, dans le quartier Montcalm à Québec.

Elle disait que le mercredi 17 janvier, Hydro-Québec [pour vous de l’étranger : la compagnie d’électricité du Québec, supposément un bien collectif] ferait des travaux « dans notre secteur », et cette dame précisait : de 9 heures 45 à 16 heures.

Donc, comme annoncée, panne complète à 9 heures 45, en matinée, aujourd’hui.

À 15 heures 45, trois camions d’Hydro-Québec sont stationnés rue Crémazie, en attente. Dans la ruelle, deux autres camions, les girafes en l’air, servent à quelque chose. Je m’approche. Un travailleur me dit que leur mandat consiste à changer les poteaux et à refaire les raccordements. Je fais valoir qu’on nous a précisé que la fin des travaux serait à 16 heures. D’un air étonné, il me répond simplement par un constat-question : « Vous ont-ils dit 16 heures ! ». Et, même taraudé, il ne veut rien me préciser.

On comprendra que les 31 logements sont sans chauffage depuis la matinée, sans mets à cuisiner, et pour beaucoup sans téléphone. Peut-être y a-t-il aussi de très jeunes bébés plongés dans cette histoire, car, par bonheur, des mères, des pères poussent des poussettes dans le quartier.

Je travaille sur l’histoire du climat québécois depuis les années 1970. Tout de suite un constat : c’est le pire temps de l’année pour se retrouver dans une pareille situation.

Ce ne sont pas les travailleurs dans la ruelle avec qui j’ai causé à deux reprises qui en sont responsables.

Qui donc, en amont, souffrant d’incompétence crasse, a eu cette idée géniale d’un pareil travail à la mi-janvier au Québec sans jamais tenir compte de la population qui vit en ces lieux ?

Quel salaire touche cette personne pour de pareilles décisions ?

Nous vivons dans une société molle, une société de guimauve, une société approximative qui avale sans réagir des manières de faire aussi farfelues, et sans se soucier de consulter la population qui s’en trouve engagée par la suite.

Quand, enfin, nous tiendrons-nous debout pour que cessent de pareilles folies ?

Il est 20 heures 45, l’électricité revient à l’instant. Onze heures plus tard, en plein cœur de l’hiver, pour changer quelques poteaux dans une ruelle, et en faire payer le prix aux résidents des alentours.

Vraiment, il faut que cesse ce temps des incompétents, qui, de leur décision, ne se soucient même pas de ce que les autres pourraient en baver. Et en plein cœur de l’hiver.

 

Allez, il est tard maintenant, minuit 30, le 18. Je gagne mon grabat. Bien belle journée à Vous.

La dernière photographie fut prise à 11 heures en matinée par René Masson, lui aussi coincé dans la panne provoquée par Hydro-Québec.

5 commentaires Publier un commentaire
  1. Un lecteur assidu #

    Même s’il est trop tard pour vous je nous souhaite que le nouveau PDG d’Hydro-Québec puisse prendre connaissance un jour de ce billet.
    Salutations.

    18 janvier 2018
  2. Jean Provencher #

    Vous avez bien raison.
    Et, même l’électricité redémarrée, ça met trois heures avant de retrouver un lieu franchement habitable, transis que nous sommes par le froid.

    Et je pensais à l’époque où Hydro avait un slogan chanté : « On est 12 012, faut s’parler ».

    Il y a quelqu’un quelque part dans cette histoire qui franchement dormait. Et ce ne sont pas les travailleurs en salopette.

    18 janvier 2018
  3. Mariette Provencher #

    Hydro-Québec a connu des heures de gloire c’est bien connu. Mais on en a parlé toi et moi, tu as été témoin et victime de ce qui n’en a certainement pas été une. J’espère que tu te remets bien de ton rhume. Bonne semaine !

    22 janvier 2018
  4. Jean Provencher #

    Ça va, je mouche, mais je pense aux très jeunes enfants ; j’espère qu’il ne s’en trouvait pas coincés dans cette histoire où nous nous sommes faits frigorifier.

    22 janvier 2018
  5. Jean Provencher #

    Finalement, cher lecteur assidu, à lire la réponse du président Hydro-Québec Distribution à ma lettre au quotidien Le Soleil, à Québec, me laisse croire que le tout s’est rendu sur le bureau du grand patron d’Hydro.

    https://www.lesoleil.com/opinions/carrefour-des-lecteurs/une-intervention-necessaire-076d978134cc283ffc19be7fbcf53f2b

    25 janvier 2018

Publier un commentaire

Votre adresse courriel ne sera pas publiée. Vous pouvez utiliser des balises HTML de base dans votre commentaire.

S'abonner aux commentaires via RSS