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Arrivée d’un métronome !

Voici le Viréo aux yeux rouges (Vireo olivaceus, Re-eyed Vireo). Voilà bien 20 ans que je cherche à voir et photographier ce magnifique petit bavard caché. Il arrive quand la feuillaison vient tout juste de se compléter. Je sais qu’il est là quelque part dans le feuillage, car il ne cesse de chanter. Le naturaliste Claude Mélançon (Charmants voisins, 1940) dit qu’il pose des questions et donne lui-même les réponses.

« Qu’est-ce que c’est ? Un gros nid de chenilles ? Vite, ma chérie, n’attends pas. Viens me trouver, je suis ici. Ce que nous allons nous régaler. Ne le dis pas aux autres. »

Roger Tory Peterson (Les Oiseaux de l’est de l’Amérique du Nord, Broquet, 1989) affirme que l’iris n’apparaît rouge que de très près.

Mais revenons à Mélançon qui l’aime beaucoup.

«S’il chante en travaillant, ou plutôt s’il gazouille du matin au soir, ce trait de famille ne l’empêche pas de s’escrimer contre les chenilles des arbres et d’en faire une énorme consommation. Il est aussi actif que loquace; comme si son gosier, particulièrement vibrant aux heures chaudes du jour, quand la plupart des autres oiseaux se taisent, servait de soupape d’échappement à son petit corps verdâtre, bourré de vitalité.»

«C’est au printemps qu’il est le plus actif. C’est aussi l’époque de l’année où son chant est le plus varié et le plus fervent, comme si les multiples occupations le mettaient en joie. Il lui faut alors réclamer un canton, le défendre, défier les autres mâles, se choisir une compagne puis l’aider à transporter les morceaux d’écorce de bouleau, les bouts de papier et les fibres végétales qui serviront à construire la frêle nacelle aérienne d’où sortiront, de quatre œufs blancs couvés à tour de rôle par les parents, autant d’oiselets affamés.»

«Il est vrai que pour le Viréo chanter n’est pas un effort. C’est la musique du vent dans la ramure qui chante en lui. C’est pourquoi il peut réveiller les autres oiseaux le matin et les endormir le soir, disputer le dernier mot à sa compagne et se livrer sans remords à son talent musical.»

«Le premier de sa famille à nous arriver au printemps, le Viréo aux yeux rouges est le dernier à nous quitter à l’automne. Gazouillant et bavardant avec les siens, il disparaît un beau jour, ou plutôt une belle nuit, en route pour ses quartiers d’hiver au sud des États-Unis ou au Mexique.»

* * *

Dates des premières observations du Viréo aux yeux rouges (Vireo olivaceus, Re-eyed Vireo) chez moi.

1988 : 29 mai
1990 : 8 juin
1991 : 1er juin
2002 : 29 mai
2003 : 11 juin
2004 : 6 juin
2005 : 2 juin
2006 : 2 juin
2007 : 27 mai
2008 : 25 mai
2009 : 3 juin
2010 : 30 mai
2012 : 1er juin
2013 : 3 juin
2014 : 1er juin

2016 : 28 mai

2017 : 23 mai

2018 : 6 juin

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