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L’araignée

Araignée du matin,
Chagrin;
Araignée du midi,
Souci;
Araignée du soir,
Espoir

 

Les anciens regardaient comme un présage funeste les toiles d’araignées qui se trouvaient suspendues aux étendards et aux statues des dieux et cette opinion pénétra en Gaule pour s’y maintenir jusque dans le moyen âge.

Elle n’a plus de racine aujourd’hui; mais le peuple attache toujours des idées superstitieuses à l’apparition d’une araignée dans certaines circonstances, et surtout à certaines heures. Ainsi, l’araignée qu’on voit pendant la soirée devient un présage favorable. Encore faut-il, dans ce dernier cas, écraser l’insecte aussitôt, ou ce qu’il annonce de bon ne se réalisera pas.

[L‘Écossais] Robert Bruce avait, paraît-il, un grand respect pour les araignées depuis qu’il croyait avoir trouvé, dans le travail de l’une d’elles, le symbole prophétique de son triomphe [contre les Anglais lors de la bataille de Bannockburn en 1314].

* * *

Voici une ouverture qui donne l’explication du proverbe :

L’araignée fournit un moyen de pronostiquer le temps. La filandière ne sort jamais par les matinées où la rosée est abondante, ce qui généralement est un signe de beau temps; au contraire, on l’aperçoit dans sa toile par les matinées sèches et sans rosée, ce qui est un signe non moins certain de pluie prochaine : «Araignée du matin, chagrin».

On remarque, de même, que, dans les soirées chaudes et tranquilles, l’araignée sort volontiers en observation dans sa toile, afin d’y saisir les insectes qui, dans ces conditions d’atmosphère, voltigent en grand nombre, présage d’un beau lendemain : «Araignée du soir, espoir».

 

Source : La Tribune (Saint-Hyacinthe), 20 mai 1892.

Pour une réflexion fort intéressante sur l’araignée, voir cet article qui nous offre un propos de l’anthropologue américain Loren Eiseley.

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