Skip to content

Les Anglais seraient-ils les premiers grands publicitaires ?

On sait que les Anglais ont apporté le concept de vitrine le long du Saint-Laurent au cours des années 1840-1850. Mais la publicité ?

Tout le monde sait si les Anglais sont amateurs de publicité. C’est à leur imagination — à leur génie si l’on veut — que l’industrie continentale a emprunté les mille moyens de « lancement » auxquels elle a recours aujourd’hui.

C’est d’Angleterre que nous viennent l’annonce lumineuse, l’annonce ambulante et vivante, représentée par le commissionnaire qui se promène entre deux pancartes, et qui, dans son pays d’origine, n’est pas désigné autrement que sous l’expressif sobriquet de sandwich.

Pour les Anglais, il n’y a pas de sotte affiche ; dans certains quartiers de Londres, le trottoir lui-même, transformé en annonce, leur sert de trompette de la renommée.

Aussi que d’argent consacré à vulgariser un produit pharmaceutique, à lancer une affaire financière, à faire prendre une pièce de théâtre !

Un journal de Londres nous cite le cas d’une grande maison de la ville qui en un jour a répandu dans le pays 3 tonnes de circulaires et imprimés, pour lesquels elle a payé 583 livres, soit 14,575 francs, de droit d’affranchissement.

Les employés de la poste ayant ouvert de grands yeux, les expéditeurs se sont excusés de la faiblesse de leur envoi.

« Que voulez-vous ! Nos locaux sont divisés en 99 bureaux, et aujourd’hui 20 seulement ont fonctionné ! »

« Sans cela ! »

C’est effrayant, si effrayant que l’administration postale commence à y réfléchir d’une façon très sérieuse. Ses wagons ne sont plus assez spacieux pour transporter les montagnes de littérature qu’on leur confie quotidiennement.

Pour peu que cela continue, il faudra augmenter le tarif ; on y songe déjà, et si cette mesure ne suffit pas à endiguer le flot toujours montant des communications commerciales, il n’y aura plus de salut que dans le système pratiqué pendant le siège de Paris.

La poste devra chercher un auxiliaire dans la correspondance « par ballon monté ». Elle est capable de ne pas attendre qu’on ait trouvé le moyen de diriger les aérostats.

 

Le Courrier du Canada (Québec), 2 novembre 1880

No comments yet

Publier un commentaire

Votre adresse courriel ne sera pas publiée. Vous pouvez utiliser des balises HTML de base dans votre commentaire.

S'abonner aux commentaires via RSS