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Au début de février, voilà la perspective du déménagement à l’horizon

Il faut savoir que jusqu’en 1972 au Québec — et ce depuis le gouverneur Buade de Frontenac à la fin du 17e siècle — la date des déménagements est fixée au 1er mai et non au 1er juillet. Aussi, les locataires doivent prévenir leur propriétaire au plus tard au début de février en cas de départ.

Le quotidien montréalais La Patrie en fait sa une le 5 février 1908.

La course au logis est déjà commencée, mais tout doucement. Nous aurons peut-être la chance de passer un premier mai tranquille. Les locateurs semblent admettre que rien ne justifie une hausse des loyers cette année. La crise américaine s’est un peu déteinte sur nous et bien des gens doivent adopter une politique d’économie. […]

Les femmes ont le plus souvent la tâche onéreuse de chercher le logis nouveau. Les hommes sont au travail, et puis c’est la femme qui doit régir les choses de l’intérieur, même le choix de la maison. Aussitôt que les écriteaux «Maison à louer» se seront faits un peu nombreux, les femmes partiront, en longues théories, à la découverte du nid souhaité. On en voit de belles — belles visiteuses et belles maisons. Cela se compense.

Il y a des femmes qui n’ont pas plus besoin de logement nouveau que les moineaux de la rue, mais qui profitent de l’occasion pour aller se mettre le nez dans les affaires des autres. Elles vont voir les maisons comme elles iraient voir une exposition de volailles ou un étalage de modes chez Carsley.

Il y a une autre catégorie de faux chercheurs de logement : ce sont les détectives, les huissiers, les cambrioleurs et les autres gens qui aiment à se renseigner sans dire leurs noms. Pour s’annoncer, les uns ont des formules polies : «Auriez-vous la bonté de me permettre de visiter le logement, madame ? »; d’autres sont rudes : «On peut-y voir la maison ?»; d’autres laconiques : «Maison à louer ?» Et ils entrent, souvent les pieds larges de neige cendrée, furetant dans tous les coins, posant toutes sortes de questions indiscrètes.

Pour se défendre un peu de cette avalanche ennuyeuse, les gens ont l’habitude de lui fixer certaines heures. Sur une petite carte, à la porte, on lit : «Visite permise de 2 heures à 4 heures» ou «de 3 heures à 5 heures». On ajoute aussi les conditions essentielles du loyer : le prix, le nombre de chambres, le système d’éclairage et de bain.

La visite des logements est l’occasion unique pour ceux qui aiment à faire une étude de mœurs, dans notre ville, sans en avoir l’air.

Quelques courtiers d’immeubles, interrogés, ont exprimé l’opinion que les loyers resteront stationnaires dans quatre-vingt-dix pour cent des cas. Il y aurait plus de chances d’augmentation l’an prochain.

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