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Sur la route du grand fleuve dans un bateau des plus modernes

le GrampianLe quidam L. V. F., depuis Pointe-au-Père, dans le Bas-Saint-Laurent, juste avant de prendre la mer pour l’Europe, est déjà tellement heureux de son voyage depuis Montréal. Il télégraphie son texte au quotidien La Patrie. On dirait une publicité.

M. le Rédacteur,

Permettez-moi quelques lignes pour vous parler un peu de la route du Saint-Laurent et du confort que l’on rencontre sur un transatlantique moderne.

Parti il y a quelques jours sur le «Grampian» de la ligne Allan, j’ai pu constater que les Américains cherchent beaucoup la route canadienne pour voyager en Europe. Il y avait sur ce steamer une excursion organisée à Chicago qui faisait un voyage de trois mois et qui est venue s’embarquer à Montréal. Cette excursion voyage sous le nom de «Mayflower», et est composée d’hommes et de femmes de la meilleure société. Ces touristes ne se lassaient pas des beautés de notre beau fleuve.

Partis le matin de Montréal, nous étions à Québec à une heure. Le steamer y passa trois heures, pour permettre aux étrangers de visiter l’ancienne capitale et, à quatre heures, nous nous remettions en route pour arriver à la Pointe-au-Père le lendemain à 3 heures.

L’«Eureka» venait le long du bateau débarquer le pilote et quelques favorisés qui avaient pu, grâce à l’amabilité de M. Andrew Allan, faire le voyage jusque là.

Le confort sur ce transatlantique est insurpassable et chacun semblait s’en rendre compte en faisant au capitaine Gambell, commandant du paquebot, les plus grands éloges.

Le capitaine Gambell voyage depuis 22 ans dans nos eaux canadiennes pour le compte de la compagnie Allan; il est un des commandants les plus compétents de la flotte.

Lors de la guerre du sud-africain, il commandait le «Bavarian» et a été décoré par l’armée anglaise, à cette occasion. Il porte aussi fièrement sur sa poitrine une décoration de la société Humanitaire anglaise qui lui a été accordée à l’occasion d’un sauvetage des plus hardis opéré sur l’Atlantique, alors qu’il sauva la vie à trois pauvres naufragés au risque de sa vie et de celle des membres de l’équipage qui l’accompagnaient.

C’est un charmant causeur et n’a pas manqué de nous intéresser fortement en nous racontant la journée du commandant d’un paquebot tel que le sien depuis les premières heures du lever jusqu’au moment du repos. Il faut entendre un tel récit pour se bien convaincre des responsabilités qui incombent à ces capitaines.

L’équipage semble choisi sur ce paquebot et est d’une courtoisie insurpassable, chose que n’ont pas manqué de noter les nombreux passagers qu’il y avait sur le bateau.

Le «Grampian» est un navire de 10,000 tonnes. Il a été construit l’an dernier et mis sur la ligne de Montréal à Glasgow.

C’est un des plus beaux et des plus confortables que nous ayons sur la route du Saint-Laurent, comme aussi l’un des plus rapides.

L. V. F.

 

La Patrie (Montréal), 4 juillet 1908.

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