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Et qu’était donc ce transit de Vénus en 1882 (Second de deux billets)

Hier, un quotidien de Québec nous expliquait la planète Vénus et son transit entre la terre et le soleil. Poursuivons l’article.

Maintenant revenons au passage de Vénus. La première fois que le phénomène ait donné des résultats précieux aux observateurs fut le 3 juin 1769.

On savait dès lors que le passage suivant aurait lieu en décembre 1874, puis hier, car l’astronome ne se trompe jamais dans ses calculs.

Ces passages s’effectuent toujours après des périodes ainsi irrégulières, d’abord après un intervalle de 105 ½ ans, puis de huit ans, et enfin de 121 ½ ans, et ainsi de suite en recommençant.

La plupart donc des hommes n’ont jamais eu l’occasion, que nous avons eue hier, et que nous avons eue en 1874, d’observer ce phénomène céleste. Il n’est personne qui ignore les services importants que cet événement rend, non seulement à la science spéculative, mais pour des objets pratiques, comme celui de la navigation en particulier et une foule d’autres.

 * * *

Voici, d’après les dépêches, comment ont opéré les observateurs, hier matin.

 Peu après 9 hrs et 8 minutes, l’observateur dirigeait son télescope, pourvu d’un verre noirci, vers le soleil, et avait sous la main un chronomètre. Le télescope et le chronomètre était les deux instruments essentiels.

Au moment où Vénus toucha le soleil, l’observateur devait redoubler d’attention et du moment que la planète était complètement entrée dans le disque du soleil, et que l’observateur voyait à son entrée le point noir dont nous parlons plus haut, il devait prendre note immédiatement de l’heure, de la minute et de la seconde, afin de pouvoir comparer son observation à celles prises sur les autres parties du globe. […]

Mais lorsque la planète est arrivée de l’autre côté du disque et a été sur le point de sortir de son orbite, l’observateur devait de nouveau appliquer toute son attention sur le point noir.

Ce point noir diminua peu à peu, jusqu’à ce qu’enfin ayant dépassé l’autre côté du soleil, il disparaissait en entier.

 * * *

À Québec. Au commencement et à la fin du fameux phénomène, le soleil était complètement obscurci.

L’astre lumineux a fini par percer les nuages vers 1. 39 heures ; et pendant un quart d’heure, on a pu au moyen de verre noirci ou de lunettes bleues observer pendant un quart d’heure le passage de Vénus sur le disque solaire.

 * * *

À Montréal. Les gamins, qui se tenaient au coin des rues et vendaient aux passants des morceaux de verre enfumés, n’ont pas fait de brillantes affaires, sans compter qu’il y a beaucoup de mortes saisons dans cette branche d’affaires.

Sur la rue St-Louis, le désir de voir Vénus a fait faire des prodiges. Quelqu’un qui n’avait pu trouver un morceau de verre et qui ne voulait pas encourir les frais de casser un carreau, imagina de détacher la fenêtre entière et, après avoir enfumé un carreau, il commença ses observations.

Beaucoup de personnes ont pu le voir dans sa cour et sur le trottoir, portant sa fenêtre à bras tenu au-dessus de sa tête. Mais lui il n’a pas vu Vénus.

 

 Le Canadien (Québec), 7 décembre 1882.

La photographie de Sean Rozekrans montre la Lune et la planète Vénus, à sa droite. Elle apparaît sur la page Wikipédia consacrée à notre planète voisine.

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