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« Enquête sur le secret des créateurs »

L’auteur, Hubert Ripoll, est honnête : il n’y a pas de recette pour créer. Il a interrogé 24 créatrices-créateurs et tous ont eu leur cheminement propre.

De 5 ans à 9 ans, une phrase prononcée par quelqu’un en qui l’enfant peut vraiment avoir confiance, un simple moment qui émeut, même court, un événement qui enveloppe et prédispose à un cheminement futur, etc., sont mis en terre. Il semble que cela se produit pour chacune, pour chacun. Mais, chez la plupart, la germination ne suit pas. Comment donc, pour d’autres, cela se fait ?

Dès l’avant-propos du livre, l’auteur annonce les couleurs : Il me semble notamment avoir dégagé l’hypothèse de l’existence d’une « émotion créatrice » ; une fulgurance de l’esprit qui embrase l’imaginaire d’un enfant et le conduit sur les chemins de la création (première partie). Condition favorable, mais non suffisante, l’émotion créatrice doit être accompagnée et canalisée tout au long de la vie tant les épreuves rencontrées par les créateurs sont redoutables et les déserts à traverser éprouvants (seconde partie). Inépuisable réservoir d’énergie, l’émotion créatrice alimente l’obstination à créer ; à endurer pour durer… et enfin réussir (troisième partie).

Quelques extraits.

Le fait que le surinvestissement de la mère soit source de dépassement dans le désir du garçon d’éblouir celle-ci est très certainement, et pour nombre de créateurs, l’un des facteurs qui conduisent vers la création. J’ajouterais : pour certains seulement. Ce n’est pas un modèle généralisable.

[…] les créateurs ne s’accomplissent que par un processus de persévérance et de maîtrise progressive de leur art… […]

N’est créateur que celui qui sort des sentiers battus, faisant fi des conservatismes, de l’académisme et des vérités établies.

Il faut, pour contester l’ordre établi, accepter le prix de la singularité souvent par la solitude, quelquefois même par l’exclusion.

[…] plus une œuvre est transgressive — ce qui est la norme en matière de création —, plus elle produit du rejet.

La confiance en soi est nécessaire, car celui qui transgresse les dogmes doute. D’abord parce que sa marche est solitaire, également parce que ceux à qui il veut administrer sa preuve doute de lui.

Pour Howard Gardner [Les Formes de la créativité, Paris, Odile Jacob, 2001], le créateur a besoin d’un soutien affectif de la part de quelqu’un en qui il a confiance, qui lui apporte appui et sécurité, et d’un soutien cognitif qui comprenne la nature du bouleversement qu’il conduit.

Le choc émotionnel ressenti lors de l’intervention de l’émotion créatrice imprègne le psychisme de manière indélébile.

L’émotion créatrice associe une sensation de plaisir et un début d’explication du soi, dans son rapport au monde. Elle est perçue sous la forme d’un équilibre absolue.

Les dix dernières pages du livre, sous le titre « Petite synthèse de l’émotion créatrice », sont un feu d’artifice faisant la synthèse et précisant les étapes donnant lieu à l’émotion créatrice.

 

Hubert Ripoll, Enquête sur le secret des créateurs, Paris, Éditions Payot & Rivages, 2015, 255 pages.

Un livre étonnant.

2 commentaires Publier un commentaire
  1. Simon Hains #

    C’est une idée intéressante que celle de l’émotion créatrice; je vais devoir réfléchir là dessus pour en comprendre toute la porté.

    Très pertinent choix de passages de ce livre.

    Merci!

    13 octobre 2017
  2. Jean Provencher #

    C’est vraiment un livre surprenant, cher Simon.

    14 octobre 2017

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